Déclaration du ministre de la Défense nationale à l’occasion du Jour de la Terre

La Bille bleue (la Terre vue de l'espace sur un fond bleu), inspirée d'une photo de la NASA de la Terre vue d'Apollo 17 en 1972.
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La Bille bleue (la Terre vue de l’espace sur un fond bleu), inspirée d’une photo de la NASA de la Terre vue d’Apollo 17 en 1972.

Célébré pour la première fois le 22 avril 1970, le Jour de la Terre est la plus importante célébration environnementale. Nous reproduisons ici à cette occasion la déclaration du ministre de la Défense nationale qui fait écho aux préoccupations des Canadiens, pendant que chez nos voisins du Sud l’inquiétude va grandissante face aux positions de l’administration Trump sur l’environnement.

«Le Jour de la Terre, établi en 1970, est l’occasion parfaite pour souligner le progrès réalisé par le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes dans le cadre du mouvement international visant à lutter contre le réchauffement climatique et à protéger notre planète.

«Le gouvernement du Canada démontre son engagement à l’égard de l’environnement notamment en établissant un objectif pangouvernemental visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % (sous les taux de 2005) d’ici 2030. Je suis fier de constater que le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes jouent un rôle de premier plan dans les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de transition vers des sources d’énergie plus propres.

«Le MDN a pris des mesures concrètes visant à atteindre ces objectifs. Dans les bases et les escadres partout au pays, le MDN s’emploie activement à cerner des mesures éconergétiques et à réaliser des améliorations en matière d’efficacité. Cette initiative permettra des économies annuelles estimées à une somme allant jusqu’à 16 millions de dollars, et une réduction des gaz à effet de serre pouvant atteindre 40 kilotonnes, ce qui est tout un exploit. Les initiatives en matière d’énergie nous permettent d’appuyer la création d’emplois en investissant dans des technologies propres et en favorisant l’innovation dans les secteurs de ressources naturelles. Le MDN continuera d’étudier et de saisir ces occasions, dans la mesure du possible.

«Nous avons également fait l’achat de véhicules alimentés par du carburant de remplacement ou à l’électricité, et nous concevons nos nouveaux bâtiments pour qu’ils soient éconergétiques et durables. En 2015-2016 seulement, douze bâtiments du MDN ont atteint un niveau de performance environnementale élevé reconnu par l’industrie, leur méritant la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design).

«En plus de réduire notre empreinte et de se concentrer sur l’infrastructure verte, le MDN gère une réserve nationale de faune à la Base des Forces canadiennes Suffield, ce qui démontre la gestion prudente du MDN concernant la protection d’une importante zone d’habitat faunique sur les terres fédérales au Canada.

«La protection de l’environnement requiert un engagement pangouvernemental, et nous faisons notre part en adoptant des mesures novatrices envers cette initiative dans tous les aspects de notre travail. Le leadership collectif est essentiel, et les mesures prises sont critiques si nous voulons atteindre nos objectifs en matière de durabilité et laisser un environnement sain à nos enfants et nos petits-enfants.»

La communauté de la Défense à l’avant garde de la lutte aux États-Unis comme au Canada

Aux États-Unis aussi, la communauté de la Défense est à l’avant garde de la lutte pour la préservation de l’environnement. Le département de la Défense a d’ailleurs annoncé aujourd’hui les gagnants des prix de l’environnement 2017 du secrétaire, qui récompensent les individus, les équipes et les installations » pour leurs réalisations environnementales exceptionnelles et leurs pratiques environnementales novatrices et rentables ».

Ces prix favorisent « l’utilisation de sources d’énergie sûres et renouvelables, le développement et la mise en œuvre de technologies innovantes qui éliminent les déchets, la remise en état des principales ressources en eau et la protection du patrimoine naturel et culturel irremplaçable de la nation. »

De plus, tout récemment encore, le très respecté secrétaire à la Défense américain, James Mattis, a insisté également sur l’importance qu’il faut accorder aux changements climatiques dont la cause, cela ne fait aucun doute pour lui, est bel et bien l’activité humaine.

Tous les experts s’accordent à dire que les bouleversements causés par les changements climatiques représentent un casse-tête pour les planificateurs de la Défense.

Outre le problèmes des réfugiés climatiques, les catastrophes naturelles alimentées par le changement climatique et la pénurie de ressources renforceront également les efforts de recrutement de groupes terroristes comme Daech et Boko Haram.

« Au fur et à mesure que le climat change, il en va de même des conditions dans lesquelles fonctionnent les groupes armés non étatiques tels que Boko Haram et l’EI. Les changements climatiques contribuent à créer un environnement fragile dans lequel ces groupes peuvent prospérer. », soulignait un récent rapport du groupe de réflexion allemand Adelphi.

«Le changement environnemental et climatique à grande échelle contribue à créer un environnement dans lequel les groupes armés non étatiques peuvent prospérer et ouvre des espaces qui facilitent la poursuite de leurs stratégies», poursuit le rapport, qui note également, tout comme le Pentagone, que «la diminution des ressources naturelles crée un environnement de désespoir sur lequel comptent les groupes terroristes pour recruter de nouveaux membres».

Hélas. pendant ce temps…

Hélas, si les planificateurs à la Défense semblent faire preuve de prévoyance et de lucidité, il n’en va pas de même partout. La science semble méprisée par la nouvelle administration américaine et, peu après son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a signé des décrets pour démanteler les protections environnementales de son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Donald Trump a aussi nommé à la tête de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) le climato-sceptique Scott Pruitt, celui-là même qui défendait il n’y a pas si longtemps, les intérêts des pollueurs.

Le nouveau président avait lui-même dit pendant sa campagne que le changement climatique était « un canular » et promis de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, une décision encore débattue parmi ses conseillers.

Et son premier projet de budget propose une baisse de 31% des fonds alloués à l’EPA et des coupes dans l’enveloppe de recherche des Instituts nationaux de la santé.

La Marche pour la science pour le Jour de la Terre 2017

En ce Jour de la Terre, en solidarité avec les chercheurs et les scientifiques qui sont de moins en moins écoutés par des hommes parvenus au pouvoir en surfant sur le populisme et la démagogie, plus de 500 « Marches pour les science » visant à soutenir la science comme un pilier de la liberté et de la prospérité humaine ont eu lieu à travers le monde, à Londres, Paris, au Ghana ou encore en Nouvelle-Zélande et en Australie et dans plusieurs villes américaines dont New York et Los Angeles.

Au Canada, des marches se sont déroulées sur la colline du Parlement, à Ottawa, et à la place Émilie-Gamelin, à Montréal, ainsi que dans plusieurs villes canadiennes, dont Prince George (Colombie-Britannique) Edmonton et Lethbridge (Alberta), Saskatoon (Saskatchewan), Winnipeg (Manitoba), Yarmouth, Nouvelle-Écosse), St. John’s, Terre-Neuve) et Sudbury (Ontario).

L’idée de la Marche pour la science est née au lendemain de l’investiture de Donald Trump, quand des Marches des femmes ont été organisées aux États-Unis et au-delà pour la défense des droits civiques, mobilisant plus de deux millions de personnes.

À Washington, prenant le relais des nombreuses marches pour la science dans le monde, des milliers de manifestants se sont pour leur part rassemblés samedi au cœur de la ville sous la pluie pour défendre la recherche scientifique qu’ils estiment remise en question par l’administration de Donald Trump.

Plusieurs dizaines de scientifiques dont Nancy Roman, responsable des programmes d’astronomie de la Nasa, ainsi que des groupes musicaux, se sont succédé pendant plus de cinq heures sur une tribune dressée sur l’esplanade du National Mall face à la Maison Blanche.

Une marche a ensuite commencé vers le Capitole, siège du Congrès, la plupart des manifestants brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire, entre autres: « La Science pas l’idéologie » ou « les faits scientifiques ça compte ».

Ce défilé a conclu cette manifestation festive qui coïncide avec la Journée mondiale de la Terre.

« Je suis inquiète de la rhétorique anti-science de cette administration et de leur manque de connaissances scientifiques », a expliqué à l’AFP Kathy Ellwood, la soixantaine, une biochimiste venu participer à la marche. « Ils doivent comprendre que les faits scientifiques sont apolitiques et écouter leurs scientifiques », a-t-elle ajouté.

Il faut dire qu’en ce Jour de la Terre, ne pas adresser de mises en garde alors que les nuages s’amoncellent à l’horizon pour éviter de déplaire à ceux qui adorent les roulements de tambour et la rhétorique belliqueuse de l’administration Trump serait carrément irresponsable.


La Marche pour la science pour le Jour de la Terre 2017, le 22 avril à Washington. (Climate Science)

*Avec AFP