Moscou et Kiev s’écharpent sur l’hommage pour l’ambassadeur russe à l’ONU

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L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, à New York, le 31 décembre 2016. (AFP/KENA BETANCUR)

La Russie et l’Ukraine se sont écharpées mardi sur l’hommage rendu par le Conseil de sécurité des Nations unies à Vitali Tchourkine, qui fut le visage et la voix de Moscou à l’ONU pendant une décennie avant de mourir subitement lundi.

Les ambassadeurs qui siègent au Conseil ont observé une minute de silence et ont rendu à tour de rôle hommage mardi à celui qui fut en première ligne pour défendre notamment la politique russe en Ukraine.

Le représentant ukrainien, Volodymyr Yelchenko, qui tient la présidence tournante du Conseil en février, a brièvement présenté ses condoléances.

Le Conseil de sécurité, où la Russie possède un droit de veto, s’est dit dans un communiqué profondément attristé par la mort de Vitali Tchourkine, la veille de ses 65 ans. Mais l’Ukraine a refusé d’émettre un communiqué du président du Conseil, qui comporte un poids plus important, quand bien même symbolique.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a fustigé un acte « anti-chrétien » qui « va au-delà des limites du bien et du mal », selon l’agence de presse russe Interfax.

« Dieu sera leur juge », a abondé Dmitry Peskov, le porte-parole du Kremlin, concédant toutefois que ce couac n’était « pas aussi important que la perte pour la Russie » de M. Tchourkine.

De son côté, le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkin, a assuré qu’un simple communiqué du Conseil de sécurité était « approprié ». Cela, a-t-il expliqué, a montré que Kiev ne pouvait pas oublier les positions défendues par l’ancien ambassadeur russe sur l’Ukraine.

Un conflit avec des séparatistes pro-russes déchire notamment l’est de l’Ukraine.

Même face aux critiques des pays occidentaux à l’ONU, Vitali Tchourkine a toujours justifié la politique du Kremlin.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est lui joint aux hommages rendus à Vitali Tchourkine, « un diplomate exceptionnel » et « un être humain extraordinaire ».

Ce dernier a eu un malaise alors qu’il se trouvait dans les locaux de la représentation russe auprès des Nations unies à New York et il s’est éteint peu après.

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