«Marines United»: 56 suspects identifiés dans le scandale du partage de photos de militaires nues

Des Marines américains avec la compagnie Alpha, Bataillon d'infanterie de formation, École d'infanterie-Est, au Camp Geiger, N.C., le 1er août 2014. (Lance Cpl Nicholas Trager/USMC)
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Des Marines américains avec la compagnie Alpha, Bataillon d’infanterie de formation, École d’infanterie-Est, au Camp Geiger, N.C., le 1er août 2014.
(Lance Cpl Nicholas Trager/USMC)

Le Corps des Marines américain a punis deux marines basés en Californie pour des « remarques dérogatoires » sur les réseaux sociaux au sujet d’une camarade féminine et au sujet de leur hiérarchie alors que dans l’affaire « Marines United », les enquêteurs ont identifiés en outre au moins 56 personnes soupçonnées d’être impliquées dans le scandale de partage de photos de nues, rapporte aujourd’hui le quotidien des forces armées américaines Stars and Stripes.

Les deux marines punis ont été rétrogradés mercredi en plus d’écoper de 45 jours de mesures disciplinaires 45 jours de fonctions pour leurs remarques publiées sur la page Facebook «United States Grunt Corps», a déclaré le lieutenant-colonel Warren Cook, commandant du 2e Bataillon, 4e régiment de Marines à Camp Pendleton, en Californie, auquel appartiennent les deux marines.

C’est la toute première fois que des marines en service actif font ainsi l’objet de mesures disciplinaires pour des « actions inappropriées sur les réseaux sociaux » souligne le quotidien des forces armées américaines.

Cette affaire survient après le scandale de partage de photos de nues qui a éclaté en févrie quand le Pentagone a découvert plusieurs membres du corps des Marines avaient publié des photographies de leurs consœurs ou d’autres femmes nues, dont certaines prises à l’insu des sujets, et posté ces photos et les liens vers ces photos sur la page Facebook Marines United, une page «fermée» (membres seulement) qui compte environ 30 000 abonnés.

Le Corps des Marines a refusé de dévoiler le nom des deux marines, disant, révélant seulement qu’un était un marine junior et l’autre un sous-officier.

Pendant ce temps, le directeur du Service naval d’enquête criminelle(NCIS) a révélé vendredi que le service avait identifié 15 membres en service actif qui semblent être impliqués dans des activités criminelles au niveau criminel liées au partage de photos nuées sur Internet sans le consentement des sujets des photos. Quatorze des suspects sont des Marines et le quinzième est marin, a déclaré Andrew Traver, le directeur du NCIS, aux journalistes au Pentagone.

Les autres Marines faisant l’objet d’une enquête sont des réservistes.

NCIS a également identifié 12 civils qui pourraient faire face à des accusations criminels dans cette affaire Andrew Traver a déclaré que l’enquête se poursuit et que d’autres suspects pourraient être identifiés.

L’enquête initiale s’est centrée sur une page Facebook appelée « Marines United », une « fermée » (réservée aux membres) qui comptaient 30 000 abonnés et regroupait des Marines mâles toujours en service actif ou à la retraite, des membres des forces navales et des Royal Marines britanniques.

Des liens sur la page renvoyaient vers des fichiers où on pouvaient voir des femmes marines à divers stades de nudité dont les photos ont été publiées sont non identifiées, mais plusieurs autres, plus de deux dizaines de femmes en service actif en fait, sont identifiées par leur nom et leur grade. L’endroit où la photographie a été prise est également révélé. En outre, plusieurs photographies ont été accompagnées de commentaires salaces, voire obscènes au sujet de certaines de ces femmes, ont aussi indiqué les autorités.

L’enquête a porté sur plus de 150 fichiers et les enquêteurs ont passé en revue quelque 75 000 images de membres masculins et féminins du Corps des Marines.

Le commandant adjoint du corps des Marines, le général Glenn Walters, affirme que de tels comportements violent le code de discipline militaire et peuvent donc être punis.

Les autres Marines faisant l’objet d’une enquête sont des réservistes ou en service actif.

Dans cette affaire, le général Robert Neller, commandant des Mariens, avait été vivement critiqué en février par les sénateurs américains.

Au sein du corps des Marines qui, de toutes les branches des forces armées américaines s’était montré le plus réticent à accueillir des femmes, « les problème du dénigrement des femmes, d’objectification, de misogynie (…) sont liés à la manière dont certains Marines masculins considèrent la présence de femmes » dans leurs unités, avait reconnu le général Neller.

Cela est d’autant plus problématique que, depuis des années, Le Pentagone est sous pression pour réduire les cas de harcèlement ou d’agression sexuelles au sein de l’armée, dont à peu près 15% des effectifs sont constitués de femmes.