Réfugiés syriens: l’ONU appelle à plus de soutien pour les pays d’accueil

Une petite fille syrienne est assise sur une chaise cassée dans le camp Faida 3, un village de tentes pour réfugiés syriens dans la vallée de la Bekaa, au Liban. (UNICEF/Alessio Romenzi)
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Un jeune réfugié syrien dans un camp à Arsal au Liban le 23 octobre 2014 (Maya Hautefeuille/AFP)

Les réfugiés syriens sont de plus en plus désespérés après des années d’exil et font face à des tensions sociales croissantes dans des pays d’accueil dépassés, s’est alarmée cette semaine une représentante de l’ONU, en réclamant davantage de fonds.

« La situation des réfugiés n’est pas le problème d’un seul pays mais de tout le monde », a déclaré Mireille Girard, représentante de l’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Liban.

Bruxelles accueille cette semaine un sommet sur la Syrie visant à récolter de nouveaux fonds de la communauté internationale.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri devrait ainsi demander plus de 10 milliards de dollars sur cinq à sept ans.

Plus d’un million de Syriens ont trouvé refuge au Liban depuis le début de la guerre en mars 2011, soit l’équivalent du quart de la population du pays du Cèdre.

Beyrouth et des organisations internationales ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme concernant le poids économique et social de cet afflux massif.

« Nous constatons actuellement davantage de tension entre les communautés, des manifestations de certaines communautés contre les autres », a souligné Mme Girard, évoquant « de la xénophobie ».

Selon elle, la population réfugiée est en proie à un désespoir croissant, une grande partie d’entre elle étant incapable de subvenir à ses besoins.

La vulnérabilité de ces personnes « a considérablement augmenté au cours des deux dernières années », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Selon Mme Girard, une grande partie du sommet de Bruxelles portera sur les fonds destinés aux infrastructures, l’amélioration des services et de l’accueil et la création d’emplois.

M. Hariri a prévenu la semaine dernière que la crise des réfugiés syriens avait atteint un « point de rupture » au Liban, et évoqué des « tensions » entre Libanais et Syriens qui pourraient dégénérer en « troubles civils ».

Il a annoncé vouloir demander à la communauté internationale des fonds pour améliorer les écoles, les routes et la sécurité au Liban.

Selon l’ONU, un million de Syriens sont réfugiés au Liban mais le gouvernement libanais estime ce chiffre plus proche de 1,5 million.

L’ONU a cessé d’enregistrer le nombre de réfugiés au Liban en 2015, à la demande du gouvernement.