Avant la sortie de la nouvelle politique de Défense, des sénateurs s’inquiètent

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Le général Jonathan Vance, devant le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense. (Parlvu)

Dans un rapport publié ce jeudi 13 avril, les sénateurs du Comité permanent de la sécurité nationale et de la défense souhaitent que le gouvernement fédéral augmente ses dépenses militaires à 2% du produit intérieur brut (PIB) afin de prévenir l’affaiblissement des capacités militaires actuelles et pour répondre à nos obligations envers les Canadiens et nos alliés.

Le rapport intitulé «Sous-financement des Forces armées canadiennes: passons de la parole aux actes» [et que vous pouvez lireà la fin de cet article, NDLR]fait ainsi état du sous-financement continu de la sécurité au Canada, des problèmes du système d’approvisionnement, des risques pour l’infrastructure essentielle du Canada, l’importance du consensus interpartis sur les enjeux militaires, mais aussi l’importance de l’examen quadriennal de la politique de défense et de l’examen de la stratégie de sécurité nationale et de la politique étrangère.

Le président du comité, le sénateur conservateur Daniel Lang, estime que «les gouvernements se succèdent et parlent tous abondamment des Forces armées, mais le soutien réel diminue toujours. Le gouvernement actuel s’est engagé à veiller à ce que nos troupes ne soient pas désavantagées. Si elles sont adoptées, les recommandations de ce rapport permettront au gouvernement de tenir sa promesse. Le moment est venu de passer de la parole aux actes».

Dans une première partie, les sénateurs indiquent que les gouvernements successifs n’ont «pas su donner aux Forces armées le soutien et les priorités claires dont elles ont besoin pour assurer la défense du Canada et s’acquitter de leurs engagements internationaux». Liant le soutien au montant de dollars donné au Ministère de la Défense nationale, les sénateurs du comité rappellent ainsi que le Canada est actuellement à moins de 1% du PIB pour les dépenses militaires et que la dernière fois que le pays dépensait 2% (montant demandé par l’OTAN) remonte à… 1990, alors que Brian Mulroney en était à son deuxième mandat.

Un peu plus loin, les sénateurs s’inquiètent du système d’approvisionnement militaire, qui est «faible et inefficace». Il faut dire que chaque année, une grande partie des sommes allouées, soit quelques milliards de dollars, n’est pas utilisée. Le système en place est un «fouillis bureaucratique où on remarque un manque de responsabilisation». Selon eux, il est sujet à des retards qui empêchent que l’achat de matériel nécessaire soit fait en temps opportun en plus de réduire le pouvoir d’achat du gouvernement.

Pour sa part, la vice-président du comité, la sénatrice libérale Mobina Jaffer, rappelle: «Nos forces armées ont d’importants engagements à honorer au pays et à l’étranger. La défense de notre vaste région arctique exige des ressources importantes, et aider nos partenaires internationaux à faire respecter la primauté du droit dans les pays qui vivent des problèmes est un engagement humanitaire auquel nous ne pouvons nous dérober. Nous exigeons beaucoup de nos Forces armées. Nous devons maintenant leur montrer que nous les appuyons, comme elles nous appuient immanquablement.»

16 recommandations

Le Comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense formule donc 16 recommandations pour renforcer les Forces armées canadiennes et s’attaquer aux problèmes auxquels elles font face depuis des décennies.

Le comité recommande que le gouvernement présente un plan au Parlement et ce dans les 180 prochains jours, en vue de porter les dépenses en défense à 1,5 % du PIB d’ici 2023 et à 2 % d’ici 2028.

Le comité demande également au gouvernement de prendre davantage de mesures afin de protéger les infrastructures essentielles, s’assurer que les fonds ne viennent pas à expiration et aller de l’avant avec l’établissement d’un consensus entre les différents partis sur les questions militaires et ce, dans l’intérêt des Canadiens.

Les sénateurs estiment que le gouvernement «ne peut plus se permettre de lancer des paroles en l’air» alors que les Forces armées canadiennes vivent des difficultés. «Le moment est venu pour le gouvernement de passer de la parole aux actes et mettre en place les investissements nécessaires pour notre sécurité et notre défense», indiquent-ils.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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