Deux soldats canadiens de la Première Guerre mondiale retrouvés en France

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Soldats canadiens dans les tranchées lors de la Première Guerre mondiale. (Bibliothèque nationale de France)

Le ministère de la Défense nationale (MDN) et les Forces armées canadiennes (FAC) ont identifié les ossements d’un soldat de la Première Guerre mondiale découverts dans un champ en périphérie d’Arleux-en-Gohelle, en France, comme étant ceux du sergent James Alexander Milne, du comté de Kincardineshire, en Écosse, qui s’est par la suite installé à Calgary (Alberta). Le sergent Milne était attaché au 10e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien, une unité dont la tradition est perpétuée par The Royal Winnipeg Rifles et par The Calgary Highlanders.

Le MDN et les FAC ont aussi conclu une enquête portant sur une deuxième série d’ossements découverte à environ sept kilomètres du village de Thélus, dans le département du Pas-de-Calais, en France. Selon le résultat des analyses, les ossements seraient ceux d’un soldat canadien de la Première Guerre mondiale dont l’identité ne peut être confirmée à ce moment-ci. Les profils génétiques maternel et paternel relatifs à ces ossements ont été obtenus dans l’espoir de réussir à les identifier.

Alors que nous nous préparons à souligner le 100e anniversaire de la célèbre bataille de la crête de Vimy, le MDN et les FAC ont avisé les membres de la famille du sergent Milne, et Anciens Combattants Canada leur fournit un soutien constant. Le sergent Milne sera inhumé dans un cimetière près d’Arleux-en-Gohelle plus tard cette année par son régiment. Le soldat non identifié sera quant à lui conduit à son dernier repos cette année au cimetière canadien no 2 de Neuville-St. Vaast, en France.

Le Programme d’identification des pertes militaires du MDN vise à identifier les soldats inconnus quand des ossements sont découverts, afin qu’ils puissent être inhumés, avec un nom, par leur régiment et en présence de leur famille. Ainsi, le Programme favorise le maintien d’un sentiment de continuité et d’un sentiment identitaire au sein des FAC et donne l’occasion à tous les Canadiens de réfléchir aux expériences vécues par ces hommes et ces femmes qui ont consentis le sacrifice ultime pour leur pays.

Citations

«Nous sommes reconnaissants envers l’Institut national de recherches archéologiques préventives et le Service archéologique municipal d’Arras de France pour les efforts qu’ils ont déployés, envers la Commonwealth War Graves Commission pour son soutien, et envers l’Institut canadien de conservation pour son ingéniosité. Grâce à tous ces partenaires, nos officiers ont été en mesure d’identifier le sergent Milne, et de conclure l’enquête relative au soldat non identifié trouvé à Thélus. Nous nous souviendrons que ces hommes ont tout donné pour que nous puissions, un siècle plus tard, vivre en paix.», a déclaré le ministre de la Défense Harjit Sajjan.

«À l’instar de trop nombreux soldats ayant combattu en France durant la Première Guerre mondiale, le sergent Milne a donné sa vie en servant le Canada. Le soldat non identifié trouvé à Thélus nous rappelle les nombreux vaillants Canadiens toujours portés disparus ou inhumé sans nom dans la foulée de ce terrible conflit. Nous les conduirons tous les deux à leur dernier repos avec les honneurs qu’ils méritent, et que leur famille mérite en échange de leur sacrifice.», a pour sa part déclaré le ministre des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale, Kent Hehr.

Quant au brigadier-général (ret.) David Kettle, secrétaire général de l’agence canadienne de la Commonwealth War Graves Commission, il a déclaré «La Commonwealth War Graves Commission est honorée d’avoir contribué à la découverte du sergent Milne et de son compatriote non identifié par leur pays, et sera tout aussi honorée plus tard cette année de marquer leur lieu de dernier repos d’une pierre tombale afin que leur sacrifice ne sombre jamais dans l’oubli.»

Faits en bref

Le sergent Milne naît à Gellybrands, Cookney, dans le comté de Kincardineshire, en Écosse, le 10 février 1833. Élevé par sa grand-mère maternelle, il immigre au Canada entre 1905 et 1911. Ouvrier et célibataire, il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien à Calgary (Alberta), le 27 juin 1915, à l’âge de 31 ans. Il sera tué le 28 avril 1917, dans le cadre d’une opération menée contre une position allemande connue sous le nom de boucle d’Arleux, à 34 ans.

Le 13 mai 2013, une équipe d’archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives découvre des ossements avec des artéfacts associés à la Première Guerre mondiale dans un champ en périphérie d’Arleux-en-Gohelle, en France. L’équipe exécutait une fouille archéologique obligatoire de la terre, qui est un champ de bataille connu de la Première Guerre mondiale, avant la construction d’un complexe résidentiel. Les ossements seront par la suite identifiés comme étant ceux du sergent Milne.

Le soldat non identifié est découvert par le Service archéologique municipal d’Arras le 27 septembre 2012, dans le cadre de travaux d’excavation précédant la construction d’un complexe industriel. Retrouvé sans artéfacts permettant de l’identifier personnellement ou d’identifier son unité d’appartenance, mais avec un insigne de métal gravé du mot « CANADA », comme on en portait à l’époque sur les tuniques militaires, il est impossible de l’identifier avec précision. On sait qu’il est l’un des 3 426 soldats canadiens ayant été portés disparus au cours de la campagne de 10 mois à Vimy. Il serait mort entre le 1er novembre 1916 et la fin de juillet 1917.

Dans les deux cas, la Commonwealth War Graves Commission (CWGC) a été avisée et a pris possession des ossements et des artéfacts, les a transportés aux installations de la CWGC à Beaurains, en France, pour les entreposer en lieu sûr.

L’identification du sergent Milne et la conclusion de l’enquête relative au soldat non identifié découlent de l’étude du contexte historique, de l’examen des preuves matérielles et d’une analyse anthropologique médico-légale menée par le Programme d’identification des pertes militaires du MDN. Dans le cas du sergent Milne, la restauration d’une plaque d’identité par l’Institut canadien de conservation a été cruciale dans la réussite de l’enquête.

En ce qui concerne le soldat non identifié, les profils génétiques maternel et paternel et un profil isotopique stable (qui peut aider à déterminer où une personne a grandi et où elle a passé les dernières années de sa vie) ont été recueillis par le Programme d’identification des pertes militaires pour contribuer à une éventuelle identification.

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