Bataille de Mossoul: combats intenses aux abords de la Vieille ville

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Les forces irakiennes progressent vers la Vieille ville de Mossoul, le 13 mars 2017. (AFP/Archives/ARIS MESSINIS)

D’intenses combats se déroulaient dimanche à Mossoul-Ouest où les forces irakiennes tentaient de briser les lignes de défense du groupe État islamique (EI) aux abords de la Vieille ville, objectif stratégique pour la reprise de la grande métropole du nord aux djihadistes.

Située sur la rive occidentale du Tigre, la vieille ville est un dédale de ruelles dont la configuration et la densité de la population rendent difficile la progression des forces de sécurité irakiennes.

Au cœur de ce secteur se trouve la mosquée Al-Nouri, où le chef de l’EI Abou Bakr al-Baghdadi avait fait en juillet 2014 son unique apparition publique, quelques jours après la proclamation de son « califat » sur les larges territoires conquis en Syrie et en Irak.

Dimanche, la police fédérale et la Force d’intervention rapide (FIR), équipées de fusils d’assaut, progressaient à proximité du Tigre, tirant au mortier et au lance-roquettes, ont constaté des journalistes de l’AFP.

À la faveur d’une météo plus clémente que ces derniers jours, les forces irakiennes ont reçu le soutien d’hélicoptères qui mitraillaient les positions djihadistes, tandis que résonnaient dans la ville le claquement des tirs et le bruit sourd des explosions.

« L’objectif de la bataille, c’est de dépasser le pont al-Hadidi en direction du nord », a déclaré à l’AFP le général Abbas al-Joubouri, commandant de la FIR, avant d’évoquer les écueils inhérents à ce type d’environnement urbain.

« La difficulté, c’est la présence de familles, comment éviter de tirer sur les familles utilisées comme boucliers humains (par l’EI). C’est un quartier ancien, avec de vieilles maisons, on utilise rarement des armes lourdes », a-t-il expliqué.

Vendredi et samedi, les forces irakiennes avaient affirmé avoir repris dans le premier périmètre de la vieille ville plusieurs sites, dont des marchés et une mosquée.

Les autorités irakiennes ont lancé il y a cinq mois, le 17 octobre, une vaste offensive pour reprendre Mossoul (nord), deuxième ville du pays et dernier grand bastion de l’EI en Irak, avec le soutien de la coalition internationale antidjihadistes sous commandement américain.

Unité obstétrique mobile

Après en avoir conquis fin janvier les quartiers orientaux, les forces irakiennes mènent depuis le 19 février une opération sur l’ouest de la ville et se sont déjà emparées de plusieurs secteurs et bâtiments importants, à l’instar du siège du gouvernement de la province de Ninive ou de la gare ferroviaire.

La perte de Mossoul constituerait un revers majeur pour l’organisation ultraradicale sunnite, militairement d’abord, mais aussi en termes d’image. C’est en effet dans cette ville que le groupe a bâti une partie sa mythologie, et de sa propagande, dont l’apparition publique d’Abou Bakr al-Baghdadi en 2014 à la mosquée al-Nouri a été un épisode clef.

Portant une longue barbe grise, en robe et turban noirs, il avait alors appelé tous les musulmans à lui « obéir ».

Alors que les violences ont fait, selon les autorités irakiennes, plus de 150.000 déplacés à Mossoul-Ouest, certaines familles tentaient néanmoins de revenir dans les quartiers repris aux djihadistes dans l’espoir de retrouver, à terme, une vie normale.

« On va retrouver nos maisons », a déclaré l’AFP Samir Hamed, racontant avoir vécu, avant de quitter Mossoul, un enfer. « On était entre la vie et la mort. Il n’y avait rien à manger, rien à boire », a-t-il témoigné.

Face à des populations qui manquent de tout, le Fonds des Nations des nations pour la population (UNFPA) a annoncé dimanche le déploiement à Mossoul-Ouest d’une première unité obstétrique mobile avec salle d’accouchement.

Le Premier ministre irakien s’envole pour Washington

Oendant ce temps, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s’est envolé dimanche pour les États-Unis où il doit rencontrer le président Donald Trump et participer à une réunion de la coalition contre le groupe État islamique (EI), ont indiqué ses services.

Outre M. Trump, Haider al-Abadi doit également s’entretenir avec plusieurs hauts responsables américains, dont le vice-président Mike Pence et le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, selon un communiqué de l’exécutif irakien.

Mercredi, il participera à une réunion ministérielle de 68 pays de la coalition antidjihadistes, alors qu’en Irak, les forces gouvernementales mènent depuis le 17 octobre une vaste offensive pour rependre Mossoul (nord), dernier grand bastion du groupe ultraradical sunnite dans le pays.

Des tensions entre Bagdad et Washington avaient vu le jour après l’instauration fin janvier d’un décret par Donald Trump qui bloquait l’entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, dont l’Irak.

La mesure a été bloquée en justice et un nouveau décret remplaçant le premier a été signé en mars – et bloqué également – par le président américain, mais cette fois les Irakiens ne sont plus concernés par les restrictions d’entrée aux Etats-Unis.

Le fait que les Irakiens ne soient plus visés est « un pas important » qui renforce les relations entre Bagdad et Washington, avait réagi le gouvernement irakien.

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