Yémen: «4 à 12 victimes» dans le raid américain controversé à Yakla, indique le général Votel au Sénat

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Un raid des forces spéciales américaines sur le quartier général d’Al Qaïda au Yémen a été autorisé par le président Donald Trump et avait pour but de rassembler des informations sur le groupe terroriste, a déclaré un responsable militaire américain dimanche.(Twitter/@B3infos)

Le raid controversé de commandos américains contre Al Qaïda au Yémen le 29 janvier a causé la mort de « 4 à 12 » civils, a reconnu jeudi le chef des forces américaines au Moyen-Orient, le général Joe Votel.

Les forces américaines « acceptent la responsabilité » pour la mort de « 4 à 12 » civils, a concédé le général Votel devant la commission des forces armée du Sénat.

Le général Votel a maintenu par ailleurs que le raid contre les djihadistes avait permis d’obtenir du « renseignement utile ».

L’enquête diligentée après le raid n’a permis d’établir aucune « incompétence », « mauvaise décision », ou « erreur de jugement » des militaires impliqués, a-t-il ajouté.

Le raid de commandos à Yakla, dans la province de Baïda, dans le centre du pays, a été la première opération militaire d’importance autorisée par le président américain Donald Trump, quelques jours après son investiture.

Le soldat tué lors de l’opération commando américaine au Yémen le 29 janvier 2017, William « Ryan » Owens, 36 ans, appartenait aux Navy Seals, les prestigieux commandos américains de marine, spécialistes notamment des opérations éclairs contre les réseaux extrémistes.(Twitter‏@camboviet)

Elle a mal tourné, se soldant par la mort d’un soldat américain des forces spéciales et d’habitants du village, dont des femmes et des enfants touchés dans des tirs d’avions ou d’hélicoptères venus soutenir les commandos pris sous un feu nourri.

Les forces américaines ont également perdu un avion-hélicoptère Osprey dans la bataille.

Mise en cause après le raid, la Maison Blanche a rejeté toute critique sur l’opération, jugeant que ce serait une insulte au soldat tué, Ryan Owens.

Depuis plusieurs mois, les États-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes contre Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). Et les frappes semblent avoir redoublé depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Depuis le 2 mars, au moins 22 combattants présumés d’Aqpa ont été tués dans ces raids.

Washington redoute de voir Aqpa renforcer son influence au Yémen à la faveur du chaos provoqué par la guerre civile qui déchire le pays.

L’ONG International Crisis Group (ICG), qui analyse les conflits à travers le monde, a récemment critiqué ces frappes et le raid du 29 janvier.

Les efforts pour lutter contre l’organisation extrémiste « seront compromis si des pays, comme les États-Unis (…) entreprennent des actions militaires qui ignorent le contexte local et entraînent des pertes civiles élevées », a indiqué l’organisation.

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