Opération HONNEUR: 77 dossiers de congédiements entre janvier et mars 2017

"Je suis encouragé par le progrès accompli à ce jour", a déclaré ce mardi 30 août 2016 le chef d'état-major de la défense, le général Jonathan Vance, lors de la présentation du "Deuxième rapport d'étape sur la lutte contre les comportements sexuels inappropriés". (FAC)
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Le général Jonathan Vance, chef d’état major de la Défense, au Quartier général de la Défense nationale, à Ottawa, en Ontario. (Caporal Michael MacIsaac/Unité de soutien des Forces canadiennes Ottawa)

Lors d’une conférence de presse en présence de l’état-major des Forces armées canadiennes, ce 28 avril 2017, le général Jonathan Vance, a fait le point sur l’Opération HONNEUR et donné les plus récents chiffres.

«Je suis encouragé par certaines des mesures prises pour éliminer les comportements sexuels inappropriés dans les Forces armées canadiennes. […] Il nous reste du travail à faire, et nous continuerons à favoriser un changement culturel pour éliminer de notre institution ce comportement odieux», a déclaré à cette occasion le général Jonathan Vance, Chef d’état-major de la Défense.

Approchant désormais les deux ans depuis la mise en place de cette opération visant à «éliminer les comportements sexuels inappropriés», c’est un rythme de croisière qui semble maintenant atteint pour les Forces armées canadiennes.

Une montée en puissance

En février 2016, soit neuf mois après la publication du rapport de l’ex-juge de la Cour suprême Marie Deschamps sur les inconduites sexuelles au sein des Forces armées canadiennes, un premier rapport d’étapes décrivait des débuts timides.

Le major (ret.) Dave Blackburn, docteur en sociologie de la santé, et blogueur pour 45eNord.ca, expliquait à cette occasion que si les Forces armées canadiennes excellent dans l’élaboration de programmes de formation et d’éducation, «elles omettent souvent de mettre en place un processus complet d’évaluation de programme qui permettra de valider si les processus sont fonctionnels et si les résultats escomptés sont atteints».

En septembre dernier, c’est le deuxième rapport d’étapes qui était rendu public. Le général Vance annonçait ainsi les progrès réalisés, dont une «sensibilisation accrue» des membres des Forces armées canadiennes aux problèmes de comportements inappropriés.

Aujourd’hui

Le troisième rapport faisant état des progrès publié aujourd’hui indique que les Forces ont pris des mesures pour améliorer le soutien aux victimes, mis sur pied des programmes de prévention, mis à jour les politiques, intégrer les concepts de l’Opération HONNEUR «dans tous les niveaux de formation et d’instruction» et encore bien d’autres aspects.

Un point clé, selon le rapport, a été la création d’une formation sur l’intervention des témoins au niveau de l’unité et le programme Respect «qui permet aux militaires de reconnaître l’inconduite et le harcèlement sexuel et à y réagir de manière décisive quand ils en sont témoins». Des ateliers ont ainsi été conçus pour favoriser un changement «durable» dans les attitudes et les comportements.

Plus de 40% des incidents de comportements sexuels dommageables et inappropriés sont maintenant signalés par un témoin.

Dans cette lancée, le chef d’état-major de la Défense a annoncé que 504 «incidents de comportements sexuels dommageables et inappropriés» ont été signalés entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2017.

Depuis que le général Vance a émis une directive pour que soit demandé automatiquement la libération de tous militaires condamnés en vertu d’une infraction liée à l’inconduite sexuelle, entre janvier et mars 2017, pas moins de 77 dossiers pour une libération des Forces ont été ouverts et sont en cours de révision, en attendant la décision.

Les Forces disent aussi avoir déterminé qu’entre 2010 et 2015, le taux de cas non fondés de la Police militaire s’élevait à 28,89 %. Dans la période 2015-2016 qui a suivi la publication du rapport Deschamps, ce taux a chuté à 14,57 %, et a continué de diminuer en 2016-2017, où le taux global de cas non fondés d’inconduite sexuelle s’établit à 7,29 % et d’agression sexuelle à 6,8 %.

Répondant à une question de 45eNord.ca, l’adjudant-chef Kevin West a assuré que les efforts mis actuellement dans l’Opération HONNEUR ne vont pas cesser lorsque lui-même quittera ses fonctions en 2018 ou lors du remplacement du général Vance d’ici un an ou deux. «Nous sommes dans un momentum et ça va continuer […] cette culture chez les leaders n’ira pas de l’arrière, c’est bien implantée», a affirmé l’adjudant-chef.