Ottawa a franchi une nouvelle étape dans l’acquisition de la flotte provisoire de Super Hornet

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Notre reportage chez Boeing

Le gouvernement du Canada a envoyé une lettre de demande présentée au gouvernement des États Unis décrivant ses exigences relatives aux capacités, à l’échéancier et aux retombées économiques concernant 18 aéronefs Super Hornet, annonce par voie de communiqué Services publics et Approvisionnement Canada.

Plutôt qu’un remplacement complet de la flotte de CF-18, le Canada a opté pour une mesure provisoire: acheter des Super Hornet pour remplir le «capability gap» (déficit de capacités) d’ici à ce qu’il parvienne à une solution définitive.

Comme nous vous l’avions déjà annoncé début février dans notre reportage chez le constructeur Boeing, Ottawa a donc maintenant franchi une autre étape concernant l’acquisition potentielle d’une flotte provisoire de chasseurs en envoyant cette lettre. Quand il recevra la lettre que lui a envoyé le gouvernement canadien, explique Services publics et Approvisionnement Canada, le département de la Défense des États-Unis mobilisera Boeing et d’autres fournisseurs pour élaborer une proposition officielle. Dans le cadre de ce processus, le gouvernement des États-Unis doit aviser son Congrès de la vente possible d’aéronefs Super Hornet au Canada.

Le Canada a aussi confirmé son engagement auprès du gouvernement des États-Unis visant à appliquer sa Politique des retombées industrielles et technologiques dans le cadre de cette acquisition potentielle, précise également Ottawa. Ainsi, les fournisseurs éventuels devront s’engager à réaliser des investissements au Canada d’une valeur équivalant à l’intégralité de la valeur de leur contrat, « ce qui permettra aux entreprises canadiennes de participer directement à ce projet, d’assurer la croissance des fournisseurs établis au pays, d’appuyer l’innovation au moyen de la recherche et du développement, d’accroître les possibilités d’exportations pour les entreprises canadiennes et de créer des emplois pour les Canadiens de la classe moyenne. »

«La lettre de demande adressée au gouvernement américain représente une importante étape et décrit les exigences relatives aux capacités, à l’échéancier et aux retombées économiques concernant 18 aéronefs Super Hornet. Ces aéronefs pourraient permettre de répondre provisoirement aux besoins des Forces armées canadiennes jusqu’à ce que les aéronefs de remplacement permanents soient en place et entièrement opérationnels. Notre gouvernement demeure déterminé à fournir à nos braves femmes et hommes en uniforme l’équipement dont ils ont besoin pour accomplir leur travail, et ce, en maximisant les retombées économiques pour la population canadienne.» a expliqué la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement , Judy Foote.

«L’annonce d’aujourd’hui montre les progrès considérables que nous réalisons pour fournir aux braves femmes et hommes des Forces armées canadiennes l’équipement dont ils ont besoin pour protéger la population et les valeurs canadiennes dans le monde entier. Nous déterminerons si l’achat de la flotte provisoire d’aéronefs Super Hornet permettra au Canada d’être un allié crédible et fiable pour de nombreuses années à venir.», a pour sa part déclaré le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan.

Le Canada s’attend à recevoir dès cet automne une réponse du gouvernement américain. La proposition sera examinée afin de déterminer si le gouvernement des États-Unis peut fournir la solution provisoire à un coût, dans un délai, à un niveau de capacité et à une valeur économique qui sont acceptables pour le Canada.

Si tout va bien, le Canada pourrait conclure une entente officielle avec le gouvernement des États Unis relativement aux aéronefs provisoires et aux éléments du soutien en service connexe dès la fin de 2017 ou le début de 2018. Parallèlement, le Canada entamera également des discussions officielles avec des fournisseurs éventuels au sujet des retombées économiques pour l’industrie canadienne.

L’Opposition officielle à Ottawa a cependant critiqué la démarche libérale. James Bezan, le porte-parole de l’Opposition officielle sur la Défense nationale, et le porte-parole associé, Pierre Paul-Hus ont déclaré par voie de communiqué: «Il a fallu cinq mois aux Libéraux pour faire cette demande – cinq mois qui auraient pu servir à faire un appel d’offres ouvert et juste afin de vraiment remplacer nos CF-18. Au lieu de cela, le premier ministre a retardé le processus pendant cinq autres années et prévoit dépenser des milliards de dollars pour une solution provisoire qui n’est pas dans le meilleur intérêt du Canada ou de nos alliés».

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