Trois-Rivières: témoignages émouvants de vétérans à la commémoration du centenaire de la Bataille de Vimy

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Les membres de la Filiale 35 et les réservistes du 12 RBC à la commémoration du centenaire de la Bataille de la Crête de Vimy. (Thalia Cohen Bacry/ 45eNord)

Le 12e Régiment Blindé du Canada de Trois-Rivières (12 RBC) a accueilli mardi soir des membres de la Filiale 35 de la Légion Royale Canadienne pour commémorer le centenaire de la Bataille de la Crête de Vimy. Jacques Pellan, le président de la 35e filiale de la Légion a mené la commémoration. Le vétéran Jacques Raymond, militaire d’artillerie canadien qui participa au débarquement en Normandie, a partagé son expérience de la guerre avec les jeunes réservistes.

M. Pellan a raconté aux réservistes l’histoire de cette bataille et le contexte dans lequel elle eu lieu. « L’attaque d’Arras fut une offensive faite pour attirer les Allemands et avoir plus de succès dans la bataille de l’Aisne. Le Canada a ensuite envoyé à la Crête de Vimy 4 divisions canadiennes qui étaient commandées par des officiers canadiens à ce moment là, et non pas anglais, » a raconté M. Pellan.

La colline de Vimy, alors occupée par 10 000 forces allemandes et séparée des forces canadiennes par cent mètres d’épaisseur de fil barbelé, était réputée imprenable.

Cent milles soldats français furent blessés ou tués dans leur combat pour reprendre Vimy. Du 9 au 12 avril, là où les français avaient échoué, les canadiens réussirent en trois jours à reprendre la colline et à en garder le contrôle jusqu’à la fin de la guerre.

Les canadiens possédaient 600 canons et 8 chars d’assaut, dont une partie n’arriva jamais au front. L’artillerie canadienne pilonna les positions allemandes d’un million d’obus entre le 9 et le 12 avril.

Lors de la première vague d’offensive, les forces canadiennes subirent 50 pour cent de pertes. La durée de vie d’un pilote de l’aviation royale canadienne était alors de 18 ans.

3598 morts et 7104 blessés. Voilà le sacrifice des canadiens qui, selon M. Pellan et les autres membres de la Légion, permis au Canada d’être reconnu en tant que nation. « Nous sommes entrés en guerre en tant que colonie et ressorti en tant que nation canadienne, » a avancé M. Pellan.

« Il s’agit de se souvenir que la liberté n’a rien de gratuit, il faut payer, » a conclu M. Pellan.

Jacques Raymond raconte son passé militaire

Le vétéran Jacques Raymond raconte son passé militaire lors de la Seconde Guerre Mondiale. (Thalia Cohen Bacry/45eNord)

Jacques Raymond, un vétéran de 93 ans qui a participé au débarquement en Normandie, a partagé son expérience de la guerre avec les jeunes réservistes du 12 RBC. « Cette expérience m’a permis de vraiment apprécier le pays dans lequel je vis. »

Ayant souffert de choc post-traumatique, M. Raymond avoue n’avoir jamais pu être capable de serrer la main d’un allemand. « Après avoir personnellement vu les horreurs commises par les allemands pendant la guerre, je n’en serais jamais capable, » a-t-il dit.

Jacques Pellan a aussi partagé son expérience avec les réservistes. Le président de la Filiale 35 est récemment revenu du Cameroun, où il aidait a former l’armée camerounaise sur l’anti-terrorisme pour combattre Boko Haram. « Il ne faut pas oublier que ces soldats camerounais sont aussi jeunes que vous, » leur a-t-il expliqué.

« Vous faites face aujourd’hui a un conflit asymétrique, le terrorisme ne coûte pas cher mais les moyens déployés pour le contrer le sont. »

Cette commémoration a aussi pour rôle d’enseigner aux jeunes militaires et réservistes canadiens le passé de la nation qu’ils protègent, et comment le Canada fut reconnu comme nation par les sacrifices de la Première et de la Seconde Guerre Mondiale.

La colline de Vimy est aujourd’hui boisée, et chaque arbre planté représente le sacrifice d’un canadien. En 1922, la France a donné les 117 ha de terrain au Canada.

Jeune diplômée de l’Université de Colombie-Britannique en Histoire et Relations Internationales, Thalia est intéressée par les conflits internationaux, la sécurité nationale, et spécifiquement les stratégies liées à l’antiterrorisme.

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