Syrie: nouvelles sanctions canadiennes et mise en garde du secrétaire américain à la Défense

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Le Canada « fermement résolu à soutenir le peuple syrien et à travailler avec la communauté internationale afin de trouver une solution pour mettre fin à la guerre en Syrie », adopte de nouvelles sanctions contre le régime syrien alors que, depuis Israël où il est en visite, le secrétaire américain à la Défense met une fois encore en garde Damas contre l’utilisation d’armes chimiques.

Avant la semaine dernière, Ottawa n’avait plus appliqué de sanctions contre la Syrie et son président Bachar al-Assad depuis 2014.

Deuxième série de sanctions en une semaine, dans la foulée des sanctions annoncées jeudi dernier la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a annoncé aujourd’hui que le Canada avait modifié son Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Syrie pour inscrire sur la liste en annexe du règlement le nom d’entités et de personnes supplémentaires désormais assujetties à un gel des avoirs et à une interdiction de transactions.

Les sanctions annoncées aujourd’hui concernent 17 hauts dirigeants du régime Assad et 5 entités en lien avec l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. Elles visent des centres de recherche ou des sociétés chimiques comme Mahrous Group, Organization for technological industries (OTI), le National Standards and Calibration Laboratory (NSCL), Sigma Tech ou l’Institut supérieur des sciences appliquées et de la technologie (HIAST).

Leur ajout à la liste des noms visés par des sanctions contribuera à accroître la pression internationale sur ce régime pour qu’il cesse immédiatement les attaques odieuses et répétées contre son propre peuple, fait observer le communiqué d’Affaires mondiales Canada.

« Le Canada collabore avec ses alliés pour mettre un terme à la guerre en Syrie et demander des comptes aux responsables. L’annonce d’aujourd’hui concernant les sanctions supplémentaires contre des dirigeants clés du régime syrien envoie au régime Assad un message ferme et clair selon lequel les crimes de guerre qu’il a commis ne seront pas tolérés et les auteurs seront tenus responsables de leurs actes. », a déclaré la chef de la diplomatie canadienne.

Le Canada a pris des mesures importantes pour obliger les responsables à rendre des comptes au profit des Syriens, notamment en étant le principal bailleur de fonds dans l’enquête internationale sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et poursuit ses efforts pour soutenir le peuple syrien et contribuer à régler la crise en Syrie, explique Ottawa.

Le gouvernement canadien a alloué sur trois ans 1,6 milliard $ (CAD) pour financer la sécurité, la stabilisation, l’aide humanitaire et l’aide au développement en Syrie et en Irak.

Le Canada a accueilli en outre plus de 40.000 réfugiés syriens depuis novembre 2015.

Faits en bref

Le Canada révise régulièrement ses sanctions et prend les mesures qui s’imposent.

Le Canada a appelé à une responsabilisation accrue et à une protection des civils en Syrie, entre autres au moyen d’une résolution qu’il a présentée à l’Assemblée générale de l’ONU en décembre 2016, et qui a obtenu l’appui de 122 pays. Le Canada participe activement aux efforts obligeant à rendre des comptes, notamment grâce au soutien financier important qu’il verse au Mécanisme d’enquête conjoint de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et de l’Organisation des Nations Unies, qui a pour mandat d’enquêter sur l’utilisation d’armes chimiques.

Le Canada appuie et finance également la collecte de preuves associées aux crimes de guerre en Syrie par l’entremise de la Commission internationale pour la justice et la responsabilité.

Le Canada verse, sur trois ans, plus de 1,6 milliard de dollars qui serviront à financer la sécurité, la stabilisation, l’aide humanitaire et l’aide au développement, pour répondre aux crises en Irak et en Syrie et à leurs conséquences sur les pays avoisinants.

Depuis Israël, le chef du Pentagone met en garde Damas contre l’utilisation d’armes chimiques

Par ailleurs, le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a soutenu vendredi lors d’une visite en Israël qu’il n’y avait « pas de doute » que le régime syrien de Bachar al-Assad a conservé des armes chimiques, mettant en garde Damas d’y recourir à nouveau.

M. Mattis a rencontré les dirigeants israéliens qui ont fermement soutenu la frappe américaine du 7 avril contre une base aérienne syrienne, en réaction à l’attaque chimique présumée du régime de Bachar al-Assad sur une localité rebelle du nord de la Syrie.

« Il ne peut y avoir aucun doute pour la communauté internationale que la Syrie a conservé des armes chimiques, en violation à son accord et à ses affirmations sur leur destruction », a affirmé M. Mattis devant la presse en présence du ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

« C’est une violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, et elle devra être traitée au niveau diplomatique », a ajouté le chef du Pentagone, estimant que le régime syrien « prendrait une mauvaise décision en essayant d’utiliser à nouveau » des armes chimiques.

« Nous avons été très clair avec notre frappe », a-t-il assuré.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé mercredi que des tests prouvaient de manière « irréfutable » que du gaz sarin ou une substance similaire avait été utilisé à Khan Cheikhoun début avril. Et une étude israélienne a montré que le régime Assad était toujours en possession de « plusieurs tonnes » d’armes chimiques, a confirmé un responsable militaire.

Le président syrien a répété à plusieurs reprises que son régime ne possédait plus d’armes chimiques depuis leur destruction en 2013 après un accord américano-russe sur le démantèlement de l’arsenal chimique de la Syrie, encadré par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

Il a fermement démenti avoir utilisé des armes chimiques contre la localité rebelle de Khan Cheikhoun, qualifiant les multiples accusations de « fabrication à 100% ».

*Avec AFP

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