L’exercice annuel du NCSM Donnacona montre une Réserve navale avec de nouvelles ambitions (PHOTOS/VIDÉO)

Les membres du NCSM Donnacona se sont entraînés sur le fleuve St-Laurent les 22 et 23 avril 2017. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Les réservistes de la Marine royale canadienne du NCSM Donnacona ont procédé à un exercice ce weekend, samedi 22 et dimanche 23 avril sur le Saint-Laurent. Un exercice très spécial cette année axé sur sur la protection de la force dans le cadre d’une opération humanitaire à l’étranger.

L’exercice avait lieu au large de l’Île Charron sur l’emplacement réservé habituellement à la Garde côtière ou au croisiériste Navark.

Tout au long des deux jours qu’a duré l’exercice, plus d’une centaine du NCSM Donnacona ainsi que des membres d’autres unités tel le NCSM Montcalm, de Québec, et des unités de plusieurs autres régions du Québec, ont effectué des exercices impliquant la section des embarcations ainsi que l’équipe de plongée, tous deux reliés à un centre des opérations basé sur l’île.

Le scénario cette année, où les communications jouent un rôle important, s’est révélé complexe et pas si facile que ça à exécuter. Le scénario englobait les divers types d’actions susceptibles d’être menées dans le cadre des nouvelles missions qu’accompliront les réservistes.

Des membres du Donnacona seront d’ailleurs bientôt déployés aussi loin qu’en Corée du Sud.

En effet, selon une nouvelle doctrine adoptée par la Marine royale, des marins de la Réserve constitueront dorénavant l’essentiel des «Naval security teams», des équipes de sécurités navales (ESN) qui seront déployées deux, trois ou quatre semaines à l’extérieur du pays en soutien aux navires de guerre canadiens lors de missions spécifiques.

Les membres du personnel choisis reçoivent une instruction qui leur permettra de répondre aux besoins de missions spécifiques, tels le recours à la force, la formation sur les règles d’engagement, un entraînement plus avancé avec les armes, les tactiques à bord des embarcations, les communications, la logistique en déploiement et les compétences en matière de liaison.

Les réservistes du NCSM Donnacona auront ainsi la chance de participer à la première ESN à l’été 2017 pour appuyer les navires dans le cadre de WESTPLOY, une opération visant à établir et maintenir des liens forts entre la Marine royale canadienne et les marines des pays de l’Asie-Pacifique, tout en faisant la promotion de la paix et de la sécurité dans la région du Pacifique.

Une Réserve navale avec de nouvelles ambitions

Et l’exercice de ce week-end reflétait cette nouvelle réalité.

Lors de l’exercice au large de l’île Charron, a été établie une zone de sécurité nautique et terrestre que devaient protéger les réservistes. Dans un pays qui subit un tremblement de terre, l’équipe de la Réserve navale avait dans ce scénario pour mission de sécuriser l’aide humanitaire et le ravitaillement en médicament.

Outre la section maritime où s’effectuaient les livraisons, il fallait aussi sur terre assurer un peu plus loin le contrôle routier.

« ‘C’est donc une nouvelle capacité qu’on est en train de développer », de dire le capitaine de vaisseau Leroux. « Et c’est quelque chose qu’on va mettre en pratique pour vrai, alors que 70 réservistes de partout au Canada s’en vont en Corée cet été pour pratiquer cette nouvelle doctrine ».

« Le but ultimement », d’expliquer le capitaine Leroux, « c’est de pouvoir déployer 140-150 réservistes, des mécaniciens, des opérateurs de petites embarcations, des gens avec des mitraillettes pour sécuriser la partie sur la terre et ces gens là vont être déployés au besoin pour aller sécuriser un navire ou des établissements du Canada qui peuvent partout dans le monde. »

Les tâches de l’équipe de sécurité navale incluent en effet la protection de la force à quai et la liaison avec le pays hôte, de même que la satisfaction des besoins en matière de soutien et de renseignement dans les ports étrangers.

Les officiers de la Naval Security Team venus de Victoria observer l’exercice

Et ce week-end sept officiers de la Naval Security Team venus de Victoria étaient sur place pour observer l’exercice et voir comment le NCSM Donnacona a mis en pratique la nouvelle doctrine, prendre des notes, observer pour commencer à former les réservistes choisis à la fin mai.

Une trentaine de réserviste du Donnacona se sont portés volontaires pour l’aventure et trois ont été choisis.

Dans les années à venir, il y aura toutefois de plus en plus de possibilités d’être ainsi déployés au sein des équipes de sécurité navale et plusieurs membres de la Réserve auront ainsi la chance de naviguer sur les mers du monde.

En effet, le commandant en second du NCSM Donnacona, le capitaine de corvette Mathieu Leroux, nous soulignait en marge de l’exercice au large de l’île Charron que si les réservistes de l’Armée ne peuvent être déployés à l’étranger que lorsqu’il y a des missions, comme aujourd’hui en Irak ou en Europe, ceux de la Marine peuvent compter sur le fait qu’il y aura en tout temps des navires déployés sur les mers du monde.

« On est passé d’une Marine plus territoriale, plus domestique et là, on envoie des marins sur plein de missions partout dans le monde », de conclure le capitaine de corvette Leroux en parlant de ses réservistes.

Bref, la Réserve navale avec maintenant des ambitions à l’échelle… de la planète. On est loin des balades tranquilles sur le fleuve.