Le Canada dénonce les violations des droits de l’homme en Crimée

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De jeunes cosaques criméens au garde-à-vous devant la statue de Lénine dans le centre de Simferopol le 9 décembre 2014. ( Max Vetrov/AFP)

La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland a dénoncé jeudi les atteintes « aux droits de la personne » en Crimée, depuis son « annexion illégale » par la Russie.

« Trois années se sont écoulées depuis l’annexion illégale et l’invasion de la Crimée par la Russie » et depuis « les droits de la personne, notamment la liberté d’expression et d’association, sont gravement réprimés », a indiqué Mme Freeland.

« Il est honteux que la Russie empêche des groupes internationaux de défense des droits de la personne (…) d’avoir accès à la Crimée », a estimé la ministre.

D’origine ukrainienne et ancienne journaliste financière à Moscou, Mme Freeland est la cible des sanctions russes depuis 2014 et sa participation, en tant que députée, à une manifestation pro-Ukraine.

Selon la ministre, ces manquements aux libertés en Crimée « pour des motifs politiques » se traduisent « par les détentions arbitraires, les disparitions ou la persécution des Tatars de Crimée et d’autres minorités ».

Chrystia Freeland a dénoncé, dans un communiqué, « le harcèlement constant » en Crimée « des avocats, des journalistes et des militants qui défendent les droits de la personne ».

Péninsule stratégique sur la mer Noire, la Crimée a été annexée par la Russie en mars 2014 après une intervention militaire suivie d’un référendum de rattachement dénoncé comme illégal par Kiev et les Occidentaux.

Le Canada, comme d’autres pays occidentaux, a pris à plusieurs reprises des sanctions contre des intérêts ou des personnalités russes.

Washington veut la « fin immédiate » de l’annexion russe

Par ailleurs, États-Unis ont renouvelé jeudi leur condamnation de l’occupation de la Crimée par la Russie et demandé à ce que cette annexion prenne fin immédiatement, a indiqué le porte-parole du Département d’État.

« La Crimée fait partie de l’Ukraine. Les Etats-Unis condamnent une nouvelle fois l’occupation russe de la Crimée et appellent à sa fin immédiate », a écrit Mark Toner, dans un communiqué. « Nos sanctions liées à la Crimée resteront en place jusqu’à ce que la Russie rende le contrôle de la péninsule à l’Ukraine ».

Péninsule stratégique sur la mer Noire, la Crimée a été annexée par la Russie en mars 2014 après une intervention militaire suivie d’un référendum de rattachement le 16 mars, qui a été dénoncé comme illégal par Kiev et les Occidentaux.

Les États-Unis, a relevé le Département d’État, « ne reconnaissent pas » ce référendum, « pas plus que la tentative d’annexion de la Crimée ni la violation persistante du droit international ».

Washington a également dénoncé « la campagne pour supprimer la dissidence » menée par la Russie depuis trois ans en Crimée, relevant que des minorités ethniques, des militants pro-ukrainiens et des journalistes indépendants « étaient visés par des persécutions aux motivations politiques et étaient confrontés à une répression permanente ».

« Nous exhortons la Russie à mettre un terme à ses tentatives de supprimer la liberté d’expression, de réunion pacifique, d’association et de religion », a poursuivi M. Toner.

Cette annexion a provoqué les plus vives tensions entre les Occidentaux et la Russie depuis la fin de la Guerre froide. En rétorsion, les États-Unis et l’Union européenne ont imposé à Moscou une vague de sanctions économiques, qui sont toujours en vigueur.

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