Irak: un tiers de Mossoul-Ouest repris aux djihadistes de l’EI

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Une position tenue par les forces kurdes, près de Mossoul, dans le nord irakien, le 20 février 2017. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Les forces irakiennes ont repris plus d’un tiers de la partie ouest de Mossoul aux djihadistes du groupe État islamique (EI) depuis le lancement de leur vaste offensive mi-février, selon un haut responsable militaire.

« Plus d’un tiers de la rive droite (ouest) se trouve sous le contrôle de nos unités », a affirmé dimanche à l’AFP le général Maan al-Saadi, des forces d’élite du contre-terrorisme (CTS).

Mais si la résistance djihadiste faiblit, les responsables militaires préviennent que des combats acharnés sont encore à venir pour reconquérir la totalité de la deuxième ville d’Irak.

« Nous combattons un ennemi aux méthodes irrégulières, qui se cache au milieu des citoyens et utilise des engins explosifs, des snipers et des kamikazes. Or l’opération vise justement à préserver la vie des citoyens », a expliqué à l’AFP le général Yahya Rasool, porte-parole du commandement des opérations conjointes.

Cette résistance devrait être particulièrement forte dans la vieille ville, un quartier aux rues étroites où des centaines de milliers de civils sont toujours pris au piège.

Des unités d’intervention rapide et la police fédérale attaquaient dimanche la zone de Bab al-Toub, près de la vieille ville, tandis que les CTS combattaient dans les quartiers al-Jadida and Al-Aghawat.

Ces forces progressent à partir du sud et ont repris plusieurs quartiers à l’EI depuis le lancement, le 19 février, de leur opération d’envergure pour reprendre la partie ouest.

Progression laborieuse

Mais cette progression demeure laborieuse. Car « nous ne pouvons pas laisser des poches (de djihadistes) derrière nous. Il nous faut donc prendre le contrôle des zones, traquer les djihadistes, désamorcer (les bombes), contrôler les citoyens présents avant de pouvoir poursuivre notre progression », explique le général Saadi.

L’offensive sur Mossoul-Ouest est la seconde grande phase de l’opération lancée le 17 octobre par les forces irakiennes. Appuyées par la coalition internationale sous commandement américain, celles-ci avaient annoncé fin janvier la « libération » de la partie orientale.

Mossoul avait été conquise en juin 2014 par le groupe ultraradical sunnite au cours d’une offensive éclair qui lui avait permis de s’emparer de vastes pans du territoire irakien à l’ouest et au nord de Bagdad.

Engagées dans l’offensive antidjihadiste à l’ouest de Mossoul, des membres des Hachd al-Chaabi, des forces paramilitaires irakiennes dominées par des milices chiites, ont annoncé samedi avoir découvert un charnier dans la prison de Badouch, près de Mossoul.

La fosse commune, contenant les corps de centaines de personnes exécutées par l’EI, s’ajoute à plusieurs autres déjà découvertes par les forces irakiennes ces derniers mois.

Rappel des principales étapes de l’offensive lancée en octobre 2016 par les forces irakiennes pour chasser le groupe jihadiste Etat islamique (EI) de Mossoul, son plus important fief en Irak.

– Début de l’offensive –

– 17 oct 2016: Les forces irakiennes lancent une vaste opération pour reconquérir la deuxième ville d’Irak où l’EI avait proclamé son califat en juin 2014.

Quelque 30.000 membres de l’armée, la police et le contre-terrorisme sont impliqués dans cette bataille, avec le soutien de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

Fin octobre, l’armée reprend la ville chrétienne de Qaraqosh, à une quinzaine de km après 27 mois d’occupation jihadiste. En deux semaines, des dizaines de localités sont reprises.

– Entrée dans Mossoul –

– 1er nov: L’armée annonce être entrée à Mossoul pour la première fois depuis juin 2014, par l’est.

– 3 nov: Le chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, sort d’un an de silence pour exhorter ses troupes à lutter jusqu’au martyre pour défendre Mossoul.

– 8 nov: Les peshmergas, combattants kurdes irakiens, annoncent avoir repris Bachiqa, à une douzaine de km au nord-est.

– 13 nov: Les forces irakiennes reprennent le site antique de Nimrod, un joyau de l’Antiquité, à une trentaine de km.

– 23 nov: A l’ouest, les forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi (Mobilisation populaire), dominées par les milices chiites, annoncent avoir coupé la voie d’approvisionnement de l’EI entre Mossoul et Raqa, son fief en Syrie à quelque 400 km.

– 29 déc: Après une pause de deux semaines, les forces irakiennes lancent la « deuxième phase » de leur offensive pour reprendre la partie orientale de Mossoul. Elles se heurtent à une forte résistance des jihadistes, qui mènent des attentats suicide à la voiture piégée.

– 4 jan 2017: La coalition internationale a doublé à environ 450 le nombre de conseillers militaires.

– Mossoul-Est libéré –

– 8 jan: Les forces d’élite atteignent pour la première fois le Tigre depuis l’est.

– 14 jan: Les forces irakiennes reprennent l’université. Le 16, le porte-parole du service de contre-terrorisme irakien (CTS), fer de lance de l’offensive, annonce la reprise du tombeau de Jonas, important sanctuaire du pays détruit par les jihadistes en 2014.

– 24 jan: Les forces irakiennes annoncent avoir « totalement libéré » la partie est de Mossoul.

– Offensive sur Mossoul-Ouest –

– 24 jan: L’ONU affirme que quelque 750.000 civils habitant dans l’ouest de Mossoul sont confrontés à « un risque extrême ».

– 19 fév: Le Premier ministre Haider al-Abadi annonce le lancement de l’offensive pour reprendre l’ouest.

– 20 fév: Le nouveau secrétaire américain à la Défense Jim Mattis effectue sa première visite à Bagdad. Les forces irakiennes reprennent le village d’Al-Bousseif que l’EI utilisait comme base principale au sud.

– 24 fév: Les forces irakiennes entrent dans l’ouest après avoir reconquis l’aéroport désaffecté et la base proche de Ghazlani.

– 27 fév: Elles prennent le contrôle du 4e pont sur le fleuve Tigre, le plus au sud des cinq ponts partiellement détruits par les raids aériens ou les actes de sabotage de l’EI.

– 7 mars: Les forces gouvernementales reprennent des bâtiments importants comme le siège du gouvernement de la province de Ninive, ainsi que le musée vandalisé par les Djihadistes.

– 12 mars: Elles ont repris plus d’un tiers de la partie ouest, indique un haut responsable militaire.

Nombreux morts à Damas

En Syrie voisine, où l’EI est également sur le recul, la vieille ville de Damas a été frappée samedi par un double attentat meurtrier qui n’avait pas été revendiqué dimanche à la mi-journée.

Dimanche, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état d’un nouveau bilan de 74 tués, dont 43 pèlerins chiites irakiens, au moins huit enfants, 11 civils syriens et 20 combattants syriens prorégime.

L’attaque est l’une des plus sanglantes à frapper la capitale syrienne en six ans de guerre.

Le ministère irakien des Affaires étrangères a rejeté la responsabilité de l’attaque sur les groupes « takfiris », en référence aux extrémistes sunnites.

Ces dernières années, plusieurs attentats meurtriers ont visé Sayeda Zeinab, un haut lieu de pèlerinage chiite au sud de Damas. La plupart ont été revendiqués par des groupes jihadistes hostiles à l’Iran et au mouvement chiite libanais Hezbollah, principaux alliés du régime du président syrien Bachar al-Assad.

Trois forces sont actuellement engagées dans le nord de la Syrie, près du fief jihadiste de Raqa: les troupes turques et leurs alliés rebelles syriens, les forces du régime appuyées par la Russie ainsi qu’une alliance arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis, les Forces démocratiques syriennes (FDS).

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