Le Canada gravement préoccupé par l’escalade de violence en RDC où la situation s’envenime

Des soldats des FARDC saluent une patrouille de la MONUSCO dans l’est de la République démocratique du Congo (Sylvain Liechti/MONUSCO)
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Des soldats des FARDC saluent une patrouille de la MONUSCO dans l’est de la République démocratique du Congo en 2015. (Archives/Sylvain Liechti/MONUSCO)

Le Canada, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a déclaré aujourd’hui s’inquiéter grandement de l’escalade de violence et de la dégradation de la situation politique en République démocratique du Congo (RDC).

« Je suis horrifiée par la violence incessante qui règne dans les provinces du Kasaï, notamment par les informations diffusées récemment sur la décapitation de policiers victimes d’une embuscade, et sur la découverte des restes des deux enquêteurs des Nations Unies disparus, et de leur traducteur congolais. Nos pensées vont vers les familles des victimes. », a déclaré la ministre Freeland.

Les deux experts missionnés par le secrétaire général de l’ONU, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan, avaient été enlevés le 12 mars avec quatre Congolais dans la province du Kasaï-central, secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août 2016 lors d’une opération militaire.

L’annonce de la mort des experts est intervenue juste après que la police congolaise eut accusé les miliciens Kamwina Nsapu d’avoir massacré 39 de ses agents dans une « embuscade ».

Et à l’ONU, le vote du Conseil de sécurité des Nations unies sur le renouvellement du mandat de la Monusco, qui devait avoir lieu mercredi, a été reporté à jeudi ou vendredi alors que la situation du pays, en proie à une crise politique, sécuritaire, économique et sociale inquiète la communauté internationale.

La Monusco est la plus grosse mission de maintien de la paix des Nations Unies avec 19.000 soldats, policiers et observateurs militaires déployés dans le pays, dont environ 200 seulement au Kasaï, région grande comme l’Italie, où l’ONU a recensé 10 fosses communes présumées liées aux violences qui la secouent depuis septembre et qui ont fait des centaines de morts.

La rébellion Kamwina Nsapu a été accusée par l’ONU de recruter des enfants et d’avoir commis de nombreuses atrocités. En face, les forces de l’ordre se voient reprocher par l’ONU de faire un usage disproportionné de la force contre des miliciens armés essentiellement de bâtons et de lance-pierres.

« Nous condamnons ces actes violents et demeurons vivement préoccupés par la réapparition de la violence et les violations des droits de la personne dans le pays ces derniers mois. », a déclaré la chef de la diplomatie canadienne, ajoutant qu' »Un dialogue entre le gouvernement et l’opposition s’impose plus que jamais, de même qu’une enquête sur les violations des droits de la personne afin que les auteurs soient tenus responsables de leurs actes. »

« Nous nous joignons aux appels de la communauté internationale pour que toutes les parties en RDC mettent pleinement en œuvre l’accord politique facilité par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) le 31 décembre 2016. Cet accord prévoit la nomination d’un premier ministre issu de l’opposition et la prise de mesures permettant la tenue d’élections anticipées, conformément aux modalités de l’accord. »

Le Canada est présent en RDC avec l’opération Crocodile, la contribution militaire canadienne à la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

Les membres des la force opérationnelle canadienne en RDC sont des militaires ayant de l’expérience dans des domaines comme les opérations, la liaison et l’instruction. Ils sont répartis entre le quartier général de la MONUSCO à Kinshasa et le quartier général avancé à Goma, respectivement à environ 900 et 600 km de la province rebelle.

*Avec AFP