Irak: résistance farouche des djihadistes de l’EI à Mossoul-ouest

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Des membres des forces irakiennes dans le sud de Mossoul, le 13 janvier 2017. (AFP/Mahmoud AL-SAMARRAI)

Les combattants du groupe djihadiste État islamique continuent d’opposer une résistance farouche aux forces irakiennes engagées pour reprendre la partie ouest de Mossoul, bastion de l’EI.

Plus de 28.000 personnes ont fui les combats à Mossoul-Ouest depuis le début il y a 10 jours de l’opération contre l’EI lancée par les forces irakiennes.

« Nous n’avons pratiquement rien mangé en quatre jours », a témoigné mercredi Widaa, une jeune femme de 20 ans ayant réussi à s’enfuir de la ville assiégée.

Elle fait partie des quelque « 28.400 habitants de Mossoul-Ouest déplacés depuis le début de l’offensive » le 19 février, a indiqué mercredi dans un communiqué le bureau de l’ONU coordonnant l’aide humanitaire à Mossoul, la grande ville du nord de l’Irak.

Ce chiffre ne représente qu’une petite partie des quelque 750.000 habitants de la partie ouest de la deuxième ville irakienne, mais selon les prévisions, il devrait fortement augmenter dans les prochains jours et semaines.

Les autorités de Bagdad avaient reconquis le 24 janvier les quartiers de la partie Est de la ville coupée en deux par le fleuve Tigre. Les forces du gouvernement sont appuyées par la coalition internationale antijihadistes sous commandement américain.

Une reprise totale de Mossoul, le dernier grand fief du groupe Etat islamique (EI) en Irak, porterait un coup très dur à cette organisation djihadiste responsable d’atrocités en Irak et en Syrie mais aussi dans d’autres pays.

Prise d’un quartier

Certains déplacés prennent de grands risques en cherchant à fuir les combats qui s’intensifient au fur et à mesure de l’avancée des forces irakiennes vers le centre de Mossoul, en particulier sa vieille ville.

Les balles des tireurs embusqués représentent un grand danger pour les civils à Mossoul, a indiqué Kathy Bequary, la directrice de NYC Medics, un groupe apportant des secours d’urgence dans une clinique mobile aux abords de cette ville du nord de l’Irak.

« Nous avons affaire à de nombreuses blessures graves provoquées par des snipers », explique-t-elle à l’AFP. « La plupart de nos patients sont des combattants, mais les civils sont également affectés. Il y a deux jours, nous avons soigné une famille –la mère, le père, le fils et la fille– qui tentait de fuir Mossoul et qui a été visée par des snipers », indique Mme Bequary.

« La fillette de cinq ans a été touchée au bassin. Elle était dans un état très, très critique », ajoute-t-elle.

Sur le front, les forces du contre-terrorisme (CTS) ont repris mercredi le quartier résidentiel d’al-Maamoun (ouest), a indiqué le Commandement irakien des opérations conjointes.

Plus tôt, un haut commandant des CTS, le général Abdel Ghani al-Assadi, a affirmé que les jihadistes opposaient une résistance « farouche » dans le sud-ouest de la ville.

‘À portée de tir’

Parallèlement à cette avancée, les forces irakiennes ont dit contrôler la route reliant l’ouest de Mossoul à la ville de Tal Afar, également tenue par l’EI, isolant un peu plus les djihadistes.

Couper cet axe permettrait d’empêcher les jihadistes se trouvant encore à Mossoul-Ouest de se ravitailler ou de fuir au fur et à mesure que les forces irakiennes avancent dans leur offensive.

L’EI s’était emparé de Mossoul en juin 2014 lors d’une offensive éclair qui lui avait permis de contrôler de vastes territoires en Syrie et en Irak. Il a depuis perdu une grande partie de ces zones.

Selon des estimations américaines, il resterait quelque 2.000 jihadistes à Mossoul-Ouest. Ces combattants peuvent infliger de fortes pertes en recourant à leurs actions de guérilla habituelles, comme les explosions d’engins piégés et les attentats suicide.

L’EI aurait encore par ailleurs entre 12.000 à 15.000 combattants en Irak et en Syrie, selon le général américain Stephen Townsend, qui commande à Bagdad les forces de la coalition.

Selon le général Townsend, des avions du régime syrien et des avions russes ont bombardé par erreur mardi des villages tenus par des groupes arabes alliés de la coalition près d’Al-Bab, dans le nord de la Syrie.

Le ministère russe de la Défense a démenti cette affirmation. « Il n’y a eu aucune frappe menée par l’aviation syrienne ou russe sur les endroits désignés par les Américains », a déclaré le ministère.

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