Le directeur du SCRS, Michel Coulombe, prend sa retraite, la menace terroriste demeure

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Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité, Michel Coulombe, devant le comité sénatorial de la sécurité publique, le 9 mars 2015. (ParlVU)

C’est officiellement confirmé, après l’annonce le 6 mars de la retraite du chef de la GRC, Bob Paulson, au tour d’un autre acteur névralgique en matière de sécurité nationale, le directeur Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) Michel Coulombe, de confirmer son départ à la fin de mai 2017, non sans mettre une dernière fois en garde contre la menace terroriste qu’il estime toujours aussi préoccupante.

Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Michel Coulombe, a déclaré aujourd’hui qu’il a annoncé « aux employés[qu’il prendra sa] retraite à la fin de mai 2017 en tant que directeur du Service canadien du renseignement de sécurité »: « Après 36 ans au sein du gouvernement fédéral, dont plus de 30 ans au SCRS, le temps est arrivé pour moi de passer à une autre étape de ma vie avec ma famille. »

« Ce fut un honneur de travailler avec les professionnels dévoués de l’appareil de la sécurité nationale et un privilège d’être au service de la population canadienne. », a ajouté Michel Coulombe en remerciant « tous les employés du SCRS pour leur soutien et le travail qu’ils accomplissent chaque jour pour assurer la sécurité de notre pays. »

Premier directeur issu des rangs du service

En octobre 2013, Michel Coulombe est devenu le huitième directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Une nomination qualifiée pat certains d’historique, car c’est la première fois que le directeur est issu des rangs du Service.

Titulaire d’un baccalauréat ès sciences (génie) de l’École Polytechnique de l’Université de Montréal, il est entré au SCRS à titre d’agent de renseignement en 1986, soit deux ans après la création de l’organisation.

Avant sa nomination au poste de directeur, M. Coulombe a été sous-directeur des Opérations (SDO) de 2010 à 2013. Il supervisait alors l’ensemble des activités opérationnelles du Service.

Avant d’assumer les fonctions de sous-directeur des Opérations il a occupé deux autres postes au sein de la haute direction: le poste de directeur adjoint de la Collecte à l’étranger (DAE), où il supervisait les activités opérationnelles du Service à l’étranger, et celui de directeur adjoint du Renseignement (DAR), où il était responsable de l’analyse du renseignement et du programme de filtrage de sécurité.

Il a également travaillé dans les bureaux régionaux du SCRS, où il a assumé notamment les fonctions de directeur général de la Région du Québec, sa province d’origine.

La menace terroriste fut sa principale préoccupation

La menace terroriste a pris toujours de plus en plus de place dans le travail de Michel Coulombe « Je fais de l’insomnie depuis 27 ans » avait-il affirmé devant un comité sénatorial en 2014, au sujet de « la radicalisation des jeunes Canadiens, qui ensuite planifient de poser des actes ici  », allant jusqu’à déclarer qu' »Il s’agit là assurément d’un des phénomènes qui me tracassent au point de troubler mon sommeil ».

Malgré la Loi antiterroriste de 2015 qui a donné de nouveaux pouvoirs au SCRS, lui permettant de sortir de son simple rôle de collecteur de renseignements pour intervenir directement pour faire échouer des projets d’attentats, par exemple en bloquant une transaction financière ou en annulant un billet d’avion, la menace terroriste demeure alors que le directeur du SCRS s’apprête à quitter son poste.

Les extrémistes violent restent la principale menace

Le dernier rapport annuel du SCRS signé Michel Coulombe, publié le 28 février, affirmait sans détour que « les extrémistes violents susceptibles d’être encouragés à perpétrer un attentat au Canada demeurent la principale menace terroriste qui plane sur le Canada », soulignant que « Les idéologies extrémistes violentes auxquelles souscrivent des groupes terroristes comme Daech et al-Qaïda continuent de séduire certaines personnes au Canada. »

Avec l’EI qui perd de plus en plus de terrain en Syrie et en Irak, les combattants étrangers qui rentrent en Occident pour en radicaliser d’autres, collecter des fonds et planifier des attaques au Canada « représentent une menace potentielle », avait-t-il souligné. À la fin de 2016, 60 «extrémistes» étaient rentrés au Canada et 180 ayant «un lien avec le Canada» sont restés actifs à l’étranger, selon le rapport.

Répondant à ceux qui estimaient que la loi de 2015 donnait trop de pouvoir au SCRS, Michel Coulombe rappelait que « la Loi sur le Service canadien du renseignement de sécurité a maintenant plus de 30 ans et s’avère parfois dépassée en ce qui a trait aux affaires mondiales, aux profils de menaces, à la technologie et aux attentes du public en rapide évolution ».

Après toutes ces années, Michel Coulombe trouvera peut-être le sommeil, mais rien n’est moins sûr.

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