Les États-Unis fermement aux côtés de l’UE, selon Mike Pence

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Le vice-président américain Mike Pence (G) et le président du Conseil européen Donald Tusk, le 20 février 2017 à Bruxelles. (THIERRY CHARLIER/AGENCE FRANCE-PRESSE/GETTY IMAGES)

Les États-Unis sont déterminés à « poursuivre la coopération et le partenariat avec l’Union européenne », a affirmé lundi le vice-président américain Mike Pence à l’occasion de sa première visite officielle à Bruxelles.

« Aujourd’hui j’ai le privilège, au nom du président Trump, d’exprimer l’engagement fort des Etats-Unis à poursuivre la coopération et le partenariat avec l’Union européenne », a déclaré Mike Pence lors d’un point presse avec le président du Conseil européen Donald Tusk.

A l’issue de leur entretien, ce dernier a évoqué les récentes critiques de Donald Trump à l’égard de l’UE et de l’Otan, jugée « obsolète » par le président américain.

« Nous devrions, je crois, nous entendre sur une chose: l’idée d’une Alliance atlantique n’est pas obsolète », a déclaré l’ex-Premier ministre polonais, se décrivant comme « un pro-Américain incurable ».

« Il s’est passé trop de choses au cours du mois écoulé (…) pour prétendre que tout va comme d’habitude », a relevé M. Tusk.

Il a expliqué avoir abordé trois « sujets clés » avec le vice-président américain: l’ordre international, la sécurité et l’attitude de la nouvelle administration américaine vis-à-vis de l’UE.

Et sur chacun d’eux, Mike Pence s’est engagé avec un « Yes » à respecter les volontés européennes, a assuré M. Tusk, exprimant notamment le voeu que l’UE puisse compter sur « un soutien sans équivoque » des États-Unis.

Bruxelles, où Mike Pence a été accueilli dimanche soir pour un dîner avec le Premier ministre belge Charles Michel, est l’ultime halte de son premier voyage officiel en Europe, après l’Allemagne ce week-end.

Dès le premier entretien de la matinée, à l’ambassade des États-Unis, avec la responsable de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini, Mike Pence a été accueilli par des manifestants hostiles.

Au pied des institutions européennes, où se sont rassemblées une centaine de personnes en début de matinée, les slogans visaient tour à tour les politiques jugées inquiétantes sur l’immigration, le droit des femmes ou la santé, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Nous protestons contre la visite de Pence parce que nous sommes révoltés par les décisions de l’administration américaine qui attaquent les droits des femmes dans le monde entier », a expliqué à l’AFP Irene Donadio, de la Fédération internationale des planning familiaux (IPPF), tandis que deux femmes manifestaient seins nus non loin de là.

Une Europe ‘à dompter’

Federica Mogherini, qui insiste régulièrement sur l’importance pour l’Europe de thèmes comme le réchauffement climatique ou un fonctionnement efficace de l’ONU, entre autres sur le dossier israélo-palestinien, est sortie plusieurs fois de sa réserve depuis l’entrée en fonction de Donald Trump.

La semaine dernière, dans un entretien à plusieurs journaux européens, elle avait prévenu que la relation UE-USA risquait désormais d’être « moins automatique ».

« Nous entrons dans une phase où nous devrons voir dossier par dossier, sujet par sujet, en nous basant sur nos propres valeurs, intérêts et priorités », a-t-elle prôné.

De ce côté-ci de l’Atlantique, tout le monde a à l’esprit les propos lapidaires de Donald Trump sur l’UE, qu’il considère à la solde des intérêts allemands et promise à davantage encore de fragmentation après un Brexit qu’il a qualifié de « merveilleux ».

Début février, beaucoup d’Européens ont été ulcérés par les déclarations de Ted Malloch, présenté comme possible futur ambassadeur américain auprès de l’UE, qui a affirmé que l’Europe « devait être domptée » à l’image, avant elle, de l’Union soviétique.

« Pas question de permettre la fragmentation de l’Union européenne! », a plaidé dimanche soir Charles Michel, à l’issue du dîner avec Mike Pence.

« Ce message-là a été donné. J’ai le sentiment qu’il a été entendu », a ajouté le Premier ministre belge, cité par l’agence Belga.

« Les États-Unis ont besoin d’une UE forte et unifiée sur tous les sujets », a dit de son côté le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, citant en premier lieu la défense.

En début d’après-midi, Mike Pence était attendu au siège bruxellois de l’Otan par le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg.

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