Disparition de Jacques Nadeau, «symbole» du Raid de Dieppe

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Le vétéran Jacques Nadeau, «symbole» du raid de Dieppe, le 11 novembre 2012, à Montréal. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

L’un des survivants du fameux raid de Dieppe du 19 août 1942, Jacques Nadeau, vient de s’éteindre chez lui ce 2 février 2017 à 6h30, à l’âge de 95 ans.

Né en 1922 à Montréal, Jacques Nadeau s’est enrôlé dans les Fusiliers Mont-Royal le 6 juillet 1940. Le 19 août 1942, il débarque à Dieppe, où il est fait prisonnier. Il passera les trois années suivantes dans des camps, avant de retrouver la liberté le 27 janvier 1945.

Démobilisé en 1946, il s’engage dans l’artillerie puis dans l’aviation. Il quittera finalement les Forces armées canadiennes en 1971 avec le grade de Sergent. Il a été nommé citoyen d’honneur de la Ville de Dieppe lors des commémorations du 70e anniversaire du raid en 2012 et le 16 octobre 2015, a reçu la Légion d’honneur des mains de la consule générale de France à Montréal.

Il a à vingt-cinq reprises effectué le voyage, traversant l’Atlantique, pour honorer, à Dieppe, la mémoire des 1200 hommes tombés sur les plages de la région dieppoise au cours de raid sanglant.

À chaque fois qu’il revenait à Dieppe, Jacques Nadeau se faisait un devoir de visiter la tombe de son meilleur ami à l’époque, Robert Boulanger, qui avait 18 ans quand il a été tué sur la plage de Dieppe, d’une balle dans le front.

Sur Facebook, le maire de la ville de Dieppe, Sébastien Jumel, lui a rendu un vibrant hommage, rappelant qu’il est revenu à 25 reprises à Dieppe, pour honorer la mémoire des 1200 hommes tombés sur les plages dieppoises. «C’est le cœur de Dieppe qui saigne. Au moment où nous préparons activement le 75e anniversaire de cet événement historique qui a scellé dans le sang les liens entre Dieppe et le Canada, c’est un des symboles du raid qui nous a quittés. J’éprouve une profonde tristesse».

Durant que j’étais là les Allemands tiraient; il y avait des balles qui frappaient dans l’eau, puis je les voyais passer. Il y en a une qui a touché à mon casque d’acier mais heureusement que l’épaisseur double qu’il avait a diminué la vitesse et j’ai sorti de l’eau et je suis parti pour me jeter par terre et puis éventuellement vers les 2 heures dans l’après-midi la reddition a été commandé et puis tout s’est étaient et on entendait plus rien à part que des cris des blessés et puis les Allemands sont descendus sur la plage. Il y en avait un grand qui je vois encore la façon dont il agissait – il passait près d’un corps par terre puis avec son pied il tournait celui qui était là puis s’il était mort passait au tri un autre. Et moi, je faisais le mort; j’avais mon bras droit, ah, ma main droite sous mon menton et puis quand il était arrivé à moi il m’a mis le pied dans l’aisselle droite et puis moi je suis très chatouilleux et donc j’ai eu une réaction il m’a dit, il dit: «Komme komme mein liebe», ça veut dire: viens viens, mon cher! Il dit: «pour toi la guerre est finie.»

La famille recevra les témoignages de sympathie directement à l’Église de Notre-Dame-de-Lourdes, 590, chemin de l’Église, Saint-Armand, QC, le mardi 7 février 2017 dès 9h00, et les funérailles suivront à 11h.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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