Quatre chiens d’assistance pour autant de vétérans du Québec, et le travail continue ! (PHOTOS/VIDÉO)

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Les besoins sont grands et il y a encore beaucoup à faire, mais cela commence par des gestes comme la contribution de 60 000 $ effectuée conjointement par la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne, Madame Anne Myles Brown ainsi que le Mingo-McEwen Fund au programme de chiens d’assistance pour l’ÉSPT de Wounded Warriors Canada qu’a annoncée le 6 février la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne.

Cette contribution permettra à quatre vétérans de la province du Québec souffrant de l’état de stress post-traumatique (ÉSPT) de bénéficier d’un chien d’assistance. Ce n’est sans doute pas un aboutissement, mais certainement un pas important sur cette route où chaque pas compte et qui mène à la satisfaction des besoins de tous nos vétérans au prise avec ce terrible problème.

Ces chiens spécifiquement entraînés ont un impact significatif dans la vie de nos héros canadiens et les aident à surmonter plusieurs de leurs défis quotidiens.

À la conférence de presse à l’’Hôpital Sainte-Anne lundi, Julie Jolicoeur, une para-médic d’Ottawa dont l’état de stress post-traumatique avait fait d’elle une autre personne, une personne brisée, jusqu’à ce qu’elle puisse compter sur son fidèle chien d’assistance Dillan, en a témoigné éloquemment.

Jusqu’à ce que Dillan devienne son soutien et son compagnon de tous les instants, elle pouvait à peine sortir de chez elle. Habitée par la tristesse, la peur et la colère, Julie se sentait inutile et en était arrivée à croire que sa vie était vaine.

Pouvant aujourd’hui de nouveau accomplir ce qui lui était devenu impossible avant Dillan, sortir, magasiner, voir des gens, Julie a été jusqu’à déclaré qu’elle avait ainsi « retrouvé un sens à sa vie ».

Mais il ne faut pas se cacher que le travail doit continuer. Il faudrait encore plusieurs dizaines de Dillans pour répondre aux besoins des vétérans du Québec, des centaines pour tout le Canada. Des chiens d’assistance qui coûte de 15 à 25 000 $ chacun.

Aux États-Unis, la publication United States Army Medical Department Journal a consacré un numéro entier récemment aux recherches pertinentes sur les chiens d’assistance. Dans l’introduction, le major-général américain David Rubenstein, commandant du US Army Medical Department Center and School, et chef du US Army Medical Service Corps, écrivait: «Les tentatives de quantification systématique et d’évaluation scientifique des résultats de la zoothérapie se poursuivront certainement, mais, pour l’instant, les preuves empiriques de ses bienfaits énormes ne sont pas simplement encourageants; ils sont suffisamment significatifs pour justifier le recours continu aux animaux à des fins thérapeutiques.» 

Mais au Canada, malgré une récente étude menée par ACC Canada, on a parfois l’impression, sans jeu de mot, que nous traînions de la patte, alors que des fondations privée accomplissent, avec leurs moyens, ce qui devrait peut-être relever du ministère.

Anciens combattants Canada, rendez-vous fin 2017!

Ottawa fait maintenant sa propre étude. une étude pilote entreprise l’an dernier par l’entremise de l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans afin d’évaluer l’utilisation de chiens d’assistance psychiatrique comme un traitement sécuritaire et efficace de l’état de stress post-traumatique.

Anciens Combattants Canada a aussi retenu les services de l’Office des normes générales du Canada afin d’offrir l’assurance que les
chiens d’assistance psychiatriques qui sont fournis aux vétérans ont été entraînés adéquatement et satisfont à des exigences comportementales normalisées.

Ces deux projets devraient être achevés d’ici décembre 2017, nous précise le porte-parole du ministère et Anciens Combattants Canada examinera ensuite les résultats et travaillera en collaboration avec le ministère des Finances pour déterminer les prochaines étapes.

« La santé mentale et le bien-être des vétérans et de leur famille constituent une priorité pour Anciens Combattants Canada. Nous continuons de surveiller les études menées sur des thérapies nouvelles et innovatrices qui permettront d’améliorer la santé et le bien-être des vétérans et de leur famille », se défend bien le responsable des relations médias d’Anciens combattants Canada, Zoltan Csepregi.

Anciens Combattants Canada, nous explique-t-il, se prépare également à travailler de concert avec le ministère des Finances pour préparer des recommandations concernant la possibilité d’ajouter les chiens d’assistance psychiatriques à la liste des frais admissibles au crédit d’impôt pour frais médicaux.

Ce qui ne semble toutefois pas garantir l’achat de ceux-ci.

D’ici là, les vétérans ne peuvent que se tourner vers les fondations privées, d’où l’importance des initiatives de fondations comme le Mingo-McEwen Fund, la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne et Wounded Warriors Canada.

Les fondations privées à la rescousse

«Aujourd’hui est une journée très spéciale pour le Mingo-McEwen Fund» a souligné pour sa part avec fierté Bob McEwen, fondateur du Mingo-McEwen Fund. «Nous nous sommes non seulement associés avec une dame très spéciale, Madame Anne Myles Brown, ainsi qu’avec la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne, mais il s’agit aussi du commencement d’un engagement à long terme envers Wounded Warriors Canada et le bien-être de nos Vétérans. Ce projet sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années voit finalement le jour aujourd’hui. »

Fondée en 1997, cette œuvre de charité à but non-lucratif amasse et distribue des fonds à des organisations et individus qui nécessitent des sommes additionnelles pour le financement d’équipement ou de programmes qui ne peuvent être couverts par leur budget opérationnel. Les causes soutenues par le Mingo-McEwen Fund sont les enfants malades, les personnes handicapées, les vétérans canadiens, les centres de soins palliatifs ainsi que les animaux dans le besoin.

«Ce qu’il faut retenir de l’événement d’aujourd’hui n’est pas simplement l’annonce d’une contribution financière à un programme notoire de chiens d’assistance pour l’ÉSPT », a souligné pour sa part Andrée-Anne Desforges, directrice générale de la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne.

La Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne, elle, est une œuvre de charité enregistrée qui veille au bien-être de nos militaires et Vétérans canadiens de toutes les générations. Elle soutient les Vétérans ayant combattu lors de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre de Corée, ainsi que ceux de la nouvelle génération qui ont participé à des missions de maintien de la paix et à des opérations internationales. Elle y parvient par le financement de programmes et de projets d’impact, d’équipement essentiel ainsi que de recherches prometteuses.

« Aujourd’hui, nous avons annoncé que la vie de quatre (4) Vétérans du Québec sera changée car ils pourront dorénavant compter sur la présence d’un doux compagnon pour les aider en facilitant leurs difficultés quotidiennes. La Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne est très fière de
contribuer à cette magnifique réalisation. », ajoutant toutefois qu’il faudra continuer à en parler, alors que la liste d’attente pour avoir un chien d’assistance au Canada est aujourd’hui de deux ans.

Quant à lui, Phil Ralph, directeur des programmes nationaux de Wounded Warriors Canada, s’est déclaré profondément reconnaissants du soutien de la Fondation de l’Hôpital Sainte-Anne, de Madame Anne Myles Brown et du Mingo-McEwen Fund.

Wounded Warriors Canada est un leader national dans le financement de chiens d’assistance pour les vétérans blessés souffrant de l’état de stress post-traumatique.

Tous les chiens certifiés et financés par Wounded Warriors Canada sont remis aux clients approuvés sans aucun frais. Les professionnels travaillent de très près avec l’équipe (chien d’assistance et client) tout au long du processus. Chaque client doit passer par les diverses étapes du processus de recrutement qui inclus entres autres: une pré-entrevue, une demande écrite comprenant les recommandations du médecin traitant, une entrevue à la résidence du client et une formation pour les nouveaux clients.

C’est un processus qui s’échelonne sur deux ans, passant l’entrainement d’une durée de 18 mois à 6 mois dans une famille d,accueil pour finalement parvenir au vétéran qui en a besoin.

« C’est grâce à des partenariats comme celui que nous annonçons aujourd’hui que nos programmes sont rendus possibles et nous sommes très heureux de pouvoir déployer notre capacité d’aider nos vétérans à la province du Québec. », a donc conclu le directeur des programmes nationaux de Wounded Warriors Canada.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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