Iran: Trump poursuit l’allègement de sanctions décidé par Obama alors que les présidentielles iraniennes sont en cours

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Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei (Archives/photo: AFP)

Les Etats-Unis ont décidé de prolonger l’allègement des sanctions envers l’Iran mis en place par l’accord sur le programme nucléaire de Téhéran, en dépit des critiques de Donald Trump sur ce texte signé en 2015 par Barack Obama, a indiqué mercredi le département d’Etat.

Le Trésor américain a en revanche annoncé au même moment l’imposition de nouvelles sanctions ciblées à l’encontre de plusieurs responsables militaires iraniens et de compagnies chinoises, liés au programme balistique de l’Iran.

L’exécutif américain a informé le Congrès que « les Etats-Unis allaient continuer d’alléger les sanctions comme l’exigent les engagements américains de lever ces sanctions liées au Joint Comprehensive of Action (JCPOA) », l’acronyme de l’accord sur le nucléaire iranien scellé le 14 juillet 2015 et mis en oeuvre depuis le 16 janvier 2016 entre l’Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).

Cette décision de l’administration Trump sur l’Iran, qui prolonge la politique de l’administration Obama qu’elle avait pourtant décriée, intervient deux jours avant l’élection présidentielle iranienne où le président Hassan Rohani, favorable à l’accord sur le nucléaire, brigue un second mandat.

L’accord de juillet 2015 prévoit un contrôle international du programme nucléaire iranien, pour garantir qu’il a des objectifs purement civils, en échange d’une levée des santions.

« Alors que nous poursuivons notre surveillance des engagements de l’Iran à l’égard du JCPOA (…) nous allons continuer à tenir l’Iran responsable de ses atteintes aux droits de l’homme », a toutefois averti le département d’Etat.

La porte-parole du département de l’État, Heather Nauert, a par ailleurs dénoncé le traitement de leaders de la foi baha’ie, emprisonnés par les autorités iraniennes.

La diplomatie américaine a également réaffirmé sa « détermination à contrecarrer les activités déstabilisatrices de l’Iran dans la région, qu’il s’agisse de son soutien au régime (syrien du président Bachar) al-Assad ou à des organisations terroristes comme le Hezbollah » chiite libanais.

Simultanément, le Trésor a annoncé des sanctions supplémentaires contre « des responsables de la Défense iranienne, une entité iranienne et réseau basé en Chine » en raison de leurs liens présumés avec le programme de missiles balistiques de la puissance chiite.

Au même instant en Iran, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé mercredi ses compatriotes à se mobiliser lors de la présidentielle de vendredi pour afficher, face aux « ennemis », leur calme et leur détermination.

« Le peuple a des ennemis. Face à eux, le peuple doit montrer un visage déterminé et calme », a déclaré le guide devant des milliers de personnes rassemblées à Téhéran, selon son site officiel.

« Les responsables américains, européens, et ceux du régime sioniste surveillent nos élections pour voir quel sera le niveau de participation », a-t-il affirmé en estimant que si cette participation « est importante, leur jugement sera différent ».

M. Khamenei a également souligné que dans une « région troublée », son pays préparait la présidentielle dans « le calme et la sécurité ».

La campagne électorale se termine officiellement jeudi à 03h30 GMT, vingt-quatre heures avant le début du vote.

Sur les quatre candidats à concourir à la présidentielle, deux font figure de favoris: le président sortant Hassan Rohani, soutenu par les réformateurs et les modérés, et le religieux conservateur Ebrahim Raissi, proche du guide.

Un troisième candidat, le conservateur Mostafa Mirsalim, a annoncé mercredi qu’il maintenait sa candidature pour éviter « la polarisation ».

Le maire conservateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le 1er vice-président réformateur, Es-Hagh Jahanguiri, se sont retirés de la course et ont appelé à voter respectivement pour Raissi et Rohani.

Lors d’un de ses derniers meetings à Ardébil (nord-ouest), M. Rohani a également appelé les Iraniens à voter massivement, au moment où le président américain Donald Trump « et d’autres ennemis de l’Iran sont en train de venir dans la région ».

M. Trump doit participer samedi à un sommet avec des dirigeants arabes en Arabie saoudite, grand rival de l’Iran.

M. Raissi a pour sa part affirmé à Téhéran que M. Rohani avait fait trop de concessions lors des négociations ayant abouti à un accord nucléaire en 2015 avec les grandes puissances.

« Avec la diplomatie où on implore, on ne peut pas régler les problèmes. Il faut une diplomatie forte », a-t-il ajouté, en affirmant que les négociateurs iraniens n’avaient pas réussi à obtenir un changement de l’attitude des Etats-Unis, qui empêchent de fait une normalisation des relations bancaires entre Téhéran et le reste du monde.

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