Québec: le Manège militaire de la Grande Allée sera livré au printemps 2018

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Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a visité samedi 11 février 2017 visiter le site de reconstruction du Manège militaire des Voltigeurs de Québec (Twitter/@jyduclos)

Le ministre de la Défense Harjit Sajjan, lui même ex officier de la Réserve, a fait ce samedi en compagnie de sa collègue des Travaux publics Judy Foote une visite au site du Manège militaire des Voltigeurs de Québec, qui sera à compter de 2018 également ouvert à la population et dont ils ont pu constater l’avancement des travaux de reconstruction.

Les ministres Sajjan et Foote étaient accompagnées du député fédéral de Québec et ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos et du député de Louis-Hébert à Ottawa, Joël Lightbound, et du député conservateur de Beauport-Limoilou la Chambres des Communes Alupa Clarke.

Pour sa part, le lieutenant-colonel Jonathan Chouinard, commandant du Régiment des Voltigeurs, n’a pas caché sa fierté et sa satisfaction d’accueillir en la personne du ministre Sajjan un militaire décoré qui a servi son pays avec honneur. « Dès les premières minutes de la rencontre, on était comme deux commandants d’unités qui se parlent ».

Aux yeux du commandant Chouinard, Harjit Saajjan est sans doute le ministre le plus près de la réalité opérationnelle dont on peut rêver et tous les militaires sont extrêmement fiers de voir un des leurs à la tête aujourd’hui de la Défense nationale. C’est donc avec un bonheur non dissimulé qu’il a reçu le ministre venu constater lui-même l’état d’avancement des travaux.

L’enveloppe extérieure du bâtiment sera complétée d’ici la fin de l’été 2017, puis sera exécuté le travail à l’intérieur et le Manège sera finalement prêt au printemps 2018.

En avril 2008, un incendie a endommagé le Manège militaire Voltigeurs de Québec, qui abritait le plus vieux régiment canadien-français toujours existant. Depuis, le régiment des Voltigeurs a été relocalisé dans de nouveaux locaux, mais il retrouvera bientôt le Manège historique de la Grande Allée.

En 2009 et 2010, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) a mené une série d’activités pour établir le plan d’avenir du Manège militaire : des consultations publiques, une analyse de faisabilité et de rentabilité, diverses analyses et études historiques, archéologiques et environnementales, ainsi que des expertises structurales après sinistre.

En juin 2011, à la suite d’un appel d’offres, TPSGC a attribué un contrat à Arcop (maintenant Architecture 49 Inc.), D.F.S. Inc., architecture & design, Saint-Gelais Montminy et associés, architectes en consortium pour établir des concepts architecturaux et des croquis de reconstruction du Manège, ainsi que les plans et devis.

En novembre 2012, le gouvernement du Canada a présenté le concept de reconstruction du Manège militaire Voltigeurs de Québec.

Et finalement, le 19 mai 2015, à la suite d’un autre appel d’offres lancé en janvier 2015, TPSGC a attribué un contrat d’une valeur de 72,7 M $ (taxes incluses) à l’entreprise Pomerleau Inc. pour la reconstruction et l’agrandissement du Manège militaire.

Plus qu’un témoin de l’Histoire, la connexion de la population au monde militaire

La reconstruction du Manège militaire Voltigeurs de Québec aura représenté un investissement d’environ 104 M $ :93 M $ aux travaux de reconstruction, et 11,3 M $ investis dans les consultations, l’élaboration d’un plan relatif à l’avenir du Manège militaire, les analyses de faisabilité et de rentabilité, la mise au point des concepts et les travaux de remise en état et de préparation du site.

Mais, expliquait aujourd’hui le ministre Sajjan en entrevue à 45eNord.ca, s’il est important de garder l’Histoire vivante, il faut aussi se rappeler que des unités comme le Régiment des Voltigeurs, par leur proximité, représente également la meilleure connexion qu’il puisse y avoir entre les militaires et la population

Prêt au printemps 2018, le Manège de la Grande Allée ne pourra donc pas accueillir les célébrations entourant le 150e anniversaire du Canada. «Ça aurait été idéal», a déclaré le ministre de la Défense nationale, mais « Nous voulons être certains que le bâtiment est correctement construit, parce que ce n’est pas juste la question d’une année, ça concerne le futur également».

Le ministre Sajjan s’est aussi félicité de l’attention portée à la conservation des éléments historiques du Manège militaire. «On est très fiers qu’à la fois sur les plans patrimoniaux, touristiques et militaires, on puisse bénéficier de ce monument», a déclaré pour sa part le député de Québec et ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos.

Un Manège pour toute la population

Certes, le Manège constitue un lieu de mémoire auquel sont associées des valeurs rattachées entre autres à la présence des Voltigeurs de Québec, le plus vieux régiment canadien-français toujours existant et le défenseur de Québec.

Mais le nouveau bâtiment sera plus bien qu’un musée et que le domicile des Voltigeurs.

Ce que plusieurs est que le nouveau manège, où la Défense est maintenant locataire sera ouvert à la population et aux visiteurs, a souligne à 45eNord.ca à ce propos le lieutenant-colonel Jonathan Chouinard.

Environ la moitié de la superficie du bâtiment servira au public, notamment pour la tenue d’activités dans une grande salle multifonctionnelle, alors que l’autre moitié sera composée d’espaces administratifs pour des organisations fédérales ainsi que d’espaces techniques. On y retrouvera donc, non seulement des locaux commémorant l’histoire militaire des débuts de la Nouvelle-France à 1914, mais, outre des bureaux destinés au gouvernement fédéral, des espaces multifonctionnels pour la tenue d’activités communautaires, culturelles et sociales.

Comparer dans ces conditions le coût du nouveau manège avec ce que la Défense dépense ou ne dépense pas sur la base de Valcartier, située dans la région de Québec, n’a alors aucun sens. On ne parle, ni des mêmes besoins, ni des mêmes enjeux, d,opiner le lieutenant-colonel.

Étonnamment, d’avoir à partager ainsi le Manège de la Grande Allée pourrait aussi, selon le lieutenant-colonel Chouinard, permettre aux Voltigeurs d’accomplir encore mieux la mission de représenter le monde militaire auprès de la population. Pour le commandant du Régiment, c’est sans contredit une situation « win-win », une situation qui ne fait que des gagnants.

Demain, le ministre Sajjan à la Mosquée de Québec en appui à la diversité

Message d’amour et de soutien au Centre culturel islamique de Québec. (CCIQ)

Un peu plus tôt dans la journée, le ministre de la Défense a eu le plaisir d’assister au Tournoi international de Hockey Pee-Wee au Centre Vidéotron et de participer aux activités de Carnaval de Québec, mais demain, une visite empreinte de solennité et d’émotion est au programme.

Demain, dimanche 12 février à 11 h, le ministre Sajjan, lui-même vivant symbole de la diversité canadienne, visitera en effet le Centre culturel Islamique de Sainte-Foy où s’est déroulé le tragique événement du 29 janvier dernier quand le jeune Alexandre Bissonnette a ouvert le feu sur les fidèles réunis pour la prière du soir, faisant 6 morts et 8 blessés dans ce premier attentat contre une mosquée en Amérique du Nord.

Aucune société n’est à l’abri d’une pareille tragédie, confiait le ministre de la Défense cet-après-midi à 45eNord.ca. Il est maintenant important pour préserver l’avenir de redonner à la communauté et à la population la confiance que ces événements ont pu ébranler et de montrer que la diversité fonctionne, de dire le ministre, bien conscient que son histoire personnelle en est la meilleure démonstration.

Né en Inde, sa famille a immigré au Canada quand il n’avait que 5 ans. Il a grandi à Vancouver en Colombie-Britannique. Il a initialement travaillé comme officier pour le service de police de Vancouver. Puis, en 1989, il s’est enrôlé dans la Première réserve de l’Armée canadienne. Il a ensuite rejoint l’armée à temps plein. Il a été déployé quatre fois au cours de sa carrière militaire: une fois en Bosnie et trois fois en Afghanistan.

Celui qui est aujourd’hui, après avoir fièrement servi le Canada, à la tête du ministère de la Défense de son pays d’adoption, est issu de l’immigration, comme les six hommes qui sont tombés sous les balles d’un jeune extrémiste nationaliste de 27 ans le 29 janvier dernier à Québec.

Il ne s’agit plus de politique, mais de la cohésion et de l’avenir de notre société.

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