Donald Trump et l’affaire russe: ce que l’on sait

0
Montage photo réalisé le 30 décembre 2016 du président élu des Etats-Unis Donald Trump (le 28 décembre 2016 en Floride ) et du président russe Vladimir Poutine ( 23 décembre 2016 à Moscou)(AFP/Archives/DON EMMERT, Natalia KOLESNIKOVA)

Les turbulences de l’affaire russe ont atteint jeudi un autre pilier de l’entourage de Donald Trump, le ministre de la Justice, Jeff Sessions, accusé d’avoir menti sur des contacts passés avec l’ambassadeur russe aux États-Unis.
—–
Mise à jour du 02/03/2017 à 17h00

Le ministre de la Justice américain Jeff Sessions a tenté jeudi d’apaiser la tempête concernant les contacts supposés entre proches de Donald Trump et du Kremlin durant la campagne électorale de 2016, annonçant qu’il se récusait de toute enquête sur les ingérences russes.

—–

Voici ce qu’on sait de cette affaire à ce jour:

Les agences américaines du renseignement ont accusé en octobre la Russie d’avoir piraté et diffusé, pendant la campagne présidentielle, des emails de proches conseillers de la démocrate Hillary Clinton dans le but de la discréditer.

Trois mois plus tard, le 6 janvier, les même chefs espions publient un rapport indiquant que le président russe Vladimir Poutine se trouvait derrière cette interférence.

Le ministère de la Justice, la police fédérale (FBI) et les agences américaines de renseignement continuent d’enquêter sur cette interférence présumée dans la campagne.

Au Congrès, trois commissions du Sénat et une commission de la Chambre des représentants ont aussi lancé des enquêtes sur diverses facettes du scandale.

Ces différentes enquêtes cherchent notamment à savoir si des contacts ont eu lieu entre l’équipe de campagne de M. Trump et des responsables russes avant et après l’élection américaine du 8 novembre, afin de déterminer une éventuelle collusion destinée à influencer le vote.

Plusieurs des proches de M. Trump ont eu, depuis longtemps, des liens d’affaires avec la Russie ou l’ancien gouvernement ukrainien pro-russe. Parmi eux, Paul Manafort, l’ex-président de la campagne de M. Trump, qui a démissionné en août pour cette raison.

La Maison Blanche a démenti avec véhémence des informations du New York Times selon lesquelles trois conseillers de Donald Trump auraient communiqué avec des responsables du renseignement russe.

Michael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a été forcé à la démission, le 13 février, pour avoir eu plusieurs discussions avec l’ambassadeur russe aux États-Unis, Sergueï Kisliak, y compris le jour où le président Barack Obama a annoncé l’expulsion de 35 diplomates russes en représailles à l’interférence de Moscou dans l’élection.

Les enquêteurs cherchent à savoir si M. Flynn a évoqué les sanctions contre Moscou dans ces conversations.

Michael Flynn, qui a conseillé M. Trump pendant la campagne sur les questions de sécurité nationale, a été payé par la Russie pour assister à un gala en 2015 à Moscou, où il était assis à côté de Vladimir Poutine.

Jeudi, les chefs démocrates ont réclamé que le ministre de la Justice démissionne lui aussi pour avoir caché ses contacts avec le même ambassadeur lors de son audition de confirmation au Sénat.

En tant que ministre de la Justice, Jeff Sessions supervise le FBI et donc les diverses enquêtes sur ces affaires russes.

Dans l’hypothèse où M. Sessions ferait lui-même l’objet d’un enquête, des élus des deux camps l’ont appelé à se récuser et se déclarer incompétent sur ce dossier. Le ministre a déclaré jeudi qu’il le ferait « lorsque cela sera adéquat ».

Les démocrates craignent que les républicains, qui contrôlent le Congrès, n’étouffent ces enquêtes pour protéger le président américain.

Plusieurs d’entre eux ont appelé à lancer une enquête bipartite indépendante sur l’interférence de Moscou dans la campagne.

Cela nécessiterait la nomination d’un procureur indépendant, la création d’une commissions bipartite d’experts sans liens avec le gouvernement ou une commission au Congrès.

Les enquêteurs pourraient aussi chercher à déterminer les liens financiers présumés de Donald Trump avec la Russie ou à confirmer d’autres allégations non vérifiées contenues dans un dossier rédigé par un ancien espion britannique.

Mais les républicains ont jusqu’à présent refusé d’aller au-delà des enquêtes en cours au sein des commissions parlementaires.

Les commentaires sont fermés.