Syrie: Assad exclut une trêve des combats à Wadi Barada, la Coalition attaque l’EI dans l’est du pays

Wadi Barada, à une quinzaine de km de Damas, un secteur clé rebelle où se trouvent les principales sources d'approvisionnement en eau potable pour les quatre millions d'habitants de la capitale syrienne et de ses environs. (Syrian Reporter)
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Wadi Barada, à une quinzaine de km de Damas, un secteur clé rebelle où se trouvent les principales sources d’approvisionnement en eau potable pour les quatre millions d’habitants de la capitale syrienne et de ses environs. (Syrian Reporter)

Le président syrien Bachar al-Assad a rejeté toute trêve dans la région de Wadi Barada qui alimente Damas en eau, et réaffirmé son refus que son départ soit discuté lors des négociations prévues fin janvier au Kazakhstan. De son côté, la coalition dirigée par les États-Unis a tué dimanche plusieurs djihadistes du groupe État Islamique (EI) lors d’une opération au sol dans la région de Deir Ezzor.
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Mise à jour au 09/01/2017 à 14h14

La coalition contre le groupe Etat islamique (EI) a mené dimanche « avec succès » une opération commando au sol contre des chefs de l’organisation djihadiste dans l’Est de la Syrie, près de Deir Ezzor, a indiqué lundi un porte-parole du Pentagone.

L’opération a été menée par l’unité de forces spéciales américaine chargée de traquer les chefs djihadistes (« ETF », Expeditionary targetting force), a précisé le capitaine de vaisseau Jeff Davis. Il a toutefois souligné que le bilan de 25 tués chez les djihadistes évoqué par une ONG syrienne était « très exagéré ».

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Après avoir repris la totalité d’Alep, les troupes du régime et le Hezbollah chiite libanais mènent une offensive pour déloger les rebelles de la ville de Wadi Barada, à 15 km de Damas, et reprendre ainsi les principales sources d’approvisionnement en eau de la capitale.

La poursuite de ces combats menace le cessez-le-feu parrainé par la Russie et la Turquie qui est entré en vigueur le 30 décembre et qui devrait être un prélude aux négociations de paix prévues fin janvier à Astana.

« Le rôle de l’armée syrienne est de libérer ce secteur afin d’empêcher les terroristes d’user de (l’arme de) l’eau pour faire suffoquer la capitale », a déclaré M. Assad dans un entretien à des médias français.

Selon lui, le cessez-le-feu « est violé car les terroristes occupent la principale source d’eau de Damas, privant plus de cinq millions de civils d’eau depuis trois semaines ».

« Le cessez-le-feu n’inclut ni le groupe Etat Islamique (EI) ni le Front al-Nosra, et le secteur (de Wadi Barada) où les combats se déroulent pour le libérer, est occupé par al-Nosra », a répété M. Assad. « Donc il ne fait pas partie du cessez-le-feu », selon lui.

Le Front Al-Nosra a été rebaptisé Fatah al-Cham après avoir pris ses distances avec le réseau Al-Qaïda.

De violents combats opposaient lundi sur plusieurs axes à Wadi Barada les forces du régime et des combattants du Hezbollah aux rebelles, dont une minorité de combattants de Fateh al-Cham, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH)).

Le régime avait mené dimanche une dizaines de raids et des bombardements d »artillerie après l’échec des négociations pour la réparation de la station de pompage d’Ain al-Fijé, selon la même source.

Le régime accuse les rebelles d’avoir « contaminé au diesel » les réserves d’eau, ce que nient les insurgés, qui assurent que les infrastructures ont été détruites par les bombardements du régime.

Référendum

Fort de sa victoire à Alep obtenue avec l’aide des Russes et des Iraniens le 22 décembre, M. Assad a exclu que soit négocié à Astana son départ, réclamé par l’opposition depuis le début de la révolte en 2011.

« Nous sommes prêts à négocier sur tout », a-t-il. Mais « mon statut dépend de la Constitution et cette dernière est très claire sur la manière dont vous pouvez élire ou vous débarrasser d’un président », a-t-il précisé.

« Donc s’ils (l’opposition) veulent négocier de ce point, ils doivent discuter de la Constitution et celle-ci n’appartient pas ni au président, ni au gouvernement ni à l’opposition mais au peuple syrien et il faut donc un référendum », a-t-il souligné.

Les négociations d’Astana doivent tenter de mettre fin à la guerre civile qui a fait plus de 310.000 morts et des millions de réfugiés depuis 2011.

Pour la négociatrice de l’opposition Basma Kodmani, « les Russes sont, cette fois-ci, sérieux et déterminés. Ils veulent sortir du conflit, ils sont allés dans l’option militaire aussi loin qu’il était dans leur intérêt d’aller ».

« Ils ne peuvent pas remporter une victoire totale, cela va durer des années (…) Donc maintenant, ils veulent une solution politique et que cette réunion d’Astana soit crédible », a-t-elle dit à l’AFP.

Dans ce conflit extrêmement complexe, où sont impliqués une multitude d’acteurs internationaux ou régionaux, de groupes rebelles et djihadistes, la coalition dirigée par les États-Unis a tué dimanche 25 djihadistes du groupe État Islamique (EI) lors d’une rare opération commando au sol dans l’est de la Syrie.

L’opération commando dirigée par Washington contre l’EI dans la province de Deir Ezzo

La coalition dirigée par les États-Unis a tué dimanche 25 djihadistes du groupe État Islamique (EI) lors d’une rare opération commando au sol dans l’est de la Syrie, selon une ONG et un responsable d’une alliance arabo-kurde luttant contre l’EI.

La coalition internationale antijihadistes a affirmé dans un courrier électronique à l’AFP qu’une « opération a été menée dans cette zone », sans donner aucune autre précision.

« Quatre hélicoptères de la coalition internationale dirigée par les États-Unis ont mené dimanche midi une opération commando au sol pendant deux heures dans le village d’al-Koubar dans la province de Deir Ezzor (est) », a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG disposant d’un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre.

D’après l’OSDH, le commando a tué au total 25 membres de l’EI: 14 djihadistes à bord d’une voiture visée par la force spéciale et 11 autres dans une attaque contre une station d’épuration contrôlée par l’EI dans ce village où de violents combats se sont déroulés.

La coalition internationale, qui comprend entre autres les États-Unis et la France, mène depuis l’été 2014 des frappes aériennes contre l’EI en Irak et en Syrie mais dirige rarement des opérations au sol.

« Quatre hélicoptères Apache, en plus de deux hélicoptères chargés de leur sécurité, ont atterri dans le village d’al-Koubar », situé à 40 km à l’ouest de la ville de Deir Ezzor, a précisé de son côté à l’AFP un responsable au sein des Forces démocratiques syrienne (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par Washington et qui lutte contre l’EI.

« Le commando a visé des véhicules de l’EI en provenance de la ville de Raqa » (nord), principal fief de l’EI en Syrie, a indiqué cette source sous couvert de l’anonymat. « Il y a eu des combats, des djihadistes ont été tués et d’autres ont été faits prisonniers », a-t-elle précisé.

Toujours d’après cette source, « le commando visait des responsables importants » de l’organisation djihadiste la plus redoutée au monde.

Une source militaire syrienne a affirmé à l’AFP que « les radars de l’armée ont repéré l’opération », sans être en mesure de préciser l’identité des hélicoptères.

Deir Ezzor est la seule province syrienne quasi-totalement aux mains de l’EI. La ville éponyme est contrôlée en majorité par le groupe ultraradical, à l’exception d’une partie qui est aux mains de l’armée syrienne.

La coalition conduit depuis l’été 2014 des frappes aériennes contre l’EI en Irak et en Syrie mais mène rarement des opérations au sol.