Visite empreinte d’émotion du ministre Sajjan à la Mosquée de Québec

0
Visite empreinte d’émotions dimanche 12 février 2017 au Centre culturel islamique de Québec où un jeune nationaliste islamophobe a assassiné 6 fidèles lors de la prière du soir le mois précédent. (Twitter/@HarjitSajjan)

Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, s’est rendu ce matin au Centre culturel islamique de Québec pour manifester sa solidarité avec la communauté musulmane endeuillée par la perte de plusieurs de ses membres tuées le 29 janvier dernier dans la première attaque meurtrière contre une mosquée en Amérique du Nord.

Le ministre Sajjan, lui-même vivant symbole de la diversité canadienne, a visité les lieux où s’est déroulé le tragique événement quand le jeune nationaliste islamophobe Alexandre Bissonnette a ouvert le feu sur les fidèles réunis pour la prière du soir, faisant 6 morts et 8 blessés.

Depuis, les Québécois ont manifesté leur appui à la communauté musulmane lors de deux cérémonies qui ont réuni des milliers de personnes, l’une à Montréal et l’autre à Québec, mais aujourd’hui, la peur hante encore les lieux de la tuerie.

On ne se remet pas facilement d’un pareil événement.

Des victimes de l’attaque de janvier sont toujours hospitalisés. « L’état d’un des frères blessés est stable. Toujours en amélioration, pas de fièvre. L’autre va bien également pour l’instant. Il y a eu beaucoup d’améliorations: Il commence à respirer par lui-même. Il comprend tout ce qu’on lui dit. Nos deux frères demeurent toujours aux soins intensifs pour l’instant. Ils ont besoin de repos », pouvait-on lire sur la page facebook du centre il y a deux jours.

«La [plus grande partie]de la communauté est encore [inquiète]. On ne se sent pas à l’aise de venir prier», explique Mohamed Yangui, président du Centre culturel islamique de Québec, réclamant plus de mesures de sécurité autour de la mosquée.

Un agrandissement de la mosquée est d’ailleurs prévu pour augmenter le nombre de sorties de secours et l’accès à la salle de prière devra se faire avec une puce magnétique.

Aujourd’hui, le ministre de la Défense était accompagné de sa collègue des Travaux publics Judy Foote, du député fédéral de Québec et ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos et du député de Louis-Hébert à Ottawa, Joël Lightbound, avec qui il avait visité la veille le site du Manège militaire des Voltigeurs de Québec dont ils ont pu constater l’avancement des travaux de reconstruction.

Ils ont tous laissé entendre qu’ils étaient conscients des défis auxquels la communauté musulmane est confrontée, mais la visite du ministre Sajjan revêt une importance toute particulière.

Aucune société n’est à l’abri d’une pareille tragédie, confiait le ministre de la Défense la veille à 45eNord.ca. Il est maintenant important pour préserver l’avenir de redonner à la communauté et à la population la confiance que ces événements ont pu ébranler et de montrer que la diversité fonctionne, de dire le ministre, bien conscient que son histoire personnelle en est peut-être la meilleure démonstration.

Né en Inde, la famille d’Harjit Sajjan a immigré au Canada quand il n’avait que 5 ans. Il a grandi à Vancouver en Colombie-Britannique. Il a initialement travaillé comme officier pour le service de police de Vancouver. Puis, en 1989, il s’est enrôlé dans la Première réserve de l’Armée canadienne. Il a ensuite rejoint l’armée à temps plein. Il a été déployé quatre fois au cours de sa carrière militaire: une fois en Bosnie et trois fois en Afghanistan.

Celui qui est aujourd’hui, après avoir fièrement servi le Canada, à la tête du ministère de la Défense de son pays d’adoption, est issu de l’immigration, comme les six hommes qui sont tombés sous les balles d’un jeune extrémiste nationaliste de 27 ans le 29 janvier dernier à Québec.

Il ne s’agit plus de politique, mais de la cohésion et de l’avenir de notre société.

Les commentaires sont fermés.