CIA: une espionne impliquée dans les prisons secrètes nouvelle N°2

Dans le hall d'entrée de son quartier général, à Langley, en Virginie, le sceau de la Central Intelligence Agency (CIA) ou Agence centrale de renseignement »), l'agence de renseignement américaine chargée de l'acquisition du renseignement (notamment par l'espionnage) et de la plupart des opérations clandestines effectuées hors des États-Unis (Archives/CIA/Headquarters Tour)
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Dans le hall d’entrée de son quartier général, à Langley, en Virginie, le sceau de la Central Intelligence Agency (CIA) ou Agence centrale de renseignement »), l’agence de renseignement américaine chargée de l’acquisition du renseignement (notamment par l’espionnage) et de la plupart des opérations clandestines effectuées hors des États-Unis (Archives/CIA/Headquarters Tour)

Gina Haspel, une ancienne responsable des opérations clandestines de la CIA et impliquée à ce titre dans les prisons secrètes à l’étranger -où les détenus étaient torturés après le 11 septembre 2001-, a été nommée jeudi numéro deux de l’agence d’espionnage.

Mme Haspel a été nommée directrice adjointe de l’agence, aux côtés du nouveau directeur Mike Pompeo, après avoir été la première femme à brièvement prendre la tête du service des opérations clandestines de la CIA.

Espionne très expérimentée dans les opérations sous couverture, elle a rejoint l’agence en 1985 et a servi dans plusieurs endroits du monde, notamment à Londres à la fin des années 2000.

Elle avait été nommée en 2013 à la tête du Service national clandestin de la CIA, mais avait été remplacée après seulement quelques semaines, apparemment en raison de doutes sur sa responsabilité dans la mise en place après le 11 septembre 2001 de prisons secrètes à l’étranger ou des méthodes comme la simulation de noyade, assimilée à de la torture, étaient employées pour interroger les suspects.

Vidéos compromettantes

Selon le Washington Post, elle avait «géré une prison secrète en Thaïlande où les détenus étaient soumis à des simulations de noyade et à d’autres mauvais traitements».

Le quotidien américain affirme que Gina Haspel a aussi été impliquée dans la destruction en 2005 de vidéos compromettantes sur ces techniques «d’interrogatoire poussé» appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande.

Les avocats de ces détenus membres présumés d’Al-Qaïda souhaitaient récupérer ces vidéos pour les présenter devant les tribunaux.

«Gina est une agente d’espionnage exemplaire et une patriote dévouée qui apporte plus de 30 ans d’expérience dans l’agence. Elle est aussi une dirigeante expérimentée avec une aptitude fantastique à faire les choses et inspirer ceux qui l’entourent», a indiqué Mike Pompeo.

Trois anciens directeurs de la CIA et d’autres responsables, dont James Clapper, ancien directeur du renseignement américain, ont apporté leur soutien à Mme Haspel.

Sa nomination intervient alors qu’un certain flou règne sur les intentions du nouveau président Donald Trump en matière de torture. Il a déclaré être d’avis que la torture «fonctionne», mais qu’il laissera son secrétaire à la Défense James Mattis prendre la décision ou non d’y avoir recours. Celui-ci a fait savoir son opposition à la torture.