Un avant-goût de la période post-EI: des forces kurdes ont bloqué temporairement un oléoduc à Kirkouk

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Des forces kurdes ont bloqué temporairement un oléoduc stratégique à Kirkouk. (Capture d’écran/Rudaw)

Des forces irakiennes kurdes ont investi jeudi les locaux d’une compagnie pétrolière publique, entraînant l’arrêt temporaire du pompage à partir de l’un des plus importants oléoducs du pays, ont indiqué des responsables.

Au moment où les djihadistes perdent du terrain, cette démonstration de force fait présager une intensification des lignes de fractures en Irak, d’une part entre Bagdad et la région autonome du Kurdistan et d’autre part entre les deux principaux partis du Kurdistan.

Des camions et des véhicules blindés se sont déployés à l’entrée de la Compagnie pétrolière du Nord dans la province septentrionale de Kirkouk et les forces kurdes ont bloqué le pompage de l’oléoduc reliant les champs pétrolifères de Kirkouk au port turc de Ceyhan en Méditerranée.

Les opérations ont repris progressivement quelques heures plus tard, a indiqué un responsable de la compagnie.

Un responsable du parti de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) a affirmé à l’AFP qu’il s’agissait d’un « message » envoyé au gouvernement fédéral de Bagdad.

« Nous donnons à Bagdad une semaine pour établir une raffinerie à Kirkouk et arrêter l’envoi du pétrole dans d’autres provinces d’Irak », a indiqué Asso Mamand, menaçant de prendre le contrôle total de la compagnie pétrolière.

Un accord avait été trouvé plus tôt dans l’année pour l’établissement d’une raffinerie à Kirkouk mais les travaux n’ont pas encore commencé.

Le parti démocratique du Kurdistan (PDK) du président de la région autonome Massoud Barzani a demandé des explications à son rival.

« Nous demandons(…) qu’il clarifie la raison de la présence de ses forces dans l’enceinte de la Compagnie pétrolière du Nord », a réagi l’un des responsables du PDK Mohammed Khorsheed.

La région pétrolifère de Kirkouk, officiellement partie intégrante de l’État fédéral irakien, est majoritairement contrôlée par les forces de l’UPK depuis 2014, année où les forces fédérales ont dû reculer face à l’offensive fulgurante du groupe djihadiste État islamique.

Les kurdes veulent aujourd’hui maintenir ce gain territorial, une position à laquelle Bagdad est farouchement opposée.

Le Kurdistan irakien est également miné de l’intérieur par les dissensions entre les deux principaux partis.

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