Crise à Washington, Donald Trump sommé de s’expliquer sur la Russie

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Le président américain Donald Trump, le 28 janvier 2017 dans le Bureau Ovale à la Maison Blanche, à Washington. (Archives/Mandel Ngan/AFP)

Washington était secouée mercredi par de nouvelles révélations sur des contacts répétés entre des proches de Donald Trump et le renseignement russe l’an dernier, accentuant la pression politique sur le président américain, qui a dénoncé un autre « scandale »: les fuites dans la presse.

« Le vrai scandale est que des informations classifiées soient distribuées illégalement par le +renseignement+ comme des bonbons. Très anti-américain! », a dénoncé sur Twitter Donald Trump, qui tiendra mercredi une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre israélien.

Dans un autre message, il a pointé du doigt le FBI et la NSA, le service d’écoutes, comme les sources éventuelles du New York Times et du Washington Post.

Ces rebondissements ont renforcé la cacophonie et le sentiment de désorganisation au sommet de l’Etat, une partie de la classe politique se demandant à haute voix si le pays était vraiment gouverné, alors que la Maison Blanche est ébranlée par le départ du conseiller à la sécurité nationale, des fuites quotidiennes, et des rumeurs de guerre interne entre différents clans.

« Qui commande? » s’est alarmé le sénateur républicain John McCain.

Le quotidien new-yorkais a révélé, citant quatre responsables ou ex-responsables américains, que les services possédaient des relevés et des écoutes téléphoniques entre des membres de l’équipe de campagne du républicain, non identifiés sauf un, l’ancien directeur de campagne Paul Manafort, et de hauts responsables du renseignement russe.

Le contenu des conversations ne révèle pas de coopération, selon les sources du journal. Paul Manafort a démenti avoir « jamais parlé en connaissance de cause à des agents du renseignement », soulignant que les espions ne portaient pas de badge. Le Kremlin, de son côté, a dénoncé une « intox ».

L’enquête du FBI est née du piratage du parti démocrate en 2015 et 2016, attribué aux Russes par Washington. Les Américains se sont aperçus que des proches de Donald Trump communiquaient régulièrement avec des intimes du Kremlin.

Dilemme des sanctions

Les écoutes similaires de l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, ont également révélé que l’homme choisi par le président élu pour diriger le conseil de sécurité nationale, Michael Flynn, lui avait parlé des sanctions américaines imposées le 29 décembre par Barack Obama, laissant entendre qu’elles pourraient être suspendues quand M. Trump arriverait à la Maison Blanche. Après avoir nié, le conseiller a été poussé à la démission lundi soir.

En janvier, l’administration sortante a accusé le gouvernement russe d’avoir fomenté le piratage du parti démocrate, et notamment d’un proche conseiller d’Hillary Clinton, dans le but de l’empêcher d’être élue à la Maison Blanche.

L’opposition démocrate évoque désormais ouvertement le scénario d’une collusion entre Moscou et le candidat Trump, qui a régulièrement exprimé son admiration pour Vladimir Poutine, et louait encore « l’intelligence » du dirigeant russe en décembre.

« Quand nous sonnions l’alarme à l’automne dernier, tout le monde se moquait de nous », a affirmé mercredi l’ancien porte-parole d’Hillary Clinton, Brian Fallon, sur CNN. « Aujourd’hui ils (les proches de Trump, NDLR) disent qu’ils ne parlaient pas des piratages. Ce sera peut-être la prochaine révélation ».

Outre les investigations du FBI sur les interférences russes dans la campagne électorale et les contacts éventuels entre la Trump Tower et Moscou, plusieurs enquêtes parlementaires ont été lancées au Congrès, contrôlé par les républicains.

Les démocrates veulent aller plus loin avec la création d’une commission d’enquête spéciale aux pouvoirs étendus, comme pour le scandale du Watergate ou après le 11-Septembre, ce que refusent les chefs républicains à ce stade.

La convocation de Michael Flynn semble toutefois inexorable, afin qu’il s’explique sur ses communications avec les Russes, et réponde à la question sur toutes les lèvres: avait-il reçu pour mission du président élu d’envoyer un message à Moscou sur une éventuelle levée des sanctions imposées par son prédécesseur?

La Maison Blanche, mardi, a absolument nié l’existence d’un tel marché.

Et le président américain s’est efforcé de prouver sa fermeté face à la Russie, rappelant que la Crimée avait été rattachée à la Russie sous le regard impuissant de son prédécesseur. « Obama a-t-il été trop mou avec la Russie? » s’est-il demandé sur Twitter.

Le dilemme, pour le milliardaire, est de se prononcer sur les sanctions supplémentaires que beaucoup, au sein de sa majorité, veulent imposer à la Russie en représailles aux interférences durant la campagne. Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a répété mercredi qu’il y était favorable.

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