Remaniement à Ottawa: Stéphane Dion perd le ministère des Affaires étrangères

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Le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion, à Washington, le 10 mars 2016. (45eNord.ca/CTV)

Après le remaniement ministériel de cet après-midi à Ottawa, le ministre des Affaires étrangères, qui perd son poste, remplacé par la ministre Chrystia Freeland, actuelle ministre du Commerce international, décide de quitter le monde de la politique. Il y était entré en mars 1996, remarquée par la femme du premier ministre libéral d’alors, Jean Chrétien.

Le maintenant « ex-chef » de la diplomatie canadienne aurait ainsi refusé un poste d’ambassadeur que lui aurait offert le premier ministre à la suite de son exclusion du conseil des ministres.

Après avoir occupé plusieurs ministères entre 1996 et 2006, après avoir été chef de l’opposition officielle et chef du parti libéral entre 2006 et 2008, Stéphane Dion est devenu le 4 novembre 2015 le 11e ministre des Affaires étrangères du Canada qui renoua avec le multilatéralisme après le bilatéralisme qui avait marqué les années Harper. Sous la gouverne de Stéphane Dion, le Canada repris alors sa place sur la scène internationale.

Stéphane Dion a toutefois été lourdement critiqué pour sa gestion d’un contrat de vente de matériel militaire à l’Arabie saoudite en vertu duquel General Dynamics doit livrer 900 véhicules blindés légers d’une valeur estimée d’environ 15 milliards $.

Il avait quant à lui récemment critiqué la position de Donald Trump sur le changement climatique, affirmant que le Canada pourrait faire pression sur le président en démontrant aux États-Unis à quel point l’environnement et l’économie sont liés aujourd’hui.

Il est maintenant remplacé par Chrystia Freeland, pressentie comme meilleure négociatrice et plus à même d’établir des relations avec l’équipe du nouveau président américain, Donald Trump. De ministre du Commerce international elle devient ministre des Affaires étrangères et conserve le dossier des relations canado-américaines, y compris en ce qui a trait aux échanges commerciaux.

«Pendant une année, le Premier ministre Justin Trudeau m’a fait l’honneur d’être son ministre des Affaires étrangères. Comme c’est son privilège, il vient de confier cette grande responsabilité à une autre personne. Je souhaite à Chrystia la meilleure des chances», écrit aujourd’hui Stéphane Dion dans une lettre qu’il a fait parvenir aux médias.

«Le 25 janvier 1996, je suis venu à la politique active, à la demande du Premier ministre Jean Chrétien. J’entrevoyais une courte parenthèse dans ma vie. Ce fut en fait une aventure formidable», souligne l’homme qui met fin aujourd’hui à 21 années de vie politique.

«Maintenant, je vais déployer mes efforts en dehors de la politique active. J’ai aimé la politique, surtout à chaque fois que j’ai pu faire une différence au bénéfice de mes concitoyens», écrit-il, ajoutant, en un clin d’oeil à son engagement pour l’écologie, lui qui avait placé le Canada au premier rang de la lutte au changement climatique: «J’en sors plein d’énergie… renouvelable! Mais la politique n’est pas la seule façon de servir son pays. Heureusement!».

Un retour à l’enseignement peut-être pour le diplômé en science politique de l’Université Laval et ex-doctorat en sociologie de l’Institut d’études politiques de Paris, qui a été professeur de science politique à l’Université de Montréal de 1984 à janvier 1996.

«Ces 21 dernières années, l’honorable Stéphane Dion a servi son pays en occupant divers rôles avec intégrité et un amour indéfectible pour le Canada. Comme tous les Canadiens, je lui suis infiniment reconnaissant de son service. Je sais que je pourrai continuer de compter sur sa sagesse et son dévouement sans relâche, et je me réjouis à la perspective des prochaines contributions de M. Dion à notre pays», a pour sa part déclaré le premier ministre Trudeau.

Autre changement majeur, Ahmed D. Hussen, avocat et activiste social né en Somalie, devient ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté en remplacement de John McCallum, qui a piloté l’accueil des milliers de réfugiés syriens qui a marqué la première année de mandat du gouvernement libéral.

Le premier ministre Trudeau a bien sûr salué également la longue expérience son ex-ministre de l’Immigration: «Au cours de sa remarquable carrière au service du public, l’honorable John McCallum a dirigé différents portefeuilles au sein du gouvernement et a acquis une vaste expérience parlementaire. Récemment, son travail à titre de ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, qui l’a conduit à l’accueil de plus de 39 500 réfugiés syriens, a inspiré tous les Canadiens et a donné l’exemple au monde entier »

John McCallum deviendra maintenant ambassadeur du Canada en Chine.

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