Une Canadienne de 43 ans inculpée de trafic de clandestins à la frontière avec les États-Unis

0
Un panneau routier indiquant la direction du Canada à Piegan, dans le Montana.(Wing-Chi Poon/Port of Piegan Border Station,Montana,USA/Wikpédia)

Une Canadienne a été inculpée de trafic de clandestins après l’interception vendredi de neuf étrangers qui tentaient de passer illégalement au Canada à partir des États-Unis a annoncé mercredi la Gendarmerie royale du Canada (GRC) suite à une enquête en cours depuis quatre mois dans le cadre du projet FADDUCE.

Les neuf ressortissants étrangers ont été interceptés vendredi 14 avril 2017 à 21 h, alors qu’ils traversaient la frontière pour entrer au Canada. L’incident a eu lieu dans une zone située entre les points d’entrée North Portal et Northgate, à la frontière de la Saskatchewan et des États-Unis.

Et la prévenue, Michelle Omoruyi, 43 ans, a été arrêtée sur place ce même vendredi 14 avril à la frontière entre la province de la Saskatchewan (ouest) et l’État du Dakota du Nord, a indiqué l’inspecteur Donovan Fisher, officier responsable des Affaires fédérales et de la Sécurité nationale de la Division F (Saskatchewan) de la Gendarmerie.

En même temps, toujours le 14 avril, la police américaine des frontières du secteur Grand Forks [la United States Border Patrol]a arrêté « plusieurs personnes » dans le Dakota du Nord « en lien avec cette enquête », a dit l’inspecteur Fisher lors d’un point de presse. La GRC n’a bien sûr divulgué aucun détails en lien à ces arrestations du côté américain, laissant ce soin à la U.S. Border Patrol qui n’a pour l’instant pas diffusé de communiqué à ce sujet.

Une perquisition a aussi été effectuée au domicile de Mme Omoruyi, à Regina, la capitale de la Saskatchewan, qui a permis de réunir des éléments à charge et « une somme significative d’argent ».

À la suite du mandat de perquisition et des événements du 14 avril, la GRC a accusé Michelle Omoruyi, 43 ans, de Regina, en Saskatchewan d’un chef de chacune des accusations suivantes :

  • Passage de clandestins, article 117 de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés;
  • Complot en vue de commettre le passage de clandestins, article 465 du Code criminel.

Elle comparaîtra pour la première fois à la cour provinciale à Estevan le 15 mai 2017 à 9 h 30.

Par ailleurs, la police a refusé de dévoiler l’identité, l’âge ou les pays d’origine des neuf migrants interceptés par la police canadienne des frontières. Ces migrants seraient originaires d’Afrique de l’Ouest et tous ont demandé le statut de réfugié au Canada, selon le journal Regina Leader Post. Cette opération fait suite à une enquête de plus de quatre mois menée conjointement par les autorités canadiennes et américaines.

En Saskatchewan, la GRC fait partie de l’Équipe intégrée de la police des frontières, qui est formée de partenaires canadiens et américains collaborant ensemble pour contrer les activités criminelles transfrontalières. Le projet FADDUCE est une enquête en cours depuis quatre mois qui est menée par l’Équipe intégrée de la police des frontières de la GRC, l’Agence des services frontaliers du Canada et la United States Customs and Border Protection, Office of Border Patrol et Office of Field Operations, et Homeland Security Investigations.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis, des centaines de migrants ont afflué au Canada, en franchissant illégalement la frontière pour y déposer une demande d’asile. Ces clandestins profitent d’un accord entre les deux pays empêchant le Canada de les refouler s’ils ne passent pas par un poste-frontière terrestre.

Une stratégie a toutefois été mise en œuvre en février afin d’améliorer les patrouilles le long de la frontière canado-américaine, stratégie qui s’ajoute aux initiatives courantes et à la surveillance continue de la frontière internationale, précise la police fédérale canadienne.

Les passages illégaux en hausse

Pendant ce temps, les passages illégaux à la frontière canadienne ont continué à augmenter en mars, rapportait aujourd’hui La Presse Canadienne.

En tout, 887 personnes ont été interceptées par les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), contre 658 le mois dernier, selon les plus récents chiffres du ministère de l’Immigration et de la Citoyenneté.

Le Québec et le Manitoba demeurent les provinces les plus touchées, indiquent ces données publiées mercredi. Elles sont suivies de la Colombie-Britannique.

Le nombre de passages illégaux au Manitoba a ralenti par rapport à l’explosion enregistrée en février. Le ministère y dénombre 170 interceptions par les agents de la GRC, soit 28 de plus que le mois dernier. Les interceptions dans cette province avaient augmenté considérablement de janvier à février, passant de 19 à 142.

Au Québec, la GRC a intercepté 644 personnes en mars, soit 212 de plus que le mois précédent.

La plupart des personnes qui ont traversé la frontière illégalement en mars ont fait une demande d’asile, rapporte aussi l’agence de presse. Les données du ministère de l’Immigration indiquent une augmentation du nombre total de demandes d’asile au pays, qui sont passées de 2885 en février à 3440 en mars.

Les commentaires sont fermés.