Colombie: la guérilla des Farc propose son aide pour reconstruire Mocoa

Mocoa, en Colombie, le 2 avril 2017, au lendemain d'une gigantesque coulée de boue. (AFP/LUIS ROBAYO)
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Mocoa, en Colombie, le 2 avril 2017, au lendemain d’une gigantesque coulée de boue. (AFP/LUIS ROBAYO)

La guérilla colombienne des Farc, qui a signé un accord de paix avec le gouvernement, a offert dimanche son aide pour participer à la reconstruction de Mocoa, dévastée par une coulée de boue, faisant plus de 200 morts.

« En parlant avec les guérilleros, (ils m’ont dit) qu’ils voudraient aller là-bas pour travailler, pour aider à la reconstruction. Je pense que c’est possible que (…) les Farc fassent cette proposition. Ils sont vraiment très attristés par cette tragédie », a déclaré Ivan Marquez, principal négociateur des rebelles.

Le président Juan Manuel Santos, qui a pris la direction des secours et des travaux de réparation sur place, a annoncé sur Twitter s’est adressé à 20h00 heure locale (01h00 GMT) aux Colombiens « sur la tragédie qui nous endeuille et nous unie en tant que pays #MocoaSomosTodos (#nousommestousMocoa) ».

Dans le cadre de l’accord de paix, les quelque 7.000 guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) sont regroupés dans 26 zones du pays pour remettre leurs armes sous supervision de l’ONU d’ici la fin mai et préparer leur retour à la vie civile.

La guerre qui déchire la Colombie a impliqué au fil des décennies une trentaine de guérillas, des paramilitaires d’extrême droite et les forces armées, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

Course contre la montre en quête de survivants à Mocoa

Entre douleur et incompréhension, la Colombie recherchait dimanche les survivants de la gigantesque coulée de boue qui a dévasté la ville de Mocoa, faisant plus de 200 morts, après des pluies torrentielles dans la région andine du nord-ouest de l’Amérique du Sud.

Le dernier bilan officiel a été revu à la hausse à 210 morts au lieu de 200, et plus de 200 blessés après le débordement de trois rivières dans la nuit de vendredi; « un océan de boue » qui a tout emporté, selon des témoins.

« Sur 210 personnes décédées, 170 ont pu être identifiées. Il n’y a officiellement pas de disparu, aucun enfant sans défense », avait tweeté plus tôt le président Juan Manuel Santos, qui a pris la direction des secours et des travaux de réparation sur place.

Pataugeant dans la boue, les secouristes apportent sans relâche leur aide aux sinistrés. « Les recherches continuent pour trouver des survivants. Nous sommes encore dans les 72 heures suivant un tel désastre », au cours desquelles il y a encore un espoir de sauver des rescapés, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la Croix-Rouge colombienne (CRC).

Le Défenseur du Peuple du Putumayo, Fabian Vargas, a précisé que les sauveteurs passent au peigne fin le parcours de la coulée de boue, en quête d’éventuelles nouvelles victimes. L’identification des corps, transférés à l’hôpital de Mocoa, s’est poursuivit dimanche.

« Le processus est en cours avec le personnel de médecine légale », a ajouté le responsable de cet organisme de protection des droits humains.

La ville restait privée d’eau courante et d’électricité, les autorités travaillant à rétablir ces services, mais avertissant que cela pourrait demander plusieurs jours.

« Cela va prendre du temps. Donc nous sommes en train d’apporter des camions citerne, de réparer les ponts détruits et d’accélérer la reconstruction des infrastructures, pour l’eau, l’énergie, le logement », a déclaré M. Santos aux journalistes.

Rétablir l’électricité est une tâche difficile, a admis le vice-ministre de l’Intérieur, Guillermo Rivera.

« Il faudrait construire une nouvelle station et cela va prendre du temps », a-t-il déclaré à Caracol Radio, précisant qu’une unité mobile allait entretemps être envoyée depuis Bogota.

Après avoir survolé la zone, la Force aérienne a écarté tout risque de nouveau glissement de terrain. Et « une diminution des précipitations est attendu pour lundi et mardi », a indiqué l’Institut d’hydrologie, de météorologie et d’études environnementales (Ideam), cité par la présidence.

Cette catastrophe est la plus grave survenue en Colombie depuis un autre glissement de terrain qui avait fait 92 morts en mai 2015 à Salgar, à une centaine de kilomètres de Medellin (nord-ouest).

Les violentes pluies n’ont pas seulement affecté la Colombie, mais aussi le Pérou, faisant 101 morts et plus d’un million de sinistrés, ainsi que l’Équateur avec 21 morts et plus de 9.000 familles affectées.