Halifax: dépôt de munitions à risque d’incendie, mais risque d’explosion quasi-nul, assurent les FAC

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Le Dépôt de munitions des Forces canadiennes (DMFC) Bedford, un important dépôt de munitions à environ sept kilomètres du centre-ville d’Halifax, représente un risque élevé d’«incendie catastrophique» qui pourrait coûter la vie à des militaires et causer des «dommages considérables à l’environnement», selon le directeur du service des incendies des Forces canadiennes. (Google Map)

Le Dépôt de munitions des Forces canadiennes (DMFC) Bedford, un important dépôt de munitions à environ sept kilomètres du centre-ville d’Halifax, représente un risque élevé d’incendie, révèle un rapport du directeur du service des incendies des Forces canadiennes datant de 2015, mais le risque d’explosion, lui, est quasi-nul, assurent les Forces armées.

Nais, si le risque d’incendie reste élevé, le risque d’explosion est, lui, quasi-nul, nous assure le capitaine de vaisseau Chris Sutherland, commandant de la BFC Halifax. Quant aux recommendations formulées dans le rapport il y deux ans, elles ont bel et bien été mises en application aussi rapidement que le permettaient le budget et l’obligation de procéder par appel d’offres.

Les Forces armées canadiennes conservent dans ce dépôt l’essentiel des munitions destinées aux bases militaires et aux navires de toute la région atlantique. Dans le rapport, obtenu par la chaîne publique de langue anglaise de télévision canadienne CBC, le directeur du service des incendies Gaétan Morinville, estimait que les risques sont «élevés» et qu’une déflagration dans ces entrepôts est «probable».

L’officier responsable de la conformité avec les normes incendies qui a travaillé sur ce rapport, Benoît Gagnon, recommandait que des mesures immédiates soient prises afin de réduire d’e « très élevés » à «moyens» les risques d’incendie dans ce dépôt situé sur la rive nord du bassin Bedford, au fond du port de Halifax.

Le rapport soulignait en outre que le dépôt de munitions occupe plusieurs bâtiments séparés par des boisés denses et mal entretenus, ce qui augmenterait les risques de propagation en cas d’incendie. Certains entrepôts plus anciens ne disposent même pas de systèmes de détection automatique. Par ailleurs, le terrain n’est pas très bien entretenu et les risques de feux de broussailles sont donc élevés. Le rapport notait aussi qu’en 2014, les pompiers de Halifax avaient signalé 20 feux de broussailles dans un secteur situé juste à côté du dépôt Bedford.

De plus, la protection contre la foudre et les systèmes d’approvisionnement en eau ont été jugés inadéquats et mal entretenus.

Le rapport concluait également que tous ces problèmes contreviennent aussi bien au Code national de prévention des incendies du Canada qu’au Code du travail et au Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail. «Si l’on tient compte de pertes éventuelles de millions de dollars en munitions, de la quantité totale d’explosifs sur place et des pertes de vie probables, un incendie aurait des conséquences catastrophiques», affirmait le directeur du service des incendies des Forces dans son rapport.

Le rapport du service des incendies avait donc formulé plusieurs recommendations en 2015 concernant les bâtiments et leur environnement.

Depuis, les mesures les plus importantes ont été prises

La première recommendation qui a été mise en application a été celle touchant les dépôts de munitions eux-mêmes alors qu’à peine un an après avoir reçu le rapport du directeur du service des incendies, la BFC Halifax s’assurait que les munitions soient entreposés dans de véritables bunkers qu’elle a pu faire construire en 2016 en puisant à même son budget.

Aujourd’hui, s’il semble indéniable que le risque d’un incendie demeuré élevé jusqu’à la mise en place de toutes les mesures, le risque d’une explosion, lui, est proche de zéro, nous assure le capitaine de vaisseau Chris Sutherland, commandant de la BFC Halifax. Un incendie pourrait très probablement balayer le site sans affecter les dépôts de munitions, des bunkers en béton avec des murs épais et des portes conçues pour résister au feu réduisant à pratiquement rien le risque d’explosion.

Chacun de ses bunker la quantité de munitions qui correspond à son niveau de résistance, pas plus.

Cependant, il y a toujours des arbres qui restent trop près des bâtiments et des lignes électriques, mais plus pour longtemps. Un contrat a été accordé à une entreprise locale et, dès ce printemps, ce problème sera chose du passé.

Quant au système amélioré de gestion de l’eau recommandé en 2015 et au problème de pression insuffisante, une requête budgétaire a été soumise à Ottawa et la situation devrait débloquer cet été. Entre temps, même si la base doit en principe être auto-suffisante, elle pourrait toujours en cas de problème grave faire appel au service d’incendie civil dont le plus proche, celui de Bedford, se trouve à 10 kilomètre, quitte à ce qu’Ottawa éponge la facture.

Finalement, le commandant de la base prévoit que le dernier problème, l’éclairage, alors que l’équipement est en fin de cycle de vie, devrait bientôt être résolu à son tour, un nouveau concept devant être déterminé en 2017 et la mise en place d’un nouvel éclairage bien au dessus des normes minimales étant prévu pour, au plus tard, 2018.

L’important, la sécurité du public et des militaires, semble donc déjà bien assuré si on en croit le commandant Sutherland et, quand on sait le temps qu’il faut dans les Forces armées pour réaliser certaines choses, on ne peut que se réjouir de tant de célérité. Le temps de la dernière guerre, quand les munitions étaient laissées sans protection, ou presque, est bel et bien révolu.

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