Au lendemain de la première rencontre Sajjan-Mattis, Ottawa évoque une hausse des dépenses militaires

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Le maintien de relations constructives au cœur de la rencontre Canada États-Unis le 6 février 2017 entre le ministre canadien Harjit Sajjan et le nouveau secrétaire américain à la Défense James Mattis, dit la Défense nationale canadienne. (Twitter/@DefenseCanada)

Au lendemain de sa première rencontre avec son homologue américain à Washington, le ministre de la Défense du Canada, Harjit Sajjan, a évoqué une hausse possible des dépenses militaires, mais fait valoir aussi l’approche et la spécificité canadienne.

Lundi 6 février, le ministre de la Défense Harjit Sajjan rencontrait pour la première fois son homologue américain, le nouveau secrétaire à la Défense James Mattis à Washington,

Pour le nouveau président américain Donald Trump, la question de l’argent est de toute première importance et il n’a eu de cesse comme ses prédécesseurs d’inciter les membres de l’alliance militaire à augmenter leurs dépenses en matière de défense, mais de façon nettement plus pressante, pour ne pas dire menaçante.

Le Canada est classé 23e sur les 27 pays de l’OTAN pour ce qui est des dépenses en proportion du produit intérieur brut (PIB). En 2016, le Canada a consacré 0,99% de son PIB aux dépenses militaires, ce qui est bien en deçà de la cible de l’OTAN, qui est de 2%.

Par contre, avec les opérations REASSURANCE et UNIFIER, ainsi que le commandement d’un bataillon en Lettonie pour renforcer le flanc oriental de l’OTAN, le Canada est engagé à fond qualitativement au sein de l’Alliance, apportant une expérience unique et apprécié. C’est notamment le Canada, fort de son expérience en déminage acquise en Afghanistan, qui forme les démineurs ukrainiens.

Harjit Sajjan souligne en effet que, si l’argent consacré au dépenses militaires importe, il est également important de se demander ce que les pays font avec leur armée – un argument utilisé par plusieurs gouvernements fédéraux pour justifier leurs dépenses peu élevés dans le secteur de la défense.

«J’ai toujours dit que nous devions faire… regardez ce que le Canada est… ce que les militaires canadiens doivent prendre pour base pour ce que nous devons faire – notre multilatéralisme à l’OTAN, et nous avons progressé, notre coalition aussi. Donc, l’investissement dans la défense que nous examinons, je suis impatient d’annoncer cela au début de cette année», a dit le ministre peu après la réunion du Cabinet mardi matin.

Hausse possible des dépenses suite à la nouvelle politique de défense

Le gouvernement libéral élabore actuellement une nouvelle politique de défense qui pourrait entraîner une hausse des dépenses du Canada dans le domaine de la défense pour s’approcher de la cible de l’OTAN. L’objectif de l’alliance militaire est que ses membres dépensent 2% de leur produit intérieur brut (PIB) pour la défense.

Le budget du Canada en défense se chiffre actuellement à 20 milliards $ – ce qui représente moins de 1% du PIB. Le gouvernement devrait alors doubler ses dépenses pour atteindre l’objectif de l’OTAN.

La décision sur l’envoi des casques bleus toujours en suspend

Bien qu’on attendait une décision au plus tard début 2017 sur le choix du ou des pays vers lesquels se dirigeront 600 Casques bleus canadiens, Ottawa a finalement reporté le déploiement de ses soldats de maintien de la paix en Afrique dans la foulée de l’élection présidentielle aux États-Unis, disant qu’il voulait d’abord discuter d’une foule de sujets internationaux avec son allié le plus proche.

Harjit Sajjan a finalement confirmé qu’il avait discuté avec le secrétaire américain de l’intention du Canada d’envoyer des soldats de maintien de paix en Afrique, sujet dont il n’était pas fait mention dans le communiqué d’Ottawa hier. Il n’a toutefois pas précisé quand le gouvernement allait prendre une décision sur le choix de sa mission.

«Notre gouvernement a toujours soutenu les opérations de paix. Comme je l’ai dit auparavant, nous devons nous assurer que nous prenons une décision qui aura un impact sur le terrain. Et nous regardons de nombreux facteurs et nous espérons prendre une décision bientôt. Parler avec le secrétaire Mattis n’est qu’une partie du travail qui doit être fait. C’est une occasion qui est évidemment venue, et nous travaillons sur beaucoup d’initiatives ensemble, mais la décision globale, il y a beaucoup de synchronisation qui doit être faite. […] Et quand nous, le gouvernement, sommes à l’aise pour nous assurer que nous avons bien fait, c’est à ce moment-là que nous prendrons cette décision et nous pourrons ensuite démontrer aux Canadiens pourquoi nous avons pris cette décision.», a expliqué Harjit Sajjan peu après la Période de questions.

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