«Ciel ouvert»: un avion de surveillance Russe survole les bases canadiennes cette semaine

0
Carte des 34 États du traité Ciel ouvert ( Photo Super cyclist)
Carte des 34 États du traité Ciel ouvert ( Photo Super cyclist)

Invoquant le traité Ciel ouvert signé en 1992 qui prévoit des vols de surveillance non armés sur la totalité du territoire des États parties, dont le Canada, la Russie effectue depuis le 18 avril une mission de surveillance aérienne au-dessus d’installations militaires canadiennes alors que les relations entre les deux pays se sont détériorés depuis la crise ukrainienne.

En vertu du du Traité « Ciel ouvert », qui entend promouvoir l’ouverture et la transparence entre les nations grâce à un concept d’observation mutuelle,chaque État signataire doit accepter de recevoir un certain nombre de vols d’observation («quota passif») et peut mener, au maximum, autant de vols d’observation qu’il en a reçus («quota actif»).

L’État observé doit être averti au moins 72 heures à l’avance du vol d’observation que prévoit l’État observant.Les appareils utilisés pour ces missions varient d’un pays à l’autre. Les États-Unis utilisent des OC-135 B Open Skies (une version militaire du Boeing 707) et le Canada utilise,un C-130 Hercules.

Quant aux Russes (ainsi que les Roumains et les Ukrainiens), ils utilisent des Antonov An-30. La Russie utilise également une variante du Tupolev Tu-154.

Un Tupolev russe (Photo: Archives/RN)

La mission sur cinq jours a commencé mardi. L’avion russe désarmé va donc survoler différents secteurs du pays pour prendre des photos de bases des Forces armées canadiennes et d’autres installations militaires.

À bord, si on se réfère à l’Article IV du Traité toujours en vigueur: « l’avion d’observation est équipé de capteurs appartenant aux seules catégories suivantes »:

  • caméras optiques panoramiques et à prise de vues image par image;
  • caméras vidéo à affichage en temps réel;
  • analyseurs infrarouges à balayage linéaire; et
  • radars d’ouverture synthétique à visée latérale.

L’adoption de catégories supplémentaires de capteurs et l’amélioration des capacités des capteurs appartenant aux catégories existantes ne pouvant se faire qu’après examen de la Commission consultative pour le régime « Ciel ouvert », advenant qu’un capteur installé à bord d’un avion ou le matériel qui lui est associé ne correspondent pas à ceux qui ont été certifiés, la mission pourrait être remise en cause.

L’Aviation royale canadienne, a indiqué la Défense canadienne, escortera donc les Russes à travers le pays pour s’assurer qu’ils demeurent dans les limites de ce qui est autorisé par le traité et des Canadiens seront à bord de l’avion durant les vols d’observation pour, en partie, «surveiller l’équipement utilisé, assurer le respect de l’itinéraire convenu et offrir supervision, conseils et aide».

Jusque là, rien d’inhabituelle. Le Canada a d’ailleurs effectué en vertu du régime « Ciel ouvert » ses propres missions de surveillance dans le ciel de la Russie il n’y pas plus longtemps qu’en novembre dernier.

Toutefois, cette mission russe a lieu alors que les relations entre Moscou et les pays occidentaux, incluant le Canada, ont atteint un creux et qu’un certain nombre d’accords entre la Russie et les États-Unis ont été enfreints ces derniers mois ou menacent de l’être, notamment une interdiction des missiles de croisière en Europe et un traité sur le désarmement nucléaire.

Le fait que nous procédions encore à ces vols, sans être annonciateur d’embellie dans les relations russo-canadiennes, démontre peut-être que, malgré tout, l’ouverture et la transparence entre les nations grâce à un concept d’observation mutuelle est à tout le moins encore de mise.

Les commentaires sont fermés.