Explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg: au moins 10 morts

Explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg.
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Explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg.

Une dizaine de personnes ont été tuées et de nombreuses blessées lundi dans une explosion survenue dans un wagon du métro de Saint-Petersbourg, les autorités russes n’écartant pas la piste terroriste.

Le wagon se trouvait entre deux stations d’une ligne très fréquentée qui traverse le centre de la deuxième ville de Russie, Sennaïa Plochiad et Tekhnologuitcheski Institout.

« Nous étudions toujours toutes les éventualités: accidentelle, criminelle et avant tout une action à caractère terroriste », a déclaré le président russe Vladimir Poutine, qui se trouvait à Saint-Petersbourg pour une rencontre avec des journalistes russes.

L’explosion a eu lieu à 14H40 (11H40 GMT), a indiqué à la chaîne de télévision Rossiya-24 le porte-parole du Comité antiterroriste russe, Andreï Prjezdomski. Des enquêteurs étaient sur place pour chercher à déterminer l’origine de l’explosion, selon un communiqué du Parquet de Saint-Pétersbourg.

Les premières images diffusées sur les réseaux sociaux et aux télévisions russes montraient une rame de métro soufflée, et de nombreux voyageurs tentant de sortir des victimes des décombres.

« J’étais dans le métro (…) A la station +Tekhnologuitcheski Institout+, le train s’est arrêté mais les portes ne se sont pas ouvertes. Par la fenêtre, j’ai vu quatre cadavres », a déclaré à l’AFP un retraité, Viatcheslav Vesselov.

Galina Stepanova, 38 ans, était elle à l’extérieur de la station. « J’ai vu les gens sortir, ils étaient comme sourds, beaucoup se tenaient la tête. Les secours les ont très vite pris en charge », raconte-elle.

Au même endroit, Natalia, autre habitante de Saint-Pétersbourg, ne peut masquer son inquiétude. « Ma mère était dans le métro, je ne sais pas ce qui lui est arrivé. Je n’arrive pas à la joindre », dit-elle.

« Nous ne connaissons pas le nombre exact de morts mais c’est autour de 10 », a déclaré le porte-parole du gouverneur de Saint-Pétersbourg, Andreï Kibitov, à Rossiya-24, faisant également état de 50 blessés.

M. Poutine a présenté ses condoléances aux victimes lors d’une courte intervention télévisée peu avant une rencontre avec son homologue bélarusse Alexandre Loukachenko.

« Malheureusement, nous avons à commencer notre rencontre avec cet événement tragique. Les causes ne sont pas encore connues et il est encore tôt pour en parler, l’enquête les déterminera », a déclaré M. Poutine.

Le Comité d’enquête russe, chargé des grandes affaires criminelles, a pour sa part annoncé l’ouverture d’une enquête.

La totalité des stations du métro ont été fermées, selon le service de presse du métro cité par l’agence Interfax.

Plusieurs artères de Saint-Pétersbourg ont aussi été fermées pour laisser passer des ambulances, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Le métro de Moscou et l’aéroport Poulkovo de Saint-Pétersbourg ont annoncé un renforcement de leurs mesures de sécurité

« Nos pensées vont pour le peuple russe », a réagi sur Twitter la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini.

Cette explosion intervient alors que l’organisation Etat islamique avait appelé à frapper la Russie après le début de son intervention en soutien aux forces de Bachar al-Assad en Syrie fin septembre 2015.

Le pays a depuis été victime de plusieurs attaques mais toutes étaient situées au sein des instables républiques russes du Caucase, les services de sécurité russes annonçant à plusieurs reprises avoir démantelé des cellules jihadistes qui s’apprêtaient à frapper Moscou et Saint-Pétersbourg.

La Russie a toutefois été à plusieurs reprises frappée par des attentats dans ses transports en commun. En 2013, deux attentats suicides à Volgograd (sud) avaient fait ainsi 34 morts, quelques semaines avant les Jeux Olympiques de Sotchi.