BLIZZARD NORDIQUE 2017, la survie avant tout (PHOTOS/VIDÉO)

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C’est dans des conditions dantesques que les élèves-officiers du Collège militaire royal de Saint-Jean ont effectué leur deuxième exercice sur le terrain: BLIZZARD NORDIQUE 2017… mais cette fois ci dans les secteurs d’entraînement de la base de Valcartier.

Le vent, la neige, et des températures glaciales se sont donnés rendez-vous tout au long de cette fin de semaine, au cours de laquelle les « élofs » ont appris les rudiments de survie comme la construction d’abris de fortune, la trappe et la réalisation et l’entretien d’un feu, avant de le reproduire par eux-même afin de passer la nuit en autonomie dans leur propre abris.

L’objectif de cet exercice est clair: la familiarisation avec les tâches nécessaires à la survie pour les élèves-officiers juniors et un rappel pour les seniors.

Bien qu’il y ai des défis différents entre BLIZZARD NORDIQUE et LEADERSHIP CONQUÉRANT, les rôles sont similaires au niveau du leadership.

Philippe Duplessis, commandant-adjoint d’escadrille de l’escadron Tracy, explique que ses camarades et lui sont responsables d’une dizaine à une trentaine de personnes qu’ils doivent « coacher au quotidien et guider dans les tâches qu’ils doivent exécuter et la manière dont ils doivent le faire lors de l’exercice. »

« Ça nous permet d’évaluer si nous sommes capables de mettre en pratique nos connaissances au niveau du leadership, » souligne-t-il. Des connaissances qu’il a déjà appliqué lors de LEADERSHIP CONQUÉRANT en automne dernier.

Garder le moral

À 10h00 du matin, quelques heures après le début de l’exercice, plusieurs élofs tombent de fatigue, épuisés par le froid qui saisit jusqu’aux os.

L’élève-officier senior de deuxième année David Hidalgo-Gonzales (escadron Tracy) le dit très bien; le plus dur c’est de maintenir le moral dans ces conditions à cause du froid. « Quand on est trop statique ça vient nous prendre. On ne sent plus nos pieds, on ne sent plus nos mains. Ce qui fait que le moral descend rapidement, » explique-t-il avec ses grosses moufles blanches.

Après une matinée entière, débutée à 5h00 du matin et dédiée à l’instruction, les élofs sont maintenant à leur compte. Leur objectif est de terminer leur abris avant qu’il ne fasse nuit pour pouvoir faire un feu et préparer leur souper de survie. Au menu, lapin entier, carottes et pomme de terres qu’il va falloir faire cuire dehors avec des températures qui pourront descendre jusqu’à -20 degrés.

Abris de fortune

Les élofs ont plusieurs choix, construire une tente endiguée dans la neige qui peut abriter 6 individus, construire un appentis avec un ‘mur’ de troncs ou de branches qui reflèteront la chaleur du feu, ou construire un ‘quinzee’, qui consiste à accumuler un énorme tas de neige et creuser un espace pour 3-4 personnes. Le problème étant qu’il nécessite 6 personnes pour le construire et un temps d’attente de deux heures (selon la température ambiante) avant de creuser pour que la neige se glace.

Pour l’élof Gonzales, cette aspect de l’exercice est celui qu’il préfère. « Cela nous donne plus de liberté pour décider où est ce que l’on va dormir. On peut alors plus personnaliser notre espace, » partage-t-il.

Les groupes ayant opté pour les quinzee se retrouvent à la traîne, mais à 17h tout le monde a quasiment terminé. Un tableau impressionnant se dresse alors, la forêt tapissée d’abris, d’où émerge de la fumée… ne reste plus qu’à attendre le repas, et à passer une nuit rude.

Un travail de coordination

Il s’agit de bien séparer les priorités pour coordonner les élèves: à quel heure faut-il qu’ils mangent et qu’ils dorment, quelles sont les mesures de sécurités à prendre, etc. « La situation de simulation est fidèle à la réalité, » explique Philippe Duplessis, « par exemple, il doit toujours y avoir quelqu’un d’éveillé pendant la nuit, alors il s’agit de bien coordonner qui va faire ça à quel moment. »

Alors que la tâche la plus difficile est de garder le niveau du moral haut, pour Philippe Duplessis, la discipline reste sa priorité numéro un. La ponctualité est difficile à respecter puisque tout le monde ne travaille pas à la même vitesse et l’uniformité reste malgré tout difficile à maintenir, mais selon lui « si les gens sont motivés, alors tout le monde met la main à la patte, et on est alors capable d’atteindre de nouveaux sommets! Comme la construction de dix abris de fortunes en quelques heures. »

Quatre mois après LEADERSHIP CONQUÉRANT, il y a de grosses différences par rapport à ce que les élèves-officiers peuvent mettre en application. Selon Philippe Duplessis, « nous avons eu depuis beaucoup de feedback sur l’exercice, et sur les points à améliorer au niveau individuel. Nos performances sont donc encore meilleures par rapport à cet automne. »

La journée s’est terminée avec le sourire sur les lèvres et une atmosphère plus détendue avant la tombée de la nuit. Des élèves officiers en échanges de différents pays, tels que la Colombie, la République Dominicaine, l’Ukraine, la Jordanie, et la République Tchèque, ont aussi participé à l’exercice, ce qui a rendu l’expérience encore plus unique qu’elle ne l’était déjà.

Jeune diplômée de l’Université de Colombie-Britannique en Histoire et Relations Internationales, Thalia est intéressée par les conflits internationaux, la sécurité nationale, et spécifiquement les stratégies liées à l’antiterrorisme.

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