«Grenade verte» de 1974: compensation financière et soutien médical pour les victimes de l’explosion accidentelle

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Des cadets lors du camp d’été sur la base de Valcartier. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Près de 43 ans après l’explosion accidentelle d’une grenade au camp des cadets de Valcartier, qui a tué six adolescents et blessé des dizaines d’autres, le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan a annoncé aujourd’hui la mise en œuvre d’un programme complet de compensation financière et de soutien en matière de soins de santé pour l’ensemble des victimes.

«Les cadets et les familles touchés par cet incident sont les victimes d’un concours de circonstances exceptionnel et tragique. Ces anciens cadets étaient sous notre responsabilité à ce moment-là et certains ont souffert – et souffrent encore aujourd’hui – des effets à long terme de ce traumatisme et des mesures prises par les forces militaires au lendemain de l’incident. Nous nous en excusons sincèrement. La compensation financière et le soutien médical que nous annonçons aujourd’hui auraient dû l’être il y a longtemps. Ces mesures nous permettront de nous assurer que les victimes ont finalement droit à un certain réconfort et qu’elles obtiennent les soins dont elles ont besoin et qu’elles méritent», a déclaré Harjit Sajjan, ministre de la Défense nationale, lors d’une conférence de presse tenue en début d’après-midi au foyer de la Chambre des Communes, à Ottawa.

Le peloton de cadets âgés entre 14 et 15 ans qui allait être dévasté en juillet 1974 par l’explosion d’une grenade pendant un cours sur la sécurité et les explosifs.

Le 30 juillet 1974, lors d’une leçon sur l’emploi sûr d’explosifs et de pièces pyrotechniques, une grenade M-61 a explosé dans une salle de classe improvisée dans laquelle étaient entassés plus de cent adolescents qui participaient au camp d’été des cadets de Valcartier. L’explosion accidentelle le grenade tua six cadets et en a blessé des douzaines d’autres.

En juillet 2015, le ministre de la Défense nationale s’était engagé à veiller à ce que les personnes touchées aient accès aux soins de santé et à des indemnités appropriés. Par la suite, des discussions avec les victimes de cet incident, et leurs représentants, ont été menées dans le but d’arriver à un programme à l’intention des personnes touchées qui est acceptable pour toutes les parties concernées.

Le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes reconnaissent que ceux qui ont été affectés par cette terrible tragédie doivent composer avec les effets à long terme du traumatisme qu’ils ont subi sur leur état de santé et «regrettent» qu’il ait fallu «autant de temps pour reconnaître officiellement cette tragédie et agir en conséquence».

En reconnaissance de «leur douleur et de leur souffrance», tous les cadets qui se trouvaient dans la salle au moment de l’explosion et tous les secouristes non professionnels qui sont intervenus immédiatement après l’explosion recevront un paiement de secours universel de 42 000 $. On estime qu’environ 155 personnes sont admissibles à ce paiement. Les successions des six cadets qui ont péri tragiquement lors de l’incident et des anciens cadets qui sont décédés dans les années suivant l’incident peuvent aussi obtenir ce paiement de secours.

En reconnaissance des pertes subies, un paiement de secours supplémentaire de 58 000 $ sera remis aux successions des six cadets décédés lors de l’incident – pour un paiement total de 100 000 $ pour chacune des six successions.

Les victimes ont aussi la possibilité de présenter une demande en vue d’obtenir un paiement de secours individualisé pour compenser les blessures physiques et mentales liés à l’incident. Le montant de ce paiement sera fixé en tenant compte de la situation personnelle de chacun jusqu’à un maximum de 310 000 $ (incluant le paiement de secours universel).

Les successions des cadets qui ont péri tragiquement lors de l’incident et des victimes qui sont décédées depuis sont aussi admissibles à présenter une demande relativement à certains volets du programme.

De plus, tous les frais médicaux liés à l’incident non couverts par les régimes d’assurance maladie provinciaux qui sont encourus par les anciens cadets qui se trouvaient dans la salle au moment de l’explosion et des secouristes non professionnels qui sont intervenus immédiatement après l’explosion seront couverts par le le MDN et les FAC, et ce, pour le reste de leur vie. Cela inclut les traitements médicaux, les médicaments sur ordonnance, les traitements de physiothérapie, les soins psychologiques, les prothèses, les accessoires médicaux et les autres matériaux liés à la santé faisant partie du plan de soins de santé de la personne concernée et qui ont été préapprouvés par le personnel médical des FAC.

On offre également du soutien par les pairs et une formation sur la résilience à ceux qui désirent obtenir des services supplémentaires de la part des FAC, qui sont désormais accessibles à leur conjoint et à leurs enfants. Les frais de déplacement raisonnables seront remboursés dans les cas où il est nécessaire de se déplacer pour se prévaloir de ces services.

Résumé des dédommagements qui seront offerts aux victimes de l’accident de 1974. (45eNord.ca)

De son côté, le vice-amiral Ron Lloyd, vice-chef d’état-major de la Défense par intérim, indique vouloir s’assurer que «les victimes de ce tragique incident du passé sont bien traitées et reconnues pour la douleur et la souffrance qu’elles ont endurées. À la suite de l’incident, le programme des cadets a été remanié en profondeur. Je peux vous assurer que les Forces armées canadiennes prennent très au sérieux leur responsabilité de protéger les jeunes dont elles ont la charge, et que la priorité absolue de toutes les activités des cadets est la protection et le bien-être de tous.»

Tant le ministère que les Forces armées continuent d’inciter les anciens cadets qui se trouvaient dans la salle au moment de l’explosion et les secouristes non professionnels qui sont intervenus immédiatement après l’explosion à communiquer avec eux: 1-844-800-8566 ou 1974@forces.gc.ca.

Ce n’est toutefois pas tout le monde qui pourra avoir droit à ces compensations, puisque les premiers répondants professionnels, comme ceux qui travaillaient pour les Forces armées canadiennes, doivent passer par Anciens Combattants Canada pour pouvoir prétendre à un des programmes. L’examen se fera au cas par cas. De plus, ils sont plusieurs ex-cadets à ne pas reconnaître la négociation qui a été faite avec le gouvernement pour arriver à ce résultat. Plusieurs d’entre eux n’ont en effet jamais pu avoir la reconnaissance de leurs blessures n’ayant pas de médecin habilité à remplir des formulaires du ministère.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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