Montréal: menace contre des étudiants musulmans et alerte à la bombe à l’université Concordia

L’Université Concordia, à Montréal (Photo: AIEQ)
L’Université Concordia, à Montréal (Photo: AIEQ)
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L’Université Concordia, à Montréal (Photo: AIEQ)
L’Université Concordia, à Montréal (Photo: AIEQ)

Des menaces contre des étudiants musulmans ont forcé mercredi l’évacuation de près de 4.000 personnes de l’université Concordia à Montréal, au centre de l’agglomération québécoise.
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Mise à jour du 02/03/2017 à 17h12

Un homme de 47, Hisham Saadi, a été arrêté dans la nuit du jeudi 2 mars vers 1 h 30 en lien en lien avec la fausse alerte à la bombe à l’Université Concordia. Il fera face à trois chefs d’accusation de nature criminelle: incitation à craindre des activités terroristes, menaces de provoquer la mort et avoir provoqué la perte de jouissance des lieux.

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Dans un courriel adressé à l’université et à des médias locaux, un groupe se présentant comme le « Conseil des citoyens conservateurs du Canada » a menacé de faire exploser plusieurs « petits engins artisanaux » dans les locaux de l’université en signe de protestation contre la présence d’étudiants musulmans.

« Maintenant que le président Trump est en poste au sud de la frontière, les choses ont changé. Nous ne tolérerons plus votre comportement », a écrit ce groupuscule en référence aux étudiants musulmans, dans son courriel de menaces obtenu par l’AFP.

Trois pavillons de l’université ont été évacués dès 11H30 (16H30 GMT), a indiqué Christine Mota, porte-parole de l’université anglophone.

Les forces de l’ordre ont fouillé les bâtiments sans trouver le moindre indice, a indiqué Benoit Boisselle, porte-parole de la police de Montréal à l’issue de l’opération.

Tous les cours ont été annulés jusqu’en début de soirée, a indiqué l’université sur son compte Twitter.

Une « semaine de sensibilisation à l’Islam » se déroulait dans l’un des pavillons évacués.

« Nous dénonçons fortement ces attaques contre une université qui est un modèle de vivre ensemble », a déclaré la ministre québécoise de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

Le recteur Alan Shepard a déploré cet incident dans une université qui accueille des étudiants de 150 pays différents.

Une autre des quatre universités de Montréal, McGill, a aussi reçu le même courriel du groupuscule, a indiqué Mme David. Aucun bâtiment précis n’était cependant visé et l’université n’a pas été évacuée.

Le nom du groupuscule rappelle celui dont se revendiquait l’Américain Dylann Roof, condamné à mort en janvier en Caroline du Sud. Ce jeune homme convaincu de la suprématie de la race blanche avait abattu en 2015 neuf paroissiens noirs dans une église.

Fin janvier, un étudiant suprématiste blanc avait abattu six musulmans lors de la prière dans une mosquée de Québec.

Plusieurs dégradations de mosquée ont également eu lieu au cours des dernières semaines au Canada qui a accueilli plus de 40.000 réfugiés syriens depuis plus d’un an.