Aviation royale canadienne: les CH-148 Cyclone cloués au sol une deuxième fois en moins de trois mois

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Un Cyclone CH-148, à Shearwater (Archives/Sikorsky)

Le commandant de la 1re Division aérienne du Canada a ordonné l’interruption provisoire des opérations de vol des CH-148 Cyclone indique aujourd’hui le service des affaires publiques de la force aérienne, clouant ainsi au sol les Cyclone une deuxième fois en moins de trois mois, avec le risque de retarder le programme de formation des pilotes.

L’interruption est en vigueur depuis déjà quelques semaines, mais ce n’est qu’aujourd’hui – les résidents de la région de Shearwater et les médias locaux s’étonnant de ne plus voir voler les Cyclones – que les Forces armées ont expliqué la situation. Il faut dire aussi, qu’après tous les retards dans le programme du Cyclone, la nouvelle ne devait pas être facile à annoncer.

Cet ordre a été donné après qu’un Cyclone a connu un changement de vitesse de descente de courte durée pendant un vol d’entraînement le 9 mars dernier. Ce changement de courte durée s’est stabilisé, ce qui a permis au pilote de faire un atterrissage sans heurts.

L’aéronef en question, appartient à l’Aviation royale canadienne et était exploité par un équipage de l’Aviation royale canadienne.

Un seul aéronef a éprouvé cette difficulté de très courte durée.

À titre de mesure de sécurité, une interruption provisoire des opérations de vol de la flotte de CH-148 Cyclone a donc été ordonnée le 12 mars. Celle-ci durera jusqu’à ce que l’Aviation royale canadienne, le Directeur général – Gestion du programme d’équipement aérospatial et l’entreprise Sikorsky aient déterminé ensemble la cause du problème.

Ce n’est pas la première fois que les Cyclone sont cloués au sol.

En janvier de cette année, déjà, après un avertissement mondial lancé par la firme Sikorsky, l’Aviation royale canadienne avait décidé de clouer au sol ses hélicoptères CH-148 Cyclone, puisque ses derniers présenteraient un certain risque.

La variante civile du CH-148, le S-92 avait alors connu un incident le 28 décembre 2016, au moment de l’atterrissage sur une plateforme pétrolière dans la mer du Nord. L’appareil avait subi des «difficultés techniques» qui ont laissé des «rainures importantes» sur le pont d’envol de la plateforme. Le pilote aurait en fait dans ce cas subi une perte de contrôle lors de l’atterrissage.

Suite à l’incident, Sikorsky avait donc émis une alerte mondiale demandant aux exploitants de l’appareil S-92 de vérifier la section du rotor anticouple (rotor arrière) et puisque le CH-148 Cyclone est la version militaire du S-92, l’Aviation royale canadienne avait pris la décision d’effectuer aussi les tests.

Fort heureusement, les appareils ne sont restés cloués au sol que moins d’une semaine. Mais, cette fois, cela peut être plus sérieux.

Le programme de formation et le calendrier ne sont pas affectés pour le moment

Sur les 28 appareils commandés à Sikorsky pour remplacer la flotte de CH-146 Sea King, après de multiples retards, en date du mois d’avril 2017, l’Aviation royale canadienne a reçu onze CH-148 Cyclone, dont trois sont exploités par l’ARC à des fins d’essai opérationnel et d’évaluation, indique la mise à jour d’aujourd’hui.

C’est l’un de ces appareils qui a connu un changement de vitesse de descente de courte durée. (Deux appareils sont exploités par Sikorsky à Shearwater afin de former le personnel de l’ARC aux opérations et à l’entretien du Cyclone. Bien qu’ils soient exploités et entretenus par Sikorsky, ces deux hélicoptères relèvent de l’ARC. Six appareils ont été retournés à Sikorsky aux fins de mise à niveau et de modification dans le cadre du développement planifié des capacités de l’hélicoptère).

L’incident technique qui a cloué au sol n’a, d’expliquer à 45eNord.ca en téléconférence le colonel Peter Allen, commandant de la 12e
Escadre Shearwater, duré que quelques « secondes », rendant le diagnostic très difficile. C’est dire qu’on est encore moins en mesure de faire un pronostic.

Consolation, l’interruption des opérations de vol n’aura aucune incidence sur les opérations des Forces armées en cours, affirment dans leur communiqué les Forces armées canadienne, car le CH-148 Cyclone en est à la phase des essais et de l’acceptation, alors que les vénérables CH-124 Sea King de l’ARC continue d’apporter un soutien maritime à la Marine royale canadienne.

Mais la durée de l’interruption pourrait entraîner un retard dans le programme général de formation des pilotes de CH-148 Cyclone, admet le colonel. La formation en entretien du CH-148, elle, n’est pas touchée.

Pour l’instant, le programme d’entraînement des 12 pilotes se poursuit donc sur les simulateurs, les responsables à Shearwater affirmant qu’on peut aller encore très loin dans la formation sans avoir à voler. Mais il faudra tôt ou tard valider les résultats obtenus sur simulateurs en reprenant les vols.

Les effets de l’interruption sur l’ensemble du programme ou sur son calendrier dépendront donc en définitive de sa durée, mais les précautions entourant l’annonce de cette nouvelle démontrent clairement l’importance de l’événement et la conscience qu’ont les Forces armées canadiennes de l’impatience grandissante du public.

« Lorsqu’il sera prêt, le CH-148 Cyclone sera en mesure d’accomplir tout type de mission de guerre anti-sous-marine et anti-surface, de recherche et de sauvetage et utilitaire dans divers milieux, ce qui fera de lui l’un des hélicoptères maritimes les plus polyvalents du monde. » , rappelle toutefois l’Aviation royale canadienne, comme pour rendre l’attente plus supportable, ajoutant, pour terminer sur une note positive, que « De récents essais du Cyclone en mer ont permis d’éprouver les capacités de l’aéronef dans différentes conditions météorologiques, où il a dû composer avec des vagues de neuf mètres. Tous les essais ont donné des résultats prometteurs qui satisfont aux normes établies.  »

Après plusieurs difficultés et retards dans le programme des Cyclones, dès qu’il y a un problème, les Forces armées canadiennes « marchent sur des œufs » tant l’impatience est grande de voir remplacer les Sea-King qui ont dépassé le demi-siècle de service. Même si l’ensemble des hélicoptères CH-148 Cyclone doivent livrés d’ici au printemps 2018, il faudra attendre un peu avant 2025, peut-être maintenant pour atteindre la capacité opérationnelle totale, c’est à dire que tous les appareils soient équipés de la même capacité, et que les équipages et les techniciens soient tous formés sur cette capacité.

Pour le moment, déclare aujourd’hui le colonel Allen, le calendrier n’est pas changé, mais l’affaire est à suivre.

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