Inondations au Québec: appelées en renfort, les Forces armées vont se déployer rapidement

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En mai 2011, le sapeur Nick Lemieux, du 5e Régiment du génie de combat, à Valcartier, au Québec, pagaie vers le rivage à bord du canot pneumatique après avoir évalué les dommages causés aux maisons par le débordement de la rivière Richelieu.( Photo: sergentNorm McLean, Caméra de combat des Forces canadiennes)
En mai 2011, le sapeur Nick Lemieux, du 5e Régiment du génie de combat, à Valcartier, au Québec, pagaie vers le rivage à bord du canot pneumatique après avoir évalué les dommages causés aux maisons par le débordement de la rivière Richelieu. (Archives/sergent Norm McLean/Caméra de combat des Forces canadiennes)

Alors que plusieurs régions du Québec, dont Montréal, la Mauricie et l’Outaouais, sont affectées par les inondations et qu’Environnement Canada a prévenu que certains secteurs recevront jusqu’à 60 millimètres de pluie au cours du week-end, aggravant ainsi la situation déjà précaire, le ministre québécois de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a appelé en renfort les Forces armées canadiennes qui se déploieront rapidement.
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Mise à jour 06/05/2017 à 12h30

Ce sont 400 soldats qui seront déployés dans les régions touchées et, au moment d’écrire ces lignes, des équipes sont déjà arrivées en Mauricie.

à 11h

Des militaires appelés en renfort partent à l’instant de Valcartier pour les zones désignées, nous confirme la responsable des communications des Forces armées canadiennes pour cette opération, la lieutenant de vaisseau Delphine Bonnardot.

Un premier contingent d’une trentaine de véhicules et d’une centaine de soldats s’est mis en route vers 10h 30 ce samedi. D’autres militaires pourraient également être déployés au cours des prochains jours.

Les militaires seront appelés à assister les autorités civiles dans les zones les plus touchées comme la Mauricie, l’Outaouais, Montréal, la Montérégie, mais les détails du plan d’action n’ont pas encore été communiqués. À suivre.

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« La situation va continuer de se détériorer. On parle des niveaux [d’eau, NDLR] les plus élevés des derniers 50 ans», a déclaré en point de presse le ministre Coiteux pour expliquer son appel aux Forces armées.

Un appel auquel a tout de suite répondu Ottawa: « J’ai parlé avec mon homologue provincial, le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux, relativement à la situation d’inondations. Au nom du gouvernement, le ministre de la Défense nationale, Harjit S. Sajjan, et moi-même avons accepté sa demande officielle d’aide fédérale pour aider les citoyens dans le besoin. ».

Les Forces armées canadiennes, qui se tenaient prêtes, ont déjà dépêché des officiers qui ont été intégrés aux équipes de reconnaissance, d’évaluation et de planification.

Les détails de l’opération devraient êtres connus sous peu.

Le major Yves Desbiens, porte-parole de la 2e Division du Canada a précisé à 45eNord.ca que «des officiers de liaison sont déjà sur le terrain, en coordination avec Sécurité publique Canada, la province du Québec et d’autres partenaires, pour déterminer quelles sont les capacités des FAC dont on a le plus besoin et où elles seront les plus utiles». Ce travail initial est «essentiel à une intervention fédérale coordonnée. Il permettra aux FAC de déployer les moyens voulus aux bons endroits. Bien qu’il prenne un peu de temps, il est absolument nécessaire pour que nous soyons en mesure de fournir l’aide la plus efficace possible», de dire encore le major.

Le QG de la 2e Division, qui est responsable pour toutes les opérations de l’Armée canadienne et des Forces armées canadiennes dans la province de Québec, préparera donc avec cette information et en collaboration avec les autorités civiles les détails de l’opération qui consistera fort probablement à déployer, avec le matériel adéquat, l’Unité d’Intervention Immédiate du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC), basé à Valcartier, renforcé d’unités de la Réserve, vraisemblablement des éléments de plusieurs unités regroupées au sein d’un des deux Groupes bataillons territoriaux (GBT).

Les trois tâches des Forces armées canadiennes devraient alors être:

  • d’accomplir des travaux de protection des infrastructures essentielles. ainsi que des routes d’accès prioritaire
  • d’assister les intervenants qui rassurent les citoyens
  • et d’assurer l’acheminement des denrées du matériel et des biens humanitaires

Opération LENTUS

Lorsqu’une catastrophe naturelle survient au Canada, les autorités provinciales et territoriales sont les premières à intervenir.,mais, si la province ou le territoire n’est plus en mesure de faire face à la catastrophe, les Forces armées canadiennes (FAC) sont prêtes à aider et cette intervention est connue sous le nom d’opération LENTUS.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, avait déjà déclaré plus tôt en point de presse à Ottawa que le gouvernement était prêt à agir rapidement, mais que c’était à la province de signaler qu’elle a besoin de son aide.

De passage à Montréal, le premier ministre Justin Trudeau avait lui aussi déclaré clairement que son gouvernement était prêt à venir en aide à la province: «Nous sommes prêts à faire tout ce qu’on peut pour aider les gens à traverser cette épreuve. Nous avons l’intention d’être là», a-t-il dit lors d’un point de presse avec le maire de Montréal, Denis Coderre.

L’opération LENTUS est un plan d’urgence qui vise à aider les communautés touchées. Il peut être adapté pour répondre à toute urgence, comme à un incendie de forêt, à un ouragan ou, comme c’est le cas ici, des inondations.

L’état des inondations

Au Québec, environ 1.500 maisons avaient été inondées dans 124 villes vendredi après-midi et près de 800 personnes évacuées, selon la cellule d’urgence du gouvernement.

Dans les régions de Montréal, de l’Outaouais, des Laurentides, de Lanaudière, de la Montérégie et de la Mauricie, la situation s’est détériorée dans les derniers jours avec des débordements, entre autres, du fleuve Saint-Laurent, du Lac Saint-Louis, des rivières des Outaouais, Mille-Îles, des Prairies et Saint-Maurice, pour ne nommer que celles-là.

Plusieurs rivières de moindre importance, de même que quelques lacs ont aussi causé des problèmes multiples dans toutes ces régions.

Selon un relevé du ministère de la Sécurité publique sur la crue des eaux ce matin, le lac des Deux-Montagnes était en hausse à Sainte-Anne-de-Bellevue et à Pointe-Calumet avec une «inondation moyenne».

On rapportait également une «inondation mineure» à Montréal près du boulevard Lasalle, ainsi qu’une autre «inondation mineure» de la rivière des Prairies à la tête des rapides du Cheval blanc, de même qu’une autre «inondation mineure» de la rivière des Mille-îles à Deux-Montagnes.

Carte de l’état de situation sur les inondations au Québec le 5/05/2017 à 16h38 (Source Sécurité publique Québec)

Pendant ce temps, les régions plus à l’est, où le couvert de neige demeure important, commencent à vivre elles aussi la même situation que le sud et l’ouest de la province, alors que la fonte se combine aux pluies pour compliquer la vie des riverains.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, des problèmes de débordement sont également rapportés dans les municipalités de Lac-Bouchette et Saint-François-de-Sales en raison de la montée des eaux sur le lac des Commissaires et la rivière Ouiatchouan.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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