Attentat aux Champs-Élysées: l’assaillant abattu, l’EI revendique l’attaque

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Des voitures de police bloquent l’accès aux Champs-Elysées à Paris, le 20 avril 2017 (AFP/THOMAS SAMSON)

Un policier a été tué et deux autres ont été blessés aujourd’hui lors d’une fusillade sur l’avenue des Champs-Elysées au centre de Paris, a-t-on appris auprès de la préfecture de police. L’assaillant aurait été abattu.
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Mise à jour 20/04/2017 21h29

Le tueur présumé serait un dénommé Karim Cheurfi, fiché S, déjà condamné pr triple tentative assassinats sur des policiers en 2001 et qui, de surcroît, était l’objet d’une enquête antiterroriste.

En outre, la police française à lancé hier soir un avis de recherche visant Youssouf El Osri, le Belge considéré comme complice présumé tueur.

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L’enquête a été confiée à la Section antiterroriste (SAT) de la Brigade criminelle et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé le parquet de Paris.

Le groupe État islamique a revendiqué la fusillade qui a coûté la vie à un policier et en a blessé un autre jeudi sur les Champs-Elysées à Paris, dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq.

« L’auteur de l’attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c’est un des combattants de l’État islamique », a écrit Amaq.

Abu Yussef était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers, a-t-on appris de sources proches de l’enquête.

Une perquisition était en cours jeudi soir en Seine-et-Marne au domicile de cet homme. Il s’agit du titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l’attaque.

Cette fusillade survient à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, alors que la France a été confrontée depuis 2015 à une vague d’attentats djihadistes sans précédent ayant fait 238 morts.

Le président François Hollande s’est dit « convaincu » jeudi que la fusillade qui a eu lieu vers 21H00 sur les Champs-Elysées à Paris était « d’ordre terroriste », promettant d’être d’une « vigilance absolue » pour sécuriser l’élection présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche.

Le chef de l’État, qui s’exprimait depuis l’Élysée après une réunion avec le Premier ministre Bernard Cazeneuve et le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl, a annoncé qu’il réunirait vendredi à 08H00 un conseil de défense et qu’un « hommage national » serait rendu au policier tué.

La fusillade

Des policiers ont été pris pour cibles par des tirs vers 19H00 GMT sur les très touristiques Champs-Elysées, l’artère la plus célèbre de la capitale française. Un policier a été tué et deux autres blessés, a annoncé le ministère de l’Intérieur.

L’agresseur a été « abattu en riposte », a expliqué le ministère.

« L’agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l’arme automatique, a tué l’un des policiers et à essayé de s’en prendre aux autres en courant », a rapporté une source policière.

Selon plusieurs sources, un deuxième assaillant du nom de Youssouf El Osri connu des renseignements et arrivé avec le Thalys depuis la Belgique serait en fuite.

Le quartier commerçant, en plein cœur de Paris, a été bouclé et d’importantes forces de police ont été déployées. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée.

La préfecture de police a souligné que les circonstances de l’attaque n’étaient « pas déterminées ».

« L’agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l’arme automatique, a tué l’un des policiers et à essayé de s’en prendre aux autres en courant », a rapporté une source policière.

Une touriste a été « légèrement blessée par balle » au cours des échanges de tirs, selon une autre source policière.

Choukri Chouanine, gérant d’un restaurant situé rue de Ponthieu, dans une rue adjacente, a raconté à l’AFP avoir entendu une « fusillade brêve » mais avec « beaucoup de tirs ». « On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols », a-t-il ajouté.

Attentat récemment déjoué

La menace djihadiste reste très forte: après une série d’attaques, parfois de masse, qui ont fait un total de 238 morts en France depuis 2015, un nouvel attentat a été déjoué selon les autorités avec l’arrestation, mardi, de deux hommes soupçonnés de préparer « une action violente » et « imminente ».

Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d’un appartement de Marseille, où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important, composé d’armes et de trois kilos d’explosif artisanal, du TATP, dont une partie prêt à l’emploi.

Les photos des deux suspects avaient été distribuées avant le weekend dernier aux services de sécurité des candidats.

La fusillade de jeudi soir est intervenue pendant le dernier grand oral télévisé des onze prétendants, tous décidés à convaincre les nombreux indécis et abstentionnistes, avant la clôture officielle, vendredi à minuit, d’une campagne au niveau de suspense inédit.

Déjà, les candidats à la présidentielle ont réagi par l’intermédiaire de Twitter et des chaînes télévisées.

Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à la présidentielle a manifesté sa « pensée émue pour les policiers mort et blessés et leurs familles. Les actes terroristes ne seront jamais impunis, les complices jamais oubliés ».

Jean Lassalle, candidat indépendantiste à la présidentielle, a articulé ses sentiments sur France 2: « J’ai appris que le deuxième policier avait succombé (..) je me sens profondément auprès d’eux, auprès de leurs familles, auprès de ceux qu’ils ont laissés et aussi très profondément Français  »

Le président américain Donald Trump s’est aussi exprimé sur l’attaque: « C’est une chose vraiment, vraiment terrible qui se passe dans le monde aujourd’hui. Mais il semble que ce soit une attaque terroriste », a-t-il dit lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre italien Paolo Gentiloni à la Maison Blanche.

En Europe, la chancelière allemande Angela Merkel a exprimé sa « compassion aux victimes et à leurs familles » et auparavant, dans un tweet, le ministère allemand des Affaires étrangères avait assuré que l’Allemagne se tenait « de façon ferme et déterminée aux côtés de la France ».

« Nouvelles choquantes de Paris. Nous pleurons les victimes et nous tenons de façon ferme et déterminée aux côtés de la France », a indiqué le ministère sur son compte Twitter.

Au Canada, bien sûr, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a « condamne le ‘présumé’ attentat terroriste […] sur les Champs-Élysées » et offert « nos plus sincères condoléances aux proches du policier tué et un prompt rétablissement aux deux policiers blessés. »

« Les Canadiens sont solidaires de la population française. », a déclaré la chef de la diplomatie canadienne, ajoutant aussi être « en contact avec les autorités locales et prêts à fournir de l’aide consulaire aux citoyens canadiens, au besoin. ».

*Avec AFP

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