Un soldat israélien condamné à 18 mois de prison pour la mort d’un assaillant palestinien

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Le soldat israélien Elor Azaria -ici le 5 avril 2016 devant un tribunal militaire à Tel Aviv. (AFP/Archives/JACK GUEZ)

Un tribunal militaire israélien a condamné mardi à 18 mois de prison le soldat Elor Azaria, accusé d’avoir achevé un assaillant palestinien blessé, point d’orgue d’un procès qui aura profondément divisé le pays.

Le sergent de 21 ans est le premier soldat israélien depuis plus de dix ans à être condamné pour homicide selon la presse.

Sa condamnation a immédiatement suscité des appels à sa grâce de la part de personnalités de la droite israélienne. La direction palestinienne a, elle, dénoncé dans cette peine « légère » un « feu vert » donné aux « crimes des soldats » israéliens contre les palestiniens.

Elor Azaria et ses proches n’ont pas bronché à l’énoncé de la peine, prononcée après des mois d’un procès exceptionnel qui a captivé Israël et mis en lumière de profondes lignes de fracture. Une fois la cour retirée, toute la famille a entonné l’hymne israélien.

Le jeune homme était entré dans le prétoire exigu de Tel-Aviv sous les applaudissements, les mains libres et arborant un large sourire crispé dans son uniforme olive.

La présidente de la cour, Maya Heller, a estimé qu’il avait bel et bien tiré pour tuer alors que le Palestinien ne constituait pas une menace. Elle a noté qu’Elor Azaria n’avait exprimé aucun remords.

Elle lui a en revanche reconnu des circonstances atténuantes, évoquant le « territoire hostile » sur lequel s’étaient produits les faits et « l’épreuve subie par sa famille ».

Elor Azaria doit commencer à purger sa peine le 5 mars, a-t-elle dit. Il peut faire appel.

Manifestation en faveur du soldat

A l’extérieur, plusieurs dizaines de personnes, étroitement surveillées par les policiers après des heurts lors d’une précédente audience, ont manifesté leur soutien au soldat, brandissant des pancartes et des banderoles proclamant: « On ne laisse pas tomber les combattants » ou « Mort aux terroristes ».

Membre d’une unité paramédicale, le soldat a été filmé le 24 mars 2016 par un militant propalestinien d’une ONG israélienne alors qu’il tirait une balle dans la tête d’Abdel Fattah al-Sharif à Hébron, en Cisjordanie.

Le Palestinien venait d’attaquer des soldats au couteau. Atteint par balles, il gisait au sol, apparemment hors d’état de nuire.

Elor Azaria, arrêté immédiatement après les faits et depuis assigné à sa base, plaidait non coupable. Il pensait qu’Abdel Fattah al-Sharif dissimulait sous ses vêtements une ceinture d’explosifs, ont plaidé ses avocats.

Selon le Jerusalem Post, le ministre de l’Éducation israélien, Naftali Bennett, a répondu à la condamnation en défendant Azaria: « Azaria a été envoyé pour défendre les citoyens d’Israël au moment de nombreuses attaques au couteau de terroristes palestiniens. »

Chana Cohen, qui défendait Azaria lors d’un rassemblement à Tel Aviv il y a quelques jours, explique que « c’est le rôle d’un soldat de protéger, mais ensuite son pays se retourne contre lui en l’accusant ‘d’assassin’. »

Ce contexte de tensions après des années de conflit et la litanie de morts qu’il a causée ont fortement contribué à diviser l’opinion israélienne devant le spectacle de ce procès ultra-médiatisé.

D’un côté, ceux qui défendent le procès au nom du respect nécessaire de valeurs éthiques par l’armée. De l’autre, les tenants d’un soutien sans faille aux soldats confrontés aux attaques palestiniennes.

Nombre d’Israéliens souscrivent aux propos qu’aurait tenus Elor Azaria avant de tirer et selon lesquels l’assaillant méritait de mourir. Il a été présenté par beaucoup comme un héros ou un bouc émissaire.

Plusieurs ministres du gouvernement ont demandé sa grâce.

« La sécurité d’Israël exige qu’il soit gracié (…) Il ne peut aller en prison, sinon nous en paierons tous le prix », a dit le ministre Naftali Bennett.

*Avec AFP

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