Ankara soumet à Washington deux plans pour reprendre Raqa

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Le chef d’état-major inter-armées des États-Unis Joseph Dunford rencontre le 17 février 2017 en Turquie son homologue Hulusi Akar. (Twitter)

La Turquie a présenté aux États-Unis deux plans de bataille excluant les milices kurdes pour bouter le groupe État islamique (EI) hors de Raqa, sa « capitale » autoproclamée en Syrie, a rapporté samedi le quotidien Hürriyet.

Ankara, qui a lancé une offensive d’envergure dans le nord de la Syrie, qualifie de « groupes terroristes » des milices kurdes soutenues par Washington pour combattre les djihadistes au sol.

Le chef d’état-major inter-armées des États-Unis Joseph Dunford s’est rendu vendredi en Turquie où il a été reçu par son homologue Hulusi Akar qui lui a proposé deux plans d’action conjointe excluant les groupes kurdes.

Dans les deux cas, Ankara propose à Washington de s’appuyer sur un contingent de 10.000 rebelles arabes syriens entraînés par la Turquie, soutenus par des forces spéciales turques et américaines, selon Hürriyet.

Dans son plan A, l’armée turque propose de lancer une offensive en entrant en Syrie par Tall Abyad, ville située à quelque 80 km au nord de Raqa à la frontière turco-syrienne, ce qui impliquerait de couper à travers un territoire contrôlé par les milices kurdes.

Dans ce cas-là, rapporte Hürriyet, Washington devrait convaincre ces milices d’accepter la mise en place d’un corridor de 20 km de largeur pour permettre aux combattants de descendre vers Raqa.

Dans son plan B, l’armée turque propose de lancer une offensive depuis la ville d’Al-Bab, actuellement assiégée par l’armée turque et située à environ 180 km à l’ouest de Raqa. En plus d’être plus long, cet itinéraire impliquerait d’emprunter des routes montagneuses.

Une coalition arabo-kurde (SDF) soutenue par les États-Unis mène actuellement une opération d’encerclement pour « isoler » Raqa.

Le soutien de Washington à cette coalition, qui comprend les milices kurdes YPG qualifiées de « terroristes » par Ankara, a tendu les rapports entre les deux pays au cours des derniers mois de la présidence de Barack Obama.

Son successeur, Donald Trump, n’a pas encore clairement indiqué s’il comptait s’appuyer sur la composante kurde des SDF pour une éventuelle opération de reprise de Raqa.

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a prévenu samedi que si Washington choisissait de s’appuyer sur les milices kurdes, cela « poserait un sérieux problème à nos relations avec les États-Unis ».

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