Bombardement en Syrie par la coalition américaine: «illégitime», dit Moscou

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Un F-16 Fighting Falcon de la US Air Force reçoit du carburant à partir d'un KC-135 Stratotanker, le 16 décembre 2014, dans le cadre de l'opération Inherent Resolve contre le groupe armé l'État islamique (Archives/sergent Chelsea Browning/US Air Force)
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Un F-16 Fighting Falcon de la US Air Force reçoit du carburant à partir d’un KC-135 Stratotanker, le 16 décembre 2014, dans le cadre de l’opération Inherent Resolve contre le groupe armé l’État islamique. (Archives/sergent Chelsea Browning/US Air Force)

La Russie condamne le bombardement « illégitime » par la coalition menée par les États-Unis d’un convoi lié au régime syrien près de la frontière jordanienne, a déclaré vendredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

« Quelle que soit la raison ayant motivé la décision du commandement des États-Unis d’effectuer un tel bombardement, il est illégitime, illégal et il s’agit d’une nouvelle grave violation de la souveraineté de la Syrie », a déclaré le chef de la diplomatie russe, cité par l’agence de presse Interfax lors d’une conférence de presse à Nicosie.

Ce bombardement risque d’avoir un impact négatif sur les « efforts de ceux qui luttent réellement +sur le sol+ et dans les airs contre les terroristes de (l’organisation) Etat islamique et l’ancien Front al-Nosra », a-t-il affirmé.

« Cela favorise de fait les terroristes », a-t-il martelé, ajoutant qu’à sa connaissance, la Russie n’avait pas été prévenue des frappes de la coalition menée par Washington.

Ce bombardement a visé un convoi de « forces » soutenant le régime de Damas, selon un porte-parole militaire de la coalition antidjihadiste, le colonel américain Ryan Dillon. Un autre responsable américain a dit qu’il s’agissait « probablement » de milices chiites, sans être plus précis.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, huit personnes « pour la plupart non-syriennes » ont été tuées dans cette frappe.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov, cité par Ria Novosti, avait plus tôt dans la journée fustigé un bombardement « absolument inacceptable ».

« Toute action militaire aggravant la situation en Syrie influence de fait le processus politique. D’autant plus quand il s’agit d’actions (militaires) menées contre les forces armées syriennes », a-t-il souligné.

Ces événements interviennent sur fond de déroulement depuis mardi à Genève de nouveaux pourparlers de paix sous l’égide de l’ONU entre représentants du régime et de l’opposition.

Pour Guennadi Gatilov, ces négociations doivent se concentrer sur « la mise en place des zones de désescalade », prévues par un accord signé à Astana le 4 mai et qui a déjà permis une réduction relative des combats dans plusieurs régions du pays.

« C’est cela qui peut vraiment permettre l’avancée du processus politique », a souligné le diplomate russe. « Il y a eu des difficultés liées à des visions différentes », a-t-il admis, soulignant cependant « la volonté d’aller vers l’avant » dont ont fait preuve les participants aux négociations de Genève.

Les représentants du gouvernement et de l’opposition -représentée par le Haut comité de négociations (HCN)- avaient accepté de former un comité d’experts pour discuter des « questions constitutionnelles », selon l’ONU.

« Bien entendu, nous soutenons » cette initiative, a déclaré un autre vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, à l’agence de presse TASS, parlant d’une « avancée » dans le processus de règlement politique du conflit.

En six ans, la guerre a causé la mort de plus de 320.000 personnes, chassé plus de la moitié des Syriens de leur foyer et détruit l’économie et les infrastructures de la Syrie.