Le CEMD Jonathan Vance dénonce une vision «toxique» des FAC dans les médias

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« Si vous prêtez attention à l’actualité d’aujourd’hui, il y a des commentaires très toxiques à propos des forces armées, » a dit le général Vance. (Archives)

Le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, a dit hier qu’il y a des « commentaires néfastes’ qui ont été utilisés par des journalistes sur les Forces armées canadiennes dans les médias, sur les harcèlements sexuels et le mauvais traitement de soldats souffrant de stress post-traumatique, rapporte le Globe and Mail.

Le général Vance a émis ces commentaires lors de son discours au Greater Vancouver Board Trade, au cours duquel il a partagé ses pensées sur le travail des militaires canadiens, les conflits internationaux, et les obstacles rencontrés lorsque l’on est à la charge de 100 000 soldats.

« Si vous prêtez attention à l’actualité d’aujourd’hui, il y a des histoires très toxiques à propos des forces armées » a dit le général Vance.

« L’histoire qui persiste ces temps-ci est que si vous rejoignez les forces armées, vous serez harcelé sexuellement, violé ou vous souffrirez tôt ou tard de stress post-traumatique, et pourriez vous suicider. »

Le chef d’état-major de la Défense a expliqué que son équipe a travaillé dans la transparence pour répondre à ces problèmes, mais selon lui cela n’a fait qu’encourager l’impression que ses troupes sont submergées par les polémiques.

Selon lui, 20% seulement du personnel des Forces armées canadiennes qui ont un traumatisme lié aux opérations militaires souffrent d’un syndrome de stress post-traumatique.

« Ne croyez pas que nous sommes des victimes car ce n’est pas le cas. » La majorité du temps, nous sommes les plus forts et les meilleurs peu importe où nous sommes. »

En décembre dernier, quelques jours après que Statistique Canada ait confirmé l’importance de la problématique des inconduites sexuelles au sein des Forces armées canadiennes, le général Jonathan Vance avait annoncé que, dorénavant, les militaires condamnés seraient tous exclus des Forces, peu importe leur condamnation.

«Les comportements sexuels dommageables sont réels et ils représentent un danger pour notre institution. Ceux qui commettent de tels actes trahissent les valeurs même de notre pays qu’ils ont juré de défendre», avait tonné le général Vance.

Le rapport avait indiqué que 1,7% des membres des Forces, soit environ 1.000 membres, avaient été victimes d’agressions sexuelles au cours des douze derniers mois. D’après le rapport «les femmes étaient quatre fois plus susceptibles que les hommes d’avoir subi des contacts sexuels non désirés (4 % par rapport à 1,1 %), cinq fois plus susceptibles d’avoir été victimes d’une attaque de nature sexuelle (0,9 % par rapport à 0,2 %) et six fois plus susceptibles d’avoir été obligées de se livrer à une activité sexuelle à laquelle elles ne pouvaient pas consentir (0,7 % par rapport à 0,1 %)».

Il est important de noter que si les femmes militaires sont statistiquement plus susceptibles d’être victimes d’agressions sexuelles, il faut aussi considérer cette notion en chiffres, puisqu’il y a un plus grand nombre d’hommes dans les forces régulières et de réserves.

Plus de 40 000 militaires canadiens sont déployés en Afghanistan, et selon une étude, 14% d’entre eux souffriraient d’un trouble de la santé mentale.

Collaboration avec l’administration américaine

Pour ce qui est du gouvernement de Donald Trump, le général Vance s’est décrit comme un « éternel optimiste », proclamant que le Canada accomplira de grandes choses avec ses alliés américains sous cette nouvelle administration.

Le CEMD a aussi parlé d’intérêts communs en terme d’approvisionnement, de capacité du partage de renseignements, et de sa bonne relation professionnelle avec le général Joseph F. Dunford Jr., le président du comité des chefs d’état-major interarmées des États-Unis.

Peu après son apparition publique, il a dit qu’un peu «d’encouragement» de temps en temps de la part des médias ne ferait pas de mal.

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