Quatre villes assiégées vont être évacuées en Syrie

Des résidents de Madaya attendent l'arrivée de l'aide humanitaire, le 11 janvier 2016.(AFP/STRINGER)
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Des résidents de Madaya attendent l’arrivée de l’aide humanitaire, le 11 janvier 2016.(Archives/AFP/STRINGER)

Quatre localités encerclées en Syrie doivent être prochainement évacuées en vertu d’un accord entre régime et rebelles, la dernière en date d’une série d’ententes ponctuelles destinées à mettre fin à des sièges affectant durement la population.

Sur le front nord du pays en guerre, des combattants arabes et kurdes appuyés par les États-Unis, poursuivent leur offensive vers Raqa, bastion du groupe djihadiste État islamique (EI). La campagne se concentre sur le secteur de Tabqa, l’un des principaux verrous sur le chemin de Raqa.

Plusieurs acteurs locaux, régionaux et internationaux ainsi que des groupes djihadistes sont impliqués dans le conflit en Syrie, un territoire de plus en plus morcelé. Plus de 320.000 personnes y ont péri depuis 2011 et des millions ont été jetées à la rue.

Aucune solution n’est en perspective pour ce conflit, malgré plusieurs rounds de négociations indirectes entre régime et opposition sous l’égide de l’ONU, dont l’un est en cours actuellement à Genève.

Mais plusieurs accords ponctuels ont été conclus sur le terrain en vue d’évacuer des bastions rebelles asphyxiés par un long siège.

Mardi soir, un tel accord a été signé. A partir du 4 avril, des milliers de personnes vont quitter Zabadani et Madaya, localités de la province de Damas assiégées par les combattants prorégime. Dans le même temps, des milliers de personnes quitteront Foua et Kafraya, localités chiites de la province d’Idleb (nord-ouest) encerclées par les rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

32.000 personnes

Avant les évacuations et « comme mesure de confiance, une trêve doit entrer en vigueur », a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, ajoutant que la situation était « calme sur le terrain ».

L’accord a été conclu sous les auspices de l’Iran, allié du régime de Bachar al-Assad, et du Qatar, soutien des rebelles, et 32.000 personnes doivent être évacuées au total, selon M. Abdel Rahmane.

Des membres des forces du régime et des civils doivent quitter Foua et Kafraya. Et civils et rebelles doivent en principe sortir des deux autres cités.

L’ONU s’est maintes fois alarmée de la situation humanitaire dans ces quatre localités et avait prévenu en février que 60.000 personnes étaient en grand danger. Les dernières livraisons d’aide humanitaire remontent à novembre.

Le Croissant arabe syrien va prendre part aux évacuations.

Selon Hassan Sharaf, qui coordonne l’accord pour le régime, 16.000 personnes quitteront Foua et Kafraya « en deux vagues. Elles seront transportés via Alep, puis vers Lattaquié et Damas », deux bastions du pouvoir.

L’accord prévoit en outre la libération par le régime de quelque 1.500 prisonniers « politiques » détenus depuis le début du conflit en 2011.

Le régime est accusé par les organisations de défense des droits de l’Homme d’avoir torturé et exécuté des milliers de personnes dans ses prisons et ses centres de renseignement.

Mercredi à Damas, M. Assad a remplacé les ministres de la Justice, de l’Economie et du Développement, sans expliquer cette décision.

Offensive vers Raqa

Sur le front nord, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde appuyée par la coalition internationale sous commandement américain, poursuivent leur offensive en vue de progresser en direction de Raqa.

La campagne se concentre désormais sur le barrage stratégique de Tabqa -le plus grand du pays- contrôlé par l’EI. Située sur l’Euphrate, la structure menace de céder, faisant craindre d’importantes inondations.

Mercredi, des ingénieurs syriens ont effectué en urgence des opérations de maintenance mais ont été la cible d’obus de l’EI alors qu’ils tentaient de drainer l’eau amassée dans le réservoir, a constaté un journaliste de l’AFP.

Plusieurs personnes tentaient de se mettre à l’abri le long du barrage, dont l’entrée nord a été prise par les FDS. Celles-ci et la coalition ont nié tout type de « dommages structurels » mais la salle de contrôle électrique du barrage est désormais hors service.

Les FDS se sont emparées dimanche de l’aéroport militaire de Tabqa mais ne sont pas parvenues jusqu’à la ville éponyme, à 3 km plus au nord, toujours aux mains de l’EI. La région de Tabqa est située à une cinquantaine de km à l’ouest de Raqa.

Enfin, une bombe a explosé dans un bus dans la ville centrale de Homs, sous contrôle du régime, tuant cinq civils, selon les médias officiels.