Conflit israélo-palestinien: l’administration Trump en exploration

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Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington DC, le 2 mars 2015 (Archives/Nicholas Kamm/AFP)

L’administration Trump fait de premiers pas prudents sur le terrain du conflit israélo-palestinien avec la mission de l’envoyé américain Jason Greenblatt qui vise à explorer les possibilités de ranimer l’effort de paix moribond.

M. Greenblatt, assistant de Donald Trump et représentant spécial en charge des négociations internationales, s’est entretenu pendant plus de cinq heures avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lundi à Jérusalem, ont indiqué Israéliens et Américains dans un communiqué commun.

Mardi, c’est au tour de Mahmoud Abbas de recevoir M. Greenblatt à Ramallah, en Cisjordanie occupée, pour ce qui sera le premier face-à-face entre le président palestinien et un représentant de la Maison Blanche.

Auprès de M. Netanyahu, M. Greenblatt a répété l’engagement de M. Trump à assurer la sécurité d’Israël et la volonté du président américain « d’aider Israéliens et Palestiniens à parvenir à une paix durable ».

Cela ne sera possible qu’à travers des « négociations directes », a-t-il ajouté, réitérant implicitement l’opposition de M. Trump à toute solution imposée par la communauté internationale.

M. Greenblatt, avocat pendant deux décennies au sein du groupe Trump, a dans ses attributions les accords commerciaux en tous genres, mais aussi l’insoluble conflit israélo-palestinien.

Avec lui, c’est l’un de ses conseillers « les plus proches », capable de « forger des consensus sur des dossiers difficiles et sensibles », que M. Trump a choisi, selon les mots de ce dernier.

M. Greenblatt aura besoin de ce savoir-faire pour aider M. Trump à réussir là où ses prédécesseurs ont échoué.

L’horizon a rarement paru plus sombre. L’effort de paix est moribond depuis l’échec de la dernière initiative américaine en 2014. Une partie de la communauté internationale s’inquiète qu’il ne faille prononcer l’arrêt de mort de la solution dite à deux Etats.

La création d’un Etat palestinien coexistant en paix avec Israël reste la solution de référence de l’essentiel de la communauté internationale.

M. Trump a semé le trouble en semblant prendre ses distances avec cette solution lorsqu’il a reçu le Premier ministre israélien le 15 février.

Le communiqué publié après la rencontre Netanyahu-Greenblatt n’y fait aucune référence.

‘Voyage d’orientation’

M. Abbas a, pour sa part, réaffirmé son attachement à cette solution lors de son premier entretien téléphonique avec M. Trump vendredi.

Le président américain a alarmé la direction palestinienne par ses déclarations très pro-israéliennes pendant sa campagne, la promesse de déménager l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem et la nomination d’un supporteur de la colonisation comme futur ambassadeur.

La Maison Blanche a aussi mis du temps à réfréner les ardeurs israéliennes quand M. Netanyahu a annoncé plus de 5.000 logements de colonisation en Cisjordanie dans la foulée de l’investiture de M. Trump. Ce dernier a fini par appeler M. Netanyahu à faire « preuve de retenue pour quelque temps ».

Le gouvernement de M. Netanyahu, considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, fait la part belle aux avocats de la colonisation, c’est-à-dire la construction d’habitations civiles israéliennes en Territoires palestiniens occupés. Certains de ses membres prônent ouvertement l’annexion de la Cisjordanie.

La visite de M. Greenblatt coïncide avec les efforts de membres de la majorité israélienne pour faire adopter une loi annexant l’importante colonie de Maale Adoumim en Cisjordanie. M. Netanyahu s’efforcerait de repousser l’examen prévu mardi en commission de ce texte susceptible de causer une première crise avec l’administration Trump.

Après sa rencontre avec M. Trump le 15 février, M. Netanyahu avait indiqué qu’il avait convenu avec l’administration américaine de mettre en place un mécanisme commun pour que la colonisation cesse d’être une pomme de discorde, comme ce fut le cas sous l’administration Obama.

M. Greenblatt est chargé côté américain de la mise en place de ce mécanisme, mais Washington a prévenu qu’il ne fallait pas attendre de résultat spectaculaire de sa mission.

Son déplacement est un « voyage d’orientation », « la première de visites qui s’annoncent nombreuses dans la région », a expliqué le porte-parole du département d’Etat, Mark Toner. M. Greenblatt « sera là-bas pour beaucoup écouter » et « obtenir une bonne perspective sur les moyens d’aller de l’avant », selon lui.

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