Les «portes-ouvertes» du 2e Bataillon du R22eR donnent aux civils un aperçu du monde militaire (PHOTOS)

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Les fantassins du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment ont effectué une attaque coordonnée lors de leur exercice Rafale Blanche ce matin au village de Grandes-Piles avant de tenir, de 11 h 30 à 14 h, une activités portes-ouvertes qui a permis aux civils d’avoir un aperçu du monde militaire.

L’exercice annuel Rafale Blanche était commandé par le Lt-Colonel Philippe Bourque et a débuté à 7h30. Ce fut une attaque coordonnée partout dans le village et ses environs.

Les militaires ont attaqué des troupes ‘ennemies’ qui occupaient la falaise au Village du bûcheron, à Grandes-Piles dans le Mékinac à quelques kilomètres de Shawinigan.

À la marina du village, au bord de la rivière St-Maurice, on aperçoit un point de collecte pour les prisonniers et pour les blessés.

Le Caporal-chef Mathieu Lanoix, le chef-d’équipage, était aux commandes de l’un des douze VBL présents lors de l’exercice Rafale Blanche. L’un des VBL a escorté le peloton 31 au point de rendez-vous dans les bois afin de préparer l’attaque.

Des tireurs d’élite étaient partis en reconnaissance dans la forêt en début de semaine pour observer et analyser les positions ennemies.

« La compagnie A a été insérée le 21 au soir, et a nettoyé les secteurs A et B, alors que le peloton 32 est venu terminer l’attaque aux secteurs C et D afin d’éliminer l’ennemi qui était au Village du bûcheron, » explique le caporal-chef Lanoix.

Une compagnie mécanisée de VBL a accompagné le peloton 32 venu soutenir la compagnie A, qui était arrivée à pied depuis la forêt environnante. Le peloton 31 était de réserve au centre communautaire de Grandes-Piles.

La compagnie ennemie composée d’une vingtaine de militaires, a effectué des opérations en rappel au pied des falaises non loin du site.

Les VBL étaient venus bloquer la route 155 pour éviter que les civils puissent interrompre ou poser problème aux opérations.

Cet exercice en milieu urbain comptait environ 300 militaires, et a consisté de trois jours de préparations.

Les fantassins ont dormi dehors au campement du Lac-à-la-Tortue, et étaient présents depuis le 17 février puisqu’ils appuyaient les réservistes lors de leur exercice avant de prendre la relève des opérations à l’aérodrome.

Le Capitaine Jérome Duval, l’Officier des Opérations pour le 2e Bataillon du Royal 22e Régiment était au poste de commande du bataillon, d’où il communiquait par l’intermédiaire de la radio, les cartes et les images.

« Nous avons été en partenariat proche avec les réservistes de la 34e Brigade. Nous avons pu partager avec eux nos expériences, » explique le Capitaine Duval, « nous les avons remplacés à l’aérodrome mais notre gros objectif était ici à Grandes-Piles. »

« Une compagnie ne peut pas tenir une zone indéfiniment. Sur le terrain, lors d’une mission, les soldats deviennent fatiguées, il y a des pertes et des blessés. On a alors besoin de troupes fraîches pour prendre la relève, » continue le Capitaine Duval.

S’entraîner en milieu urbain et civil encourage les militaires à « devenir meilleurs dans leur rôle, » explique-t-il.

Après l’attaque, le 2e Bataillon a présenté certains de ses équipements lors d’une activité portes ouvertes à l’intention de la population civile. Ces derniers ont pu poser des questions aux militaires, examiner des armes comme un lance-grenade automatique, ainsi que monter dans les véhicules blindés légers (VBL) utilisés par les troupes.

Équipement et véhicules

Le bataillon était équipé de véhicules blindés légers neufs de 6ème génération (2015) pour transporter les troupes. Ces VBL peuvent transporter sept soldats, sans compter les deux personnes dans la tourelle et le chauffeur.

Atteignant les 108 km/h, et pesant 24 tonnes, les VBL peuvent peser jusqu’à 30 tonnes avec des protections supplémentaires. Autant dire qu’avec tout l’équipement dont est équipé un soldat l’espace est compact.

Mais le véhicule est équipé d’une climatisation et d’un chauffage, « qu’on est content d’avoir, » dit le caporal-chef Lenoix, « car en Afghanistan nous sommes restés 10 heures dans le VBL, c’est long! »

Le Chef Giroux-Boucher, commandant de section, montre les armes des tireurs d’élite aux civils. L’équipement consiste d’un fusil d’assault C8, C7A1, d’un fusil de précision C14 Timberwolf avec vision nocturne, de lunettes thermiques, d’un GPS DAGR, de lunettes VECTOR (laser range finder) utilisées pour trouver les azimuts, et d’un lourd Long Range Sniper Weapon des McMillan Brothers, aussi appelé Mcmillan tac-50 long range sniper rifle, un fusil anti-matériel qui peut percer les bloc moteurs et briser les périscopes des VBL.

L’arme phare des portes-ouvertes était le lance-grenade automatique C16, qui possède un laser et un GPS, ainsi que des sacs de sables pour le stabiliser à cause de son gros recoup.

Les militaires sont aussi connectés sur le terrain par l’intermédiaire d’un appareil photo (zoom x60) et d’un ordinateurs portable qui est connecté par radio et avec lequel ils peuvent transmettre des photos au cours du déroulement de la mission.

Cet équipement est démonté et réparti entre plusieurs soldats, qui portent alors des sacs à dos de 90 livres, sans compter leur équipement vestimentaires de mission (cordes, harnais), leurs rations et leurs gourdes d’eau.

Portes-ouvertes au civils, aperçu du monde militaire

Ces portes ouvertes étaient conçues pour « décrire et expliquer les équipements que nous utilisons et notre façon de travailler, » raconte le caporal-chef Lanoix.

Un temps très doux a accueilli les fantassins, mais ces conditions météorologiques étaient « les pires » pour le Capitaine Jérome Duval, l’Officier des Opérations pour le 2e Bataillon du Royal 22e Régiment. « Ce temps est un problème, car la température est trop douce et nous avons eu une pluie verglaçante qui fait qu’il y a du verglas et tout le monde est mouillé, ce qui rend le déplacement difficile. »

L’exercice et les portes-ouvertes ont eu un impact sur la population civile. Pour beaucoup les portes-ouvertes permettent d’avoir une « approche avec les soldats que l’on voit d’habitude de loin. »

« C’est impressionnant de les voir déambuler dans les rues, mais de les voir ici nous expliquer en détail ce qu’ils font, cela démystifie le monde militaire, » confie une locale du village.

Les militaires étaient « très gentils, très amicaux, très professionnels, » selon les civils.

« Pour les gars ce doit être intéressant, moi je n’aime pas les armes, mais c’est bon de savoir que Grandes-Piles est prête pour Trump, » lance une habitante du village en riant.

En effet les civils étaient très curieux, même ceux qui ne sont pas autant attirés par les armes à feu. « Tant mieux si c’est pour nous protéger, si c’est afin de maintenir et d’établir la paix, » partage une habitante, « c’est une mission d’éducation, dans le fond on sait qu’ils vont peut-être être appelés dans des endroits moins fun. Je n’aime pas tellement les armes mais ils sont très gentils de venir présenter leur exercice au public. On apprécie de les voir travailler et c’était un bel exercice. »

Du point de vue des militaires, les portes-ouvertes sont faites pour exposer les civils au monde militaire mais aussi pour les « remercier en même temps, de leur coopération, de leur gentillesse, et de leur accueil, » explique le Capitaine Duval en souriant. « Il y a eu une excellente collaboration avec le maire et les employés municipaux. C’est très agréable de travailler dans un village comme celui-ci, car il y a un esprit de communauté, tout le monde nous parle et sourit. »

Cet entraînement permet d’avoir une équipe plus cohésive et d’apprendre à manier et travailler avec les nouveaux modèles de VBL. Mais ce type d’entraînement est aussi « en lien à la préparation à un prochain déploiement à l’été 2018, » conclut le Capitaine Duval.

Jeune diplômée de l’Université de Colombie-Britannique en Histoire et Relations Internationales, Thalia est intéressée par les conflits internationaux, la sécurité nationale, et spécifiquement les stratégies liées à l’antiterrorisme.

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