«Marines United»: photos de Marines féminins nues et commentaires salaces sur Facebook

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Des Marines américains avec la compagnie Alpha, Bataillon d’infanterie de formation, École d’infanterie-Est, au Camp Geiger, N.C., le 1er août 2014.
(Archives/Lance Cpl Nicholas Trager/USMC)

Le Pentagone enquête sur plusieurs membres du corps des Marines qui auraient publié des photographies de leurs consœurs ou d’autres femmes nues, dont certaines prises à l’insu des sujets, et posté ces photos et les liens vers ces photos sur la page Facebook Marines United, une page « fermée » (membres seulement) qui compte environ 30 000 abonnés.
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Mise à jour du 10/03/2017 à 17h30

Le Pentagone appelle les soldats à dénoncer les sites de photos salaces de consœurs, demandant vendredi aux militaires de signaler à leur hiérarchie toute plateforme de partage de photos dénudées de femmes militaires, postées à leur insu, suite à un scandale qui secoue le corps des Marines.

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Marines United regroupe des Marines mâles toujours en service actif ou à la retraite, des membres des forces navales et des Royal Marines britanniques.

Certaines des femmes à divers stades de nudité dont les photos ont été publiées sont non identifiées, mais plusieurs autres, plus de deux dizaines de femmes en service actif en fait, sont identifiées par leur nom et leur grade. L’endroit où la photographie a été prise est également révélé. En outre, plusieurs photographies ont été accompagnées de commentaires salaces, voire obscènes au sujet de certaines de ces femmes, ont aussi indiqué les autorités.

Ces images ont été retirées depuis et l’enquête a été confiée au Service des enquêtes criminelles de la Marine. Les autorités invitent les membres du service et les civils qui veulent signaler un crime ou transmettre des informations sur Marines United à communiquer avec le Naval Criminal Investigative Service (NCIS). Si un Marine croit qu’il / elle est victime d’un crime il / elle peut aussi communiquer avec l’aumônier ou un conseiller juridique pour les victimes, indique aussi le Corps des Marines.

On ignore pour l’instant le nombre de Marines et de membres d’autres corps en service actif qui font l’objet de l’enquête. Un officier des Marines cité par l’agence américaine Associated Press et parlant sous le couvert de l’anonymat, a dit qu’au moins un contractuel avait perdu son emploi après avoir publié un lien vers les photographies.

« Le Corps des marines est profondément préoccupé par les allégations concernant des commentaires dérogatoires en ligne et le partage de photos salaces sur Marines United, un site fermé. Ce comportement détruit le moral, érode la confiance et dégrade l’individu. Le Corps des marines ne tolère pas ce genre de comportement, qui porte atteinte à ses valeurs fondamentales. », a déclaré le Corps des Marines par voie de communiqué.

Le commandant en chef du Corps des Marines, le général Robert B. Neller, a quant à lui refusé de commenter directement l’enquête en cours, mais a déclaré que « quiconque s’en prend, d’une manière inappropriée, sur Internet ou ailleurs, à un Marine, est répugnant et fait preuve d’un manque de respect ».

Le général Neller a également insisté à cette occasion dans son récent Message à la Force, pour dire que le succès du Corps des Marines au combat dépend de la confiance, du respect mutuel et du travail d’équipe.

Cet épisode n’est pas sans nous rappeler nos propres problèmes d’inconduite sexuelle, ici au Canada. Deux pays, deux armées, mêmes problèmes et mêmes réponses ?

« Le Corps des Marines prend toutes les allégations d’inconduite au sérieux. Les allégations d’inconduite font l’objet d’une enquête approfondie et sont traitées au tribunal judiciaire ou administratif compétent. Un Marine pourrait être accusé(e) d’avoir violé l’article 133 (pour les officiers) ou l’article 134 du Code uniforme de justice militaire (UCMJ). », précise le communiqué du Corps des Marines, qui ajoute que « Si un Marine a partagé une photo d’une autre personne qui a été prise sans le consentement de cette personne et dans des circonstances dans lesquelles cette autre personne avait une attente raisonnable en matière de vie privée, le Marine peut avoir violé l’article 120c de l’UCMJ sur la diffusion et la distribution d’un enregistrement visuel indécent. »

Un Marine qui participe directement, encourage ou tolère de telles actions pourrait également faire l’objet de poursuites pénales ou d’actions administratives défavorables, met aussi en garde le Corps des Marines.

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